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    Science

    Dans le Delta du Nil, la lutte contre l’hépatite C ne fait que commencer

    media

    L’Egypte est le pays du monde qui connaît le plus fort taux de prévalence de l’hépatite C : environ 12% de la population est porteuse du virus. Depuis 2008, le gouvernement égyptien a créé vingt centres de traitement de la maladie, dont dix sont situés dans le Delta du Nil, région rurale la plus touchée.

    De grandes fenêtres aèrent la salle d’attente. Dans l’air chaud du début d’après-midi, une cinquantaine d’hommes attendent leur tour. La plupart ont entre 40 et 50 ans. « Saleh Ali Ibrahim ! » lance une infirmière. L’un d’eux se lève et se dirige vers un paravent, derrière lequel il va recevoir une injection d’Interferon pégylé, un traitement contre l’hépatite C.

    Chaque jour, quelques 400 porteurs du virus se font administrer leur dose hebdomadaire à l’hôpital El Ahrar de Zagazig, dans le Delta du Nil. Associées à des comprimés de Ribavirine, les injections d’Interferon, réparties sur un an, sont efficaces dans 60% des cas. « Depuis 2008, 4000 personnes ont été traitées ici », souligne le Dr Abdel Karim, responsable du centre des maladies du foie au sein de l’hôpital. « Deux fois plus de monde s’est présenté, mais ceux qui ont plus de 60 ans ou qui présentent déjà une maladie du foie à un stade avancé ne sont pas éligibles pour le traitement », précise-t-il.

    « Comment j’ai été contaminé ? Je n’en sais rien. »

    Près de 15% des Egyptiens âgés de 15 à 60 ans sont infectés par l’hépatite C (génotype 4), le plus fort taux de contamination au monde. La prévalence est double en milieu rural. Dans certains villages du Delta du Nil, 50% des hommes de plus de 40 ans sont porteurs du virus, la plupart du temps sans le savoir. « J’ai découvert que j’étais malade lorsque j’ai voulu donner mon sang, pour un cousin qui allait subir une opération », raconte Saïd Ali, 45 ans, qui arrive à la fin du traitement. « Comment j’ai été contaminé ? Je n’en sais rien. »

    Les autorités sanitaires ont pris conscience qu'il fallait largement informer le public et une campagne sur l'hépatite C a été lancée, à la télévision et à la radio, il y a quelques semaines. Si globalement les Egyptiens savent ce que c'est que l'hépatite C, le scandale de la contamination via les campagnes anti-bilharziose n'est pas vraiment connu du grand public.

    Or, lorsqu’il était enfant, cet agriculteur a été traité contre la bilharziose, une affection débilitante causée par un ver présent dans le Nil. Lancées dans les années 1960, les campagnes d’éradication de cette autre maladie ont duré jusqu’en 1982. Elles ont réussi à réduire considérablement l’impact de la bilharziose, mais ont laissé un autre fléau dans leur sillage : les seringues à usage multiple, mal stérilisées, ont transmis le virus de l’hépatite C - qui n’était pas encore identifié - à des millions d’Egyptiens.

    « Il est vrai que nous avons pris du retard ... »

    « L’incubation peut durer vingt ou trente ans. Ceux qui ont été infectés à l’époque sont malades aujourd’hui », explique Arnaud Fontanet, responsable de l’Unité d’épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur. L’institution participe, avec l’ANRS, à un programme de recherche franco-égyptien sur l’hépatite C en Egypte.

    D’abord réticent à reconnaître l’ampleur de l’épidémie, le gouvernement égyptien a fini par lancer une campagne de lutte contre la maladie, en 2008. « Il est vrai que nous avons pris du retard. Mais depuis l’ouverture des 20 centres de traitement, plus de 100 000 malades ont pu être traités », insiste le Dr. Abdelrahmen Shahine, porte-parole du ministère de la Santé. Mais la tâche est immense : entre cinq à sept millions de personnes, en phase chronique de la maladie, auraient besoin de recevoir ce traitement, administré gratuitement mais qui coûte 3000 euros par personne à l’Etat égyptien.

    Les autorités tentent aussi de limiter les nouvelles contaminations : jusqu’à 140 000 personnes sont encore infectées chaque année par le virus, principalement via des injections médicales.

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