Charles Pasqua devant ses juges

Dernière ligne droite au procès de Charles Pasqua devant la Cour de justice de la République qui reprend ce lundi 26 avril à Paris. Entre la thèse d'un Charles Pasqua corrupteur et celle d'un ministre victime de son entourage, la première semaine d'audience n'a pas permis de trancher sur le rôle de l'ancien ministre de l'Intérieur.
Face à ses juges, Charles Pasqua est un justiciable peu ordinaire. Il n'hésite pas, au fil des audiences, à devenir l'animateur de son propre procès. Combatif, il se livre à un interrogatoire en règle des témoins, hauts fonctionnaires, grands patrons, qui se succèdent à la barre. Son but : prouver que dans chaque affaire, des personnes indélicates se sont servies de son nom pour obtenir des faveurs financières.
Et parmi ces intermédiaires douteux, un nom revient en permanence: celui d'Etienne Léandri. Homme d'affaires sulfureux, proche du clan Pasqua. Un homme clé du dossier, qui pour le prévenu a l'énorme avantage d'être mort.
Si dans ces affaires la corruption a déjà été établie par la justice, l'enjeu aujourd'hui est de savoir si le ministre de l'Intérieur Pasqua a joué un rôle dans ces transferts d'argent illicite.
Pour l'accusation, c'est difficile à prouver puisque seul des faisceaux d'indices mettent en évidence ces infractions dites dissimulées. Les juges doivent se livrer à un exercice de déduction permanent. Exemple, Pierre Pasqua, le fils du prévenu, est l'un des bénéficiaires des rétro-commissions. Cela ne fait pas pour autant de son père un coupable, mais pouvait-il ignorer ces agissements ? Cette semaine les 15 juges vont devoir se forger leur intime conviction.

Delicious
Digg
Facebook
Twitter
Yahoo!
Technorati














Commentaires
Réagissez à cet article