Faisal Shahzad, un «amateur» qui a laissé trop d'indices

On commence à en savoir un peu plus sur Faisal Shahzad, Américain d’origine pakistanaise, principal suspect de l'attentat raté du samedi 1er mai à New York. Les éléments fournis par les enquêteurs dressent le portrait d’un homme que rien ne destinait à priori à se transformer en apprenti terroriste. Il se trouve depuis hier mardi inculpé par la justice américaine de cinq chefs d'accusation, dont celui de tentative d'usage d'une arme de destruction massive.
Selon les médias américains, il s’agit du fils d’un officier de haut rang de l’armée pakistanaise, âgé de trente ans, et qui vivait depuis de longues années aux Etats-Unis où il avait fait ses études supérieures, même si semble-t-il, son anglais laissait un peu à désirer. Marié, père de deux jeunes enfants, Faisal Shahzad travaillait comme analyste financer. Il avait acheté une jolie maison.
Et puis, tout semble avoir basculé l’année dernière. Il obtient la citoyenneté américaine, et très vite après il disparaît. Il embarque femme et enfants, abandonne la maison, et part au Pakistan sans donner d’explications à personne. Il revient seul cinq mois plus tard, s’installe dans un quartier où personne ne le connaît et se fait particulièrement discret jusqu'à samedi dernier, où il abandonne une voiture piégée en plein coeur de New York.
Faisal Shahzad coopère avec les enquêteurs
A partir de celà on peut se poser des questions évidemment pour tenter de comprendre ce qui a fait basculer cet homme dans un acte desespéré. C’est ce que les enquêteurs vont évidemment chercher à savoir.
Pour l'heure Faisal Shahzad coopère avec les enquêteurs. Il continue semble-t-il à parler, à donner des détails et probablement à donner des indications sur d’éventuelles complicités aux Etats-Unis ou au Pakistan. Si l’on indique de source officielle qu’il donne des pistes, on ne dit évidemment pas lesquelles.
Tout cela est pris très au sérieux, parce que si ce jeune homme n’était pas très doué pour fabriquer des voitures piégées, son cheminement personnel a permis aux spécialistes de la lutte anti-terroriste d’accumuler des informations sur cette menace qui apparaît comme l’une des plus sérieuses aux Etats-Unis en ce moment, celle de gens qui sont installés, voire intégrés dans le pays et qui décident un jour, sans éveiller les soupçons, de passer à l’action.
A lire sur France24.com
Avec notre correspondante à Washington, Donaig Ledu Les enquêteurs américains ont travaillé, beaucoup, vite et bien. En parvenant à interpeller Faisal Shazad, quelques minutes seulement avant que son avion ne décolle en direction de Dubaï, ils ont eu aussi beaucoup de chance. Une «chance» qui s'était déjà manifestée par le degré d'amateurisme de cet homme dans la fabrication de la voiture piégée. Aujourd'hui, les américains se demandent désormais pendant combien de temps la chance sera au rendez vous. Et le ministre de la Justice, Eric Holder, n'a eu de cesse depuis hier mardi de répéter le même message : « Les Américains doivent être vigilants. Il y a des réseaux terroristes organisés qui nous menacent. Ils y a des terroristes isolés, ici ou à l’étranger, qui nous menacent. Cela fait des mois et même des années qu’il n’y a pas eu d’attentat réussi, le plus dangereux pour nous serait d’avoir la fausse impression que la menace a disparu ». Du complot déjoué contre le métro de New York en septembre, à la menace contre un avion en décembre, en passant par l’interpellation au Pakistan cet hiver de plusieurs étudiants américains qui étaient allés s’entrainer, il est vrai que les menaces ont été nombreuses et multiples ces derniers mois. Et c’est ce message que répètent les autorités américaines. |

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Commentaires (2)
Amateurisme...
Oui, bien sûr amateurisme, parce-que pour un attentat vraiment professionnel il n'y a pas mieux qu'un inside job comme nous avons tous pu constater le 11-09-2001. Les vrai maitres de terrorisme et de démolition on trouve dans les États-Unis ...
1. "Ce qui a fait basculer
1. "Ce qui a fait basculer cet homme dans un acte désespéré ?", Non messieurs de RFI. Acte Désespéré sont des termes impropres ici, au regard du parcours du jeune homme. L'acte du 1er mai est le résultat de sa visite au Pakistan où il a séjourné dans une zone contrôlée par les islamistes qui l'ont convaincu de la nécessité de rallier le jihad.
Retour, il a essayé de mettre en pratique l’enseignement reçu, maladroitement peut être mais pas désespérément. Car si le vétéran du Viêtnam, reconverti en vendeur de tee shirts, n'avait pas été là, au bon moment, Times Square aurait été ensanglanté. A votre place je parlerais plutôt d'acte prémédité ou maladroit.
2. "Les enquêteurs américains ont travaillé, beaucoup, vite et bien": Sauf que le jeune est resté 03 heures à JFK sans que les services US ne s'aperçoivent de rien. Ce n'est qu'au moment où l'avion s'apprêtait à "mettre le gaz" que les américains se sont su que le suspect était à bord. Dans ces conditions, messieurs les rédacteurs de RFI, peut-on vraiment dire que les services US aient fait vite et bien? Le suspect a été rattrapé in extremis !
3. Enfin, le background du jeune homme vient démentir froidement les analyses des fameux "spécialistes", dont RFI se fait la voix chaque fois que de besoin, qui lient ou motivent principalement le terrorisme islamique par des questions économiques.
Pas étonnant donc que l'auteur ou les auteurs de l'article, soient désorientés quant aux motifs du jeune homme. Mais le jour où l'on acceptera que les motifs sont avant tout religieux, on aura l'explication des actes du jeune pakistanais, mais aussi ceux du jeune nigérian, tous issus de milieux aisés.
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