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Chine: L’Etat de droit, tigre de papier

Nicolas Sarkozy poursuit sa visite en Chine sans avoir pu aborder les sujets épineux, relatifs au respect des droits du citoyen. Les références au respect des droits de l’homme et des minorités sont sans cesse vécues comme une intrusion dans les affaires internes du pays. Cette attitude rend le dialogue avec Pékin, extrêmement délicat. C’est une source continuelle de malentendus.
On se parle mais on ne se comprend pas toujours. Evoquer les droits de l'homme voire même tout simplement l'Etat de droit, en Chine, c'est une véritable source de malentendus. Il y a une méfiance traditionnelle à l'égard de ces notions, et même, selon l'avocat Guillaume Rougier, une défiance qui n'est pas près de disparaître.
Et pourtant l'administration chinoise n'est pas avare de textes de réglementations en tout genre, des règles pointilleuses qui s'appliquent aux moindres faits et gestes des Chinois et des étrangers présents sur le sol chinois. L’avocat du cabinet Gide Loyrette Nouel, présent dans les trois plus grandes villes chinoises de Shanghai, Pékin et Hong Kong, parle en connaissance de cause. Spécialiste du droit des affaires, il se trouve confronté quotidiennement à une forêt de textes réglementaires, véritable entrave pour les investisseurs potentiels.
Paradoxalement, la Chine de plus en plus confiante, ne baisse pas la garde mais trouve ainsi le moyen de pratiquer un tri sélectif parmi les investisseurs potentiels. Depuis trois ans, l’étau se resserre à en croire Guillaume Rougier. Les autorités chinoises n’hésitent pas à invoquer les impératifs de sécurité nationale pour imposer des règles de plus en plus contraignantes.
Le règne de l’arbitraire
Soumis eux-mêmes à ce type de pression dans tous les actes de la vie quotidienne, les Chinois sont de plus en plus excédés par les abus du système. Les plaintes individuelles et les mouvements de protestation se multiplient aux différents échelons administratifs. Un dispositif existe pour recueillir ces témoignages de vindicte populaire, il se nomme le bureau des Lettres et visites. C’est une ancienne institution, plus que jamais fréquentée. C’est devenu l’un des rares espaces de parole où les langues se délient face aux abus.
La sociologue Isabelle Thireau s'y est intéressée de près, elle décrit avec précision ce système dans un livre au titre évocateur : Les ruses de la démocratie, protester en Chine (éditions du Seuil), écrit avec l’historien Hua Linshan .
Ce bureau des plaintes fonctionne comme une soupape, on l'aura compris. C'est aussi pour le régime, une source d'inspiration pour formuler un discours politique, axé sur la « société harmonieuse ». Il permet d’informer les plus hautes autorités des plaies du système et d’y apporter leurs propres remèdes.
Les minorités, en marge du système
Du discours aux réalités, il y a loin, notamment s’agissant des droits des minorités. La seule solution envisagée par Pékin les concernant est d’ordre économique. Du point de vue de la reconnaissance culturelle et politique, toute tentative d’émancipation est tuée dans l’œuf.
On dénombre en Chine 55 minorités qui représentent 7% de la population, et 93 % de Chinois d'ethnie Han. Ces minorités se trouvent principalement dans des régions dites « autonomes ». Une appellation d’ordre purement théorique selon Katia Buffetrille chercheur à l’Ecole pratique des hautes études, spécialiste du Tibet.
Les Tibétains, Mongols et autres Ouighours savent à quoi s'en tenir. Toute revendication d'autonomie réelle est qualifiée de séparatisme, voire de terrorisme par Pékin, et sévèrement réprimée.

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(3) Réactions
Les chinois, eux, ont fait un choix ....
Celui de ne pas accepter, en leurs murs, les actions dissidentes, "autonomistes" ou séparatistes qui mèneraient à un "NONétat" tel que la Belgique où, les partis extrémistes flaminguants ont étés interdits.
Par ailleurs, quels sont les droits et avantages des séparatistes ou des minorités dans des pays "démocratiques"( ? ) tels que la France, l'Espagne, ou la Belgique ?
De plus, il me semble qu'en démocratie c'est la volonté de la majorité qui doit être prise en compte. C'est aux minorités qu'il incombe de s'adapter à la majorité.
Quand aux "droits" spécifiques des minorités en Chine, j'aimerais, ici, afficher deux exemples:
1) En Chine, toutes les minorités ont, contrairement aux "Hans", le droit d'avoir plusieurs enfants.
2) Pour pouvoir s'inscrire dans une université à Péquin, Shanghai ou autres, les chinois "tibétains" n'ont besoins que de la moitié des points exigés pour les chinois "Hans". Ceci est dû, entre autres, au fait que de nombreux mots ou appellations, en mandarin, n'existent pas dans la langue "tibétaine".
c'est le préjugé
C'est le préjugé.
Toujours ces vieux préjugés
Toujours ces vieux préjugés arbitraires ! D’écrire des articles simplement selon ses impressions subjectives est une violence de la déontologie des journalistes.