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Article publié le : lundi 26 avril 2010 - Dernière modification le : lundi 26 avril 2010

Le roi des Belges accepte la démission d'Yves Leterme

Yves Leterme, le 20 avril 2010.
Yves Leterme, le 20 avril 2010.
Reuters/François Lenoir

Par RFI

Les négociations n'auront servi à rien. Albert II a finalement accepté la démission du gouvernement d'Yves Leterme. La demande était sur son bureau depuis jeudi 22 avril, mais Albert II avait décidé de se donner un peu de temps pour tenter de renouer le dialogue entre les deux grandes communautés qui se déchirent notamment sur la question des droits linguistiques des francophones, dans la banlieue flamande de Bruxelles. Des élections législatives devraient avoir lieu pendant la première quinzaine de juin.

Après avoir choisi de se donner du temps, le roi des Belges abandonne l'espoir d'un compromis rapide et la Belgique s'enfonce dans la crise. Car en acceptant la démission du Premier ministre Yves Leterme, c'est un scénario déjà connu qui va se jouer, consultations au long cours pour tenter de trouver une majorité sachant que le compromis est à chaque fois plus difficile à trouver.

Ainsi, on s'attendait à ce que francophones et Flamands se donnent jusqu'à jeudi 29 avril pour tenter de trouver une issue, même ce petit délai supplémentaire c'était déjà trop ou pas assez pour les francophones, qui jugeaient le délai trop court. Comme toujours, c'est sur la région de Bruxelles-Hal-Vilvorde que les discussions achoppent, un petit coin de francophonie au sein d'une région flamande.

La rupture est donc consommée, le gouvernement va expédier les affaires courantes et les Belges pourraient être convoqués au mois de juin pour de nouvelles élections législatives, sans doute dans la première quinzaine. Avec pour impératif d'être présentables au 1er juillet, date à laquelle la Belgique, hôte des institutions européennes prendra la présidence tournante de l'Union.

Yves Leterme, un très éphémère Premier ministre belge

Par Genc Burimi

De mère flamande et de père wallon, Yves Leterme incarne le compromis culturel qui fait tant défaut en ce moment à la Belgique. Né en 1960 en Flandre où il a étudié les sciences politiques et le droit, il devient un inconditionnel des intérêts des Flamands jusqu’à qualifier la Belgique d' « accident de l'histoire ».

Jeune, il milite dans les rangs du grand parti démocrate-chrétien flamand dont il deviendra secrétaire national en 1991, député en 1997, puis président en 2003, avant d’occuper la présidence du gouvernement flamand en 2004. Il atteint sa consécration fin 2007 en remportant avec son parti les élections législatives en Belgique.

Yves Leterme forme un premier gouvernement en mars 2008. Soumis aux tensions entre francophones et Flamands, il présente sa démission cinq mois après. Une première démission que le roi lui refuse. Mais pas la deuxième fin 2008 quand Leterme est accusé d’ingérence dans des décisions de justice concernant la banque Fortis. Des accusations dont il sera blanchi par la suite.

Yves Leterme reste ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement, dont il reprend la tête en novembre 2009. Il pose ses conditions au roi en exigeant que la question de la réforme institutionnelle réclamée par l’électorat flamand soit résolue au plus tard en avril 2010. Le médiateur du roi affecté à cette mission, Jean-Luc Dehaene, ayant échoué à concilier les intérêts des Flamands et des Wallons, le Premier ministre a donné sa démission pour la troisième fois.

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Commentaires (1)

Le roi des Belges accepte la démission d'Yves Leterme

On pourrait dire avec ce qui se passe en Belgique, "dis moi qui t'a colonisé, je te dirai qui tu es". Un bel exemple aux yeux de ses anciennes colonies qui, malheureusement, se déchirent par moment à l'image de leurs colons. Et quel exemple peut tirer la RDC en voyant, ce pays, donneur de leçon être incapable de laver les linges salent de ses communautés qui se déchirent?
Je crois que les Belges devraient d'abord extirper ce mal qui les gangrène avant de s'immiscer dans des dossiers internationaux qui vont au delà de leur compétence. Heureusement que cet éclatement du gouvernement survient à quelques jours avant qu'ils ne soient à la tête la présidence de l'Union Européenne. Si ce mal n'est pas traité en profondeur, il risque de se rependre...

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