Médias / Liberté de la presse - 
Article publié le : lundi 03 mai 2010 à 05:01 - Dernière modification le : lundi 03 mai 2010 à 14:58

«La liberté d'information, le droit de savoir», thème de la Journée mondiale de la liberté de la presse

Une Irakienne passe devant des photos de journalistes irakiens tués, photos exposées à l'occasion d'une réunion du Syndicat irakien des journalistes pour marquer la Journée mondiale de la liberté de la presse, à Bagdad, le 2 mai 2010.
Une Irakienne passe devant des photos de journalistes irakiens tués, photos exposées à l'occasion d'une réunion du Syndicat irakien des journalistes pour marquer la Journée mondiale de la liberté de la presse, à Bagdad, le 2 mai 2010.
AFP / Ahmad al-Rubaye

Par RFI

Ce 3 mai, c'est la Journée mondiale de la liberté de la presse. Elle a été instituée par les Nations unies en 1993, à la suite de la Déclaration de Windhoek sur la promotion de médias indépendants et pluralistes, le 3 mai 1991. «La liberté d'information, le droit de savoir», c'est le thème choisi cette année. A l'occasion de cette journée, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a rappelé qu'à travers le monde, «des gouvernements et d'autres détenteurs de pouvoir trouvent de nombreux moyens d'entraver» la liberté de la presse. Selon l'Unesco, 77 journalistes ont été assassinés l'année dernière.

L’association Reporters sans frontières a dressé une liste de quarante «prédateurs de la liberté de la presse». Ce sont des responsables politiques ou religieux ou encore des groupes armés : les cartels de la drogue au Mexique ou les groupes armés en Colombie, les organisations mafieuses en Italie ; c’est aussi Than Shwe, chef de la junte en Birmanie, Vladimir Poutine en Russie, les plus hautes autorités en Iran ou encore le président Ben Ali en Tunisie.

Parmi ces «prédateurs», le chef des talibans de l’Afghanistan et du Pakistan, le mollah Omar. L'occasion de rappeler que deux journalistes français de la chaîne de télévision France 3 sont toujours détenus en otage en Afghanistan. Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier ont été enlevés par un groupe taliban le 30 décembre dernier à l’est du pays, en compagnie de leur chauffeur et de leur traducteur.

 

Concernant le continent africain, la situation est très contrastée entre pays vertueux et pays où sévissent les «prédateurs» pointés par Reporters sans frontières qui a relevé huit noms en Afrique subsaharienne. Les prédateurs exercent leur répression en Erythrée, Gambie, Guinée équatoriale, Nigeria, Rwanda, Somalie, Swaziland et Zimbabwe. L'année 2009 a été très difficile pour les journalistes en Afrique comme le rappelle Ambroise Pierre, responsable Afrique à RSF.

L'état des lieux dressé par Ambroise Pierre, responsable Afrique à RSF

Evidemment, on ne peut pas faire de généralités. Le Mali n’est pas le Cameroun et le Cameroun n’est pas la Somalie. Cinq pays africains font partie des 50 pays les plus respectueux de la liberté de la presse : le Mali, le Ghana, le Cap Vert, l'Afrique du Sud et la Namibie. De l’autre côté du classement, il y a des pays qui, année après année, continuent de mener la vie dure aux journalistes, des pays où règne l’insécurité, où règne l’intimidation ; ce sont le Nigeria, la RDC, le Zimbabwe et bien d’autres

 

03/05/2010 par Sarah Tisseyre

Le Nigeria est donc un pays où le métier de journaliste semble devenu bien difficile à exercer.

Au Nigeria, c'est presque toujours le même scénario, un ou plusieurs articles déplaisants, et c'est un journaliste qui est tué, sans qu'aucune véritable enquête n’ait jamais abouti. Le Syndicat des journalistes vient d'alerter les autorités concernant des menaces de mort portées contre 4 journalistes de médias privés dont les écrits auraient précipité le limogeage du président de la Commission nationale électorale indépendante.

En moins d'une année, quatre journalistes ont été abattus, dans des circonstances liées à l'exercice de leur profession : en septembre dernier, le rédacteur en chef adjoint du quotidien The Guardian, Bayo Ohu, avait été abattu à son domicile alors qu'il travaillait sur des dossiers compromettants pour certaines personnalités de l'Etat. Son téléphone et son ordinateur ont été emportés par les assassins.
Plus récemment, au cours du même weekend du 24 avril, un journaliste à Lagos a été tué par balles à son domicile tandis que deux autres ont été lynchés par une foule en colère lors d'émeutes intercommunautaires près de Jos, dans l'Etat de Plateau. A ce jour, la police n'a pas encore réussi à élucider les mobiles réels des meurtres et l'enquête suit son cours.
L'Union des journalistes du Nigeria veut dès lors prendre les devants pour éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets. Le syndicat lance alors une alerte préventive. Les journalistes concernés ont reçu des menaces directes de mort. Ils sont accusés d'avoir écrit des articles à l'origine du limogeage mercredi 28 avril, du chef de la Commission électorale, Maurice Iwu. L’Union des journalistes a donc alerté les autorités.
 

Pour Maria Burnett, qui a participé à l’enquête de HRW, ces atteintes à la liberté de la presse seraient organisées au plus haut niveau de l’Etat
 
03/05/2010
par Gabriel Kahn
 
 

 

Autre grand pays anglophone pointé par une organisation de défense des droits de l'homme pour les entraves mises à la liberté d'informer, l'Ouganda. L'association Human Rights Watch dénonce les campagnes d'intimidation des médias en province.

 

 

Côté Afrique francophone, au Rwanda, la situation des journalistes, déjà difficile, s'est aggravée en 2009-2010. Ambroise Pierre, de Reporters sans frontières, rappelle que le contexte électoral incite le pouvoir à compliquer encore le travail des journalistes.

«A l’approche de l’élection, les pouvoirs qui ne souhaitent pas être contestés, font en sorte de museler les voix indépendantes»

… Au Rwanda, la liberté de la presse était déjà dans un mauvais état. Il y a évidemment des médias proches du pouvoir qui peuvent s’exprimer relativement librement mais pour ce qui est des journalistes et des médias indépendants, c’est vraiment extrêmement difficile…

 

03/05/2010 par Sarah Tisseyre

 

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(3) Réactions

Vive la liberte pour les

Vive la liberté pour les iraniens !
bravo aux journaliste de RSF qui soutient leur collègues emprisonnés en Iran.
Solidarité internationale avec le mouvement vert.

<<La liberté d'information,le droit de savoir>>thème de la journ

... et puis RFI devrait ajouter certains pays asiatiques (la liste est exhaustive) qui posent d'énormes problèmes de conscience à la communauté internationale dont l'ONU, je veux parler en particulier de la Chine Populaire pour laquelle tout le monde semble impuissant tant les droits de l'homme élémentaires dont les droits à la vie, la liberté d'information, et le droit de savoir sont régulièrement bafoués sans que personne ne trouvent à redire, trouvant à la limite cela normal parce que peut-être la Chine n'est pas la Somalie ou le Rwanda et que c'est une Puissance avec un droit de véto à l'ONU, qui lui octroie peut-être un devoir de silence de la part de la communauté internationale. Alors pourquoi ces deux poids deux mesures quand il s'agit de la Chine dans le traitement de l'information et dans le traitement tout court?

La liberté de la presse

On épingle, on critique et on n'agit pas. En RDC, des journalistes au service des Nations Unies ont été tués. Qu'ont fait les Nations Unies? Au Rwanda, le monarque Kagame fait la loi. Qui en parle? Aucun Etat. Au contraire, Kagame est congratulé. Il est régulièrement approché par Jeune Afrique, très tendre à son égard. Serait-il actionnaire de cet hebdomadaire très lu par les africains?
Une journée pour rien.

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