Les médecins du Cameroun choqués par le dossier médical de Bibi Ngota, mort en prison

Le gouvernement camerounais de plus en plus montré du doigt après le décès en prison, le 22 avril dernier, du journaliste Bibi Ngota. Accusées de toutes parts, les autorités ont voulu livrer toutes les informations en leur possession afin d’expliquer le décès du journaliste. Mais elles ont peut-être trop parlé. A tel point que mardi 4 mai l’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC) s'est déclaré profondément choqué par le dossier médical de Bibi Ngota.
Les médecins camerounais n’ont pas apprécié d’apprendre par la presse que Bibi Ngota était mort des suites d’infections liées au virus du sida. Une information révélée par le porte-parole du gouvernement qui affirmait, il y a quelques jours, que le dépistage volontaire du VIH-sida, proposé à Bibi Ngota lors de son arrivée à la prison de Yaoundé, s’était révélé positif, d’après un rapport fourni par le médecin de l’établissement pénitentiaire.
Le porte-parole du gouvernement ajoutait que le journaliste, qui avait appris tardivement son statut sérologique, était mort des suites d’infections opportunistes dans un système immunitaire complètement effondré. Des révélations que les médecins n’apprécient pas, rappelant que le secret médical est un droit absolu pour tout patient et qu’il est prévu par décret présidentiel.
Le Conseil de l’ordre rappelle également à tous les médecins camerounais qu’ils doivent respecter strictement le code de déontologie pour lequel ils ont prêté serment : garantir la confidentialité du dossier médical, ce qui peut poser problème notamment dans le cadre d’une enquête judiciaire où l’on recherche les causes de la mort.

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