Dernières infos
Soudan/Egypte - 
Article publié le : mardi 11 mai 2010 - Dernière modification le : mardi 11 mai 2010

L’Egypte plaide pour l’unité du Sud-Soudan

Le ministre egyptien des Affaires étrangères Ahmed Abou Gheit s'adresse à la presse, à l'issue de son audience avec le président soudanais, Omar Bechir à Khartoum, le 9 mai 2010.
Le ministre egyptien des Affaires étrangères Ahmed Abou Gheit s'adresse à la presse, à l'issue de son audience avec le président soudanais, Omar Bechir à Khartoum, le 9 mai 2010.
Photo : Mohamed Nureldin Abdallah/ Reuters

Par RFI

En déplacement à Khartoum depuis le 9 mai 2010, Ahmed Abou Gheit, le ministre égyptien des Affaires étrangères, a affirmé que l'Egypte allait tout faire pour sauver l'unité du Soudan. Dans huit mois, les Sud-Soudanais doivent se prononcer sur la question de l'indépendance du Sud-Soudan au cours d'un référendum crucial pour l'unité du pays. L'Egypte redoute qu'une sécession sudiste remette en cause les accords de partage des eaux du Nil.

Depuis 1979, l'Egypte a fait de la question des eaux du Nil un enjeu de sécurité nationale. A l'époque le président Anouar al-Sadate affirmait que seule cette question pourrait conduire l'Egypte à entrer de nouveau en guerre.

Les eaux du Nil représentent 95% des besoins de l'Egypte. Autant dire que le fleuve est crucial pour la survie des 80 millions d'Egyptiens. L'Egypte estime avoir des droits historiques sur le Nil et redoute de voir les autres pays riverains du fleuve, modifier unilatéralement les accords de partage. Des accords qui octroient 5,5 milliards de mètres cubes d'eau par an aux Egyptiens.

Le 14 mai prochain, les dix pays riverains du Nil doivent trouver un nouvel accord. Si d'ici là l'Egypte ne parvient pas à élaborer un compromis, huit pays menacent de signer sans elle. Dans ce contexte, Le Caire peut compter sur le soutien de Khartoum qui partage ses positions. Mais l'Egypte redoute qu'à l'avenir, le Sud-Soudan se solidarise de pays comme l'Ethiopie ou le Kenya.

Pour l'Egypte, la question de l'indépendance du Sud-Soudan se résume donc à une équation simple. La création d'un Etat sudiste va-t-elle ou non multiplier les risques de voir le partage des eaux remis en cause ? Reste que l'indépendance du Sud semble de plus en plus inéluctable. Et Le Caire a d'ores et déjà ouvert le dialogue avec Juba. C'est d'ailleurs dans la capitale sudiste que le ministre égyptien des Affaires étrangères doit rencontrer Salva Kiir, le président la région semi-autonome.

tags: Egypte - Soudan
Fiche Pays :
Sur le même sujet :
Commentaires (1)

erratum

Il s'agit de 55 Mds de M3 par an et non 5,5. Une grosse dizaine de Mds de M3 sont en plus ponctués dans les nappes et une marge résiduelle provient de la désaliénation. On se trouve donc dès aujourd'hui à 66 Mds M3 officiellement consommés en Egypte, alors même qu'une étude égyptienne toute aussi officielle parle de besoin en eau pour 2013 de 75 Mds de M3 minimum... La question est de plus en en plus cruciale chaque jour en effet, d'autant que les 55 Mds de prélèvement autorisés sont allègrement dépassés chaque année en vérité.

Réagissez à cet article
Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
To prevent automated spam submissions leave this field empty.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier que vous n’êtes pas un robot afin de prévenir le spam automatique.
Image CAPTCHA
Saisissez les caractères (sans espaces) indiqués dans l'image.
Fermer