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    Science

    Comment remédier à la pollution au pesticide chlordécone ?

    media Pollution des sols par la chlordécone aux Antilles. CIRAD

    Le mal est fait : comment y remédier ? Une trentaine d'experts internationaux se réunissent du 17 mai au 19 mai 2010 à la Martinique, puis en Guadeloupe jusqu’au 22 mai. L'objectif? Dresser, désormais, un état des lieux sur les possibilités de dépolluer les sols antillais contaminés par ce pesticide.

    Ouvert le 17 mai 2010 aux Trois-Ilets (Martinique), cet atelier scientifique est le premier du genre consacré essentiellement à ce pesticide issu de molécules organochlorées. Quid des méthodes de biodégradation et de phytoremédiation (ou «dépollution par les plantes») à mettre en place? …

    De 1972 à 1993, la molécule d'origine américaine chlordécone a été épandue au sol pour protéger les bananes des charançons, en particulier après les fortes pluies ou le passage des ouragans. Sa production a été stoppée aux Etats-Unis au début des années 1990 après un cas de pollution. En revanche, bien qu’interdit d’utilisation en métropole en 1990, ce pesticide a été utilisé aux Antilles, officiellement jusqu’en 1993 et clandestinement jusqu’en 2002, selon des révélations parues dans le quotidien Le Parisien en 2007.

    Actuellement, selon les organisateurs, « aux Antilles, la pollution par la chlordécone est diffuse et hétérogène sur les parcelles (agricoles) du fait de pratiques d'applications de 1971 à 1993 (dans le secteur de la banane notamment) et de travail du sol ».

    Un « plan chlordécone » en Guadeloupe et Martinique

    La persistance du chlordécone dans les sols -jusqu'à sept siècles- et le risque de contamination des aliments ont justifié en 2008 l'adoption d’un « plan national d’action chlordécone » en Guadeloupe et en Martinique pour évaluer l'importance de la pollution, ses impacts et déterminer comment s'en protéger. Une dizaine de chercheurs des Antilles et vingt-trois experts scientifiques internationaux (Allemagne, Canada, Chili, France, Espagne, Etats-Unis, Finlande, Mexique, Pays-Bas, Royaume-Uni, Tchéquie) réunis cette semaine vont mutualiser leurs connaissances et leurs points de vue sur les solutions à apporter …

    Inscrit donc dans le cadre de ce plan d'action, les travaux sont organisés par le centre de recherche agronomique pour le développement (Cirad-Pram)  et l’Institut national de recherche agronomique (INRA), avec le soutien des conseils régionaux de Guadeloupe et de Martinique et en partenariat avec plusieurs organismes de recherches scientifiques tels que le Bureau de recherche en géologie minière (BRGM) , l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et L’institut de recherche en sciences et technologies pour l'environnement (Cemagref) ainsi que l'université des Antilles et de la Guyane (UAG).

    Chlordécone : un polluant organique dangereux et persistant

    Utilisé entre 1972 et 1993 aux Antilles françaises dans le traitement des bananiers pour lutter contre le charançon noir, la molécule chlordécone, un pesticide organochloré, appartient à la même famille que le DDT, le lindane, le mirex.

    Cette molécule est extrêmement stable et se dégrade à peine dans le sol où elle peut rester des dizaines voire des centaines d'années, contaminant particulièrement les légumes-racines comme les patates douces, les carottes et les ignames, en remontant avec la plante. Elle peut également aller dans les eaux de captage et les eaux marines, contaminant alors poissons, coquillages et crustacés.

    Ce polluant organique persistant peut s'avérer très toxique et il a même été classé comme cancérogène possible chez l'homme dès 1979 : l’Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail rapporte que des ouvriers exposés de manière chronique à ce produit (dont par contact) dans une usine en produisant aux États-Unis, ont été victimes de problèmes neurologiques et que des effets toxiques sur le foie ont été observés ainsi que sur la production de spermatozoïdes.

    Selon la Chambre d'agriculture de la Guadeloupe, qui a déjà effectué quelque 2055 analyses de sols, plus de 4 000 hectares (69 % des terres analysées), soit un sixième de la surface agricole utile de la Guadeloupe, sont contaminés par le chlordécone à un taux supérieur à 10 microgrammes par kg.

    La teneur maximale autorisée dans les productions agricoles varie de 50 microgrammes par kg (250 microgrammes/kg dans le sol) pour les tubercules, tomates, concombres et aliments de consommation fréquente, à 200 microgrammes par kg (1.000 microgrammes/kg dans le sol) pour les autres produits.

    Pour en savoir plus :

    Consulter aussi les sites

    - de l'Observatoire des pesticides

    - du gouvernement sur la plan d'action chlordécone

    - de l'Institut de veille sanitaire sur le chlordécone

    - de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa)

    - de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset)

    - Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF)

    Lire

    - N°spécial de Sciences et avenir sur le sujet

    - Louis Boutrin, et Raphaël Confiant : Chronique d’un empoisonnement annoncé : le scandale du chlordécone aux Antilles françaises, mars 2007 éd.l’Harmattan.

    - Le chlordécone, un danger pour l’homme, par D.Raizon, RFI

    - Martinique et Guadeloupe «empoisonnées» au chlordécone, par D.Raizon, RFI

    - Quelque 30% des cancers pourraient être évités, par D.Raizon RFI

    - Les pesticides, ou comment s'en débarrasser, par C.Thomas RFI

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