Sahara occidental / ONU - 
Article publié le : samedi 01 mai 2010 à 04:03 - Dernière modification le : samedi 01 mai 2010 à 05:33

Le mandat de la Mission des Nations unies au Sahara occidental reconduit pour un an

Soldats français de la Mission des Nations unies pour l'organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso), sur le site d'observation de Oum Dreyga à 450 km au sud de El Ayoun, le 9 mai 2004.
Soldats français de la Mission des Nations unies pour l'organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso), sur le site d'observation de Oum Dreyga à 450 km au sud de El Ayoun, le 9 mai 2004.
Abdelhak Senna / AFP

Par RFI

Le Conseil de sécurité a renouvelé à l'unanimité la Mission de l'ONU au Sahara occidental, la Minurso, dont le mandat était sur le point d’expirer. Les négociations ont été tendues. Le Front Polisario, qui réclame l’indépendance, a accusé la France de s’opposer à la mise en place d’un mécanisme de protection des droits de l’homme, comme de nombreuses missions de l’ONU en disposent. La Minurso est présente depuis 1991 au Sahara occidental, annexé par le Maroc en 1975.

Avec notre correspondant à New York, Philippe Bolopion

Chaque année, le renouvellement du mandat de la mission de l’ONU au Sahara occidental est l’occasion de joutes entre le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario. Cette année n’a pas fait exception.

Le Front Polisario souhaitait que l’ONU mette en place un mécanisme de surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental. Un tel mécanisme est soutenu par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme. Le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, s’est personnellement inquiété des allégations de violations des droits de l’homme dans le territoire contesté. Plusieurs pays du Conseil de sécurité étaient favorables à une mention de la question des droits de l’homme, et notamment le Royaume-Uni, l’Autriche, l’Ouganda, le Nigeria ou le Mexique. Mais le Maroc s’y est catégoriquement opposé.

La France, alliée du royaume marocain, a donc rejeté toute évocation dans le texte de la question des droits de l’homme. Cela n’aurait fait que braquer les Marocains, sans faire avancer les pourparlers entre les deux camps, ont fait valoir des diplomates français. Au terme de négociations tendues, un compromis alambiqué a été trouvé, mais les droits de l’homme sont absents de la résolution. Cela a conduit le Front Polisario à accuser la France, pays des droits de l’homme, de se renier.

Ahmed Boukhari, représentant du Polisario à l'ONU, met en cause l'attitude de la France

Un membre permanent du Conseil de sécurité, qui a des liens très forts avec le Maroc, a été un obstacle majeur pour inclure la question de l’observation des droits de l’homme. On parle de la France, qui risque de compromettre sa crédibilité et son prestige personnel et international, en votant contre les droits de l’homme et en quelque sorte contre elle-même...

 

01/05/2010 par Philippe Bolopion

 

 

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