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    Europe

    Une ministre musulmane chez les chrétiens-démocrates en Allemagne

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    La nomination d’Aygül Özkan au poste de ministre des Affaires sociales de la Basse-Saxe, saluée dans un premier temps, a provoqué depuis des réactions négatives au sein de son parti. L’intéressée a fait des déclarations qui brisaient des tabous au sein de la CDU. Elle doit prendre ses fonctions ce mardi 27 avril.

    Les réactions avaient été unanimement positives la semaine dernière lorsque le ministre-président chrétien-démocrate de la région de Basse-Saxe, Christian Wulff, avait annoncé un remaniement de son gouvernement. La nouvelle ministre régionale des Affaires sociales sera Aygül Özkan, une jeune femme de 38 ans d’origine turque qui est née et a grandi à Hambourg.

    Issue d’un milieu modeste, son père a un atelier de couture, elle a fait des études de droit avant de faire carrière dans une entreprise de télécommunications. Elle est membre de la CDU depuis 2004 et vice-présidente du parti à Hambourg. Deuxième symbole, Aygül Özkan est musulmane certes, très sécularisée, mais croyante. Sa nomination aurait été autrefois impensable dans un parti profondément marqué par les valeurs chrétiennes.

    Un symbole de l’intégration

    Sa nomination est saluée comme un symbole de l’intégration des personnes d’origine étrangère. Et ce dans un parti, la CDU, qui, il y a une dizaine d’années encore estimait que l’Allemagne n’était pas un pays d’immigration. Mais sous Angela Merkel, les choses changent. De nombreux sommets sur l’intégration ont eu lieu.

    Cette première a suscité un fort intérêt des médias. Aygül Özkan a donné beaucoup d’interviews. Et ses premières déclarations détonnent au sein de son parti. Il faut dire qu’elle a brisé un tabou en estimant que les crucifix n’avaient pas leur place dans les écoles publiques. Elle a dans le même temps rejeté le port du foulard islamique pour les enseignantes estimant que l’école devait rester un lieu neutre. Un rapprochement qui n’a pas plu beaucoup dans son parti.

    La gauche a rappelé qu’Aygûl Ozgan ne faisait que reprendre ce que le tribunal constitutionnel avait décidé dans un arrêt à propos des crucifix dans les écoles bavaroises en 1995. Concernant les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, Aygül Özkan a plaidé pour qu’elles restent ouvertes remettant en cause la ligne de son parti qui plaide pour un partenariat privilégié pour Ankara et non pour une adhésion

    Les chrétiens-sociaux démocrates voient rouge

    Pour certains, trop c’est trop. Les chrétiens-sociaux bavarois voient rouge : « Avec des idées aussi tordues, personne ne peut devenir ministre chez nous » a déclaré le secrétaire général du parti conservateur. Le porte-parole d’un groupe de travail catholique au sein de la CDU a estimé que la volonté de nommer une musulmane ministre avait échoué avant d’avoir commencé. Entre-temps, Aygül Özgan a fait son mea- culpa et déclaré qu’elle n’avait rien contre les croix dans les écoles.

    Ces réactions négatives proviennent avant tout des milieux conservateurs et catholiques de la CDU. Des milieux qui ont été malmenés ces dernières années par la chancelière Merkel qui a modernisé discrètement son parti sur les thèmes de société. Elle même en est le symbole : une femme active, protestante, de l’Est, sans enfant, longtemps en concubinage. Angela Merkel a mis en place un programme développant les crèches et la prise en charge des enfants permettant aux femmes allemandes de mieux concilier travail et famille. Une remise en cause de la vision traditionnelle de la CDU plaidant pour que la femme reste au foyer. Les critiques de la chancelière l’an dernier contre la levée de l’excommunication de l’évêque intégriste Williamson avait aussi heurté ces milieux conservateurs.

    Sur le plan politique, la possibilité d’alliance entre les chrétiens-démocrates avec les Verts, les ennemis jurés d’hier, est une autre évolution que d’aucuns digèrent mal. A Hambourg, d’où est originaire Aygül Özgan, d’ailleurs, les deux partis gouvernent ensemble.

     

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