Ecologie/ biodiversité - 
Article publié le : jeudi 06 mai 2010 - Dernière modification le : jeudi 06 mai 2010

Découverte d’un immense barrage de castors au Canada

Le barrage de castors du Parc national Wood Buffalo (Canada, nord) se situe dans une zone marécageuse non accessible.
Le barrage de castors du Parc national Wood Buffalo (Canada, nord) se situe dans une zone marécageuse non accessible.
Steve Anderson/Wood Buffalo National Park

Par RFI

Le plus grand barrage de castors jamais trouvé au monde a été découvert dans le Parc national Wood Buffalo, une région reculée et sauvage du nord du Canada par un écologiste qui dit l'avoir repéré sur des photos satellite et le site internet Google Earth.

Le barrage, situé dans le nord de l'Alberta, mesure quelque 850 mètres de long, ce qui est nettement plus long que la norme pour ce type d’ouvrage qui, plus communément, ne dépasse guère 100 m au Canada. En règle générale, seulement une digue sur 1.000 fait plus de 500 m de long.

Jean Thie a découvert ce barrage en tentant de mesurer, à l'aide de photos satellite, l'étendue de la fonte du permafrost -c’est-à-dire des terres gelées en permanence- dans le nord du Canada.

Déjà repéré par la Nasa en 1990 ...

Procédant à une étude comparative sur d’anciens clichés, il a découvert que la digue était déjà visible sur des photos de la Nasa datant du début des années 1990. Selon ses estimations, la construction du chef-d'oeuvre de la nature a vraisemblablement commencé dans les années 1970 et, pour parvenir à un tel développement plusieurs générations de castors ont oeuvré.

En hiver, le castor se nourrit de branches qu'il a accumulées dans une réserve sous l'eau.
U.S.Fish and Wildlife Service/ Domaine publique

Des responsables de la réserve naturelle, la deuxième plus grande du monde, ont survolé le barrage à basse altitude l'an dernier. Ils n'ont pas pu, toutefois, se poser car la zone est trop marécageuse : un porte-parole du parc national, Mike Keizer, a déclaré que confirmation était faite de l’ancienneté de la digue car, a-t-il expliqué, « lorsqu'une digue est récente, il y a plein de rondins fraîchement coupés. Or, sur celle-ci, l'herbe pousse, c'est tout vert », a expliqué Mike Keizer.

... « le barrage continue de grossir »

Les castors sont en train d’agrandir leur territoire : deux autres digues de chaque côté du barrage principal sont en cours de construction et, d'ici dix ans, toutes ces structures pourraient n'en former qu'une seule, mesurant plus de 950 mètres ! « C'est un phénomène unique, les digues de castors comptent parmi les rares structures construites par des animaux qui soient visibles de l'espace », souligne Jean Thie.

Les vaillants rongeurs construisent des digues pour créer des réservoirs d'eau profonds où ils peuvent se mettre à l'abri des prédateurs, faire flotter leur nourriture et les matériaux de construction qu'ils utilisent. Jusqu'à la découverte de ce barrage, la digue de castors la plus longue connue était un ouvrage de 652 mètres situé dans l'Etat américain du Montana, frontalier de l'Alberta.

Poussé au bord de l'extinction par le commerce des fourrures aux XVIIe et XVIIIe siècles, le castor effectue un retour en force dans ses anciens habitats partout en Amérique du Nord. Certains rongeurs vivant même aux portes de grandes villes, comme à Montréal : « Il y a des digues partout au Canada. Certaines colonies de castors comptent jusqu'à 100 animaux au km², souligne Jean Thie. Ils refaçonnent le paysage ! ».

Le castor, par Antoine Cano, consul honoraire de France au Canada

Le castor canadien actuel (castor canadensis) peut peser 35 kilos et mesurer 1,25 mètre de long.
Emblème du Canada, ce castor aurait eu une variante géante, castoroides ohioensis, il y a 1,5 million d’années, approchant les 3 mètres de long et pesant jusqu’à 300 kilos.
La castor trace des pistes, creuse des canaux pour transporter le bois. Un vrai modèle pour les chantiers forestiers où l’on fait glisser le bois sur la glace. Le métier de draveur s’est inspiré des techniques des castors.
Les grands travaux de barrage et de cabane ont lieu en juillet, août, septembre.
Avec le maintien du niveau d’eau le castor est l’auxiliaire de beaucoup d’autres animaux.
Il fait des provisions pour l’hiver, bien qu’il n’hiberne pas : saules, peupliers, trembles, aulnes, érables.
Sa consommation est de 600 à 700 grammes de bois par jour.
L'hiver, lorsque tout est gelé, le castor peut encore circuler sous la glace où, entre la glace et l'eau, il y a une mince couche d'air, si le barrage a été bien construit...

Barrage de castors dans le Parc volcanique national Lassen (Etats-Unis)
CC/Walter Siegmund/Wikipedia

Pour en savoir plus :

Lire

- Le castor dans l’histoire du Canada

- L'habitat du castor canadien

Consulter

- le site officiel du Patrimoine canadien

- les fiches animales / construction type d'un barrage de castors

- artisanat indien

tags: Environnement - Terre
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