D’anciens responsables érythréens sont morts en prison

Un ancien gardien de prison érythréen qui s’est enfui en Ethiopie a fait, jeudi 6 mai, des révélations qui sont plutôt gênantes pour les autorités d’Erythrée. Il a affirmé que six anciens responsables gouvernementaux érythréens et cinq journalistes, arrêtés en 2001, sont morts en prison.
Eyb Bahta, qui s’est enfui en Ethiopie il y a trois mois, a cité, entre autres, les noms de l'ancien vice-président érythréen Mahmoud Sherifo, l'ancien chef d'état-major de l'armée Ogbé Abraha. Selon lui, ils ont été envoyés dans des camps isolés où les conditions de vie sont inhumaines. En 2001, il y avait 35 prisonniers dans ces camps, parmi lesquels les accusés d’un complot visant à renverser le président Issaias Afeworki. Quinze de ces prisonniers, dont cinq journalistes, seraient décédés en détention.
L’ancien gardien de prison érythréen - qui s’est exprimé devant les médias internationaux à Addis-Abeba - n'a rien oublié des désastreuses conditions de détention des prisonniers. Les réponses du gardien Eyb Bahta étaient précises, courtes, sans émotion. Il a décrit les conditions de détention des 35 prisonniers politiques qui avaient été arrêtés en 2001. Parmi eux, 11 militaires et politiciens accusés d’avoir participé à un complot contre le président érythréen et neuf journalistes.
En 2003, ces prisonniers ont été transférés dans la prison d’Eraeiro, dans le centre-ouest de l’Erythrée. Chacun était maintenu à l’isolement total, dans une cellule sans fenêtres, de trois mètres sur trois. Ils ne voyaient la lumière qu’une heure par jour, entre huit et neuf heures du matin. La température aussi entre 40 et 50 degrés durant six mois de l’année. Selon Eyb Bahta, « il y fait une chaleur extrême. Les détenus ne subissent aucune torture. Le gouvernement n’attend rien d’eux. Ils ne reçoivent aucun traitement médical. Personne ne sait où ils sont. Ils sont juste là à attendre la mort ».
Sur 35 détenus, 15 étaient déjà morts quand ce gardien est passé d’Erythrée en Ethiopie, en février dernier. Certains se sont pendus dans leurs cellules avec leurs t-shirts. D’autres sont morts de chaleur ou encore de maladies. Eyb Bahta a dit s’être enfui parce qu’il surveillait ces détenus depuis neuf ans, sans savoir quand il serait affecté à un autre poste : « J’ai commencé à penser que je mourrais avec eux ».
Les autorités érythréennes n'ont pas encore réagi à ces accusations.

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(1) Réaction
Sanction de l'union africaine et des nations unies
Tous les pays africains et surtout l'Union Africaine et les Nations Unies doivent condamner le gouvernement érythréen en lui infligeant des sanctions très sévères afin que des pareils crimes ne restent jamais impunis;le gardien Bahta a bien dit la vérité.