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Naufrage du Cheonan : Séoul incrimine la Corée du Nord
Après une enquête de plusieurs semaines, la Corée du Sud a confirmé que c’était bien une torpille nord-coréenne qui a, le 26 mars 2010, coupé en deux et coulé la corvette Cheonan, causant la mort de 46 marins sud-coréens. Les résultats de l’enquête, menée par une équipe d’experts sud-coréens et étrangers, ont été rendus publics ce 20 mai. La Chine a aussitôt appelé « toutes les parties à la retenue » après que la Corée du Nord eut été accusée d'avoir coulé la corvette sud-coréenne.
Avec notre correspondant à Séoul, Thomas Olivier
« Les preuves indiquent sans risque d’erreur que le Cheonan a été coulé par une torpille nord-coréenne. Il n’y a aucune autre explication plausible », a déclaré ce jeudi 20 mai 2010 le co-directeur de l’équipe d’investigation. Pour Séoul, donc, aucun doute, la Corée du Nord est bien responsable du drame.
Pyongang a aussitôt démenti, traitant, au passage, le président sud-coréen de « traître ». Il accuse Séoul d’avoir fabriqué les preuves qui l’incriminent. A la surprise générale, les Nord-Coréens proposent aussi d’envoyer au Sud leur propre équipe d’enquêteurs pour analyser les preuves.
Quoi qu’il soit, maintenant que Séoul est convaincu de la responsabilité du Nord, il reste à savoir quelles mesures seront prises. Une réponse militaire est, de l’avis général, à écarter. Reste la piste des sanctions.
Sanctions bilatérales, d’abord : le Sud devrait stopper la très grande majorité de ses projets de coopération avec le Nord. Sanctions internationales ensuite : Séoul va sans doute présenter l’affaire devant le Conseil de sécurité des Nations unies.
Ce qui soulève une autre question : comment va réagir la Chine, qui dispose du droit de véto, et qui reste alliée avec la Corée du Nord ? Si elle ne la désavoue pas, elle se mettra à dos la Corée du Sud, partenaire commercial important et acteur régional incontournable.
Condamnation unanime de Pyongyang par la communauté internationale |
En toute logique, l'exécutif japonais, dont le pays est dans le rayon d'action des missiles nord-coréens, déclare que c'est « un geste impardonnable ». Son porte-parole précise qu'il va désormais être « très difficile de mener des discussions (avec Pyongyang) dans les mêmes circonstances qu'auparavant ». Pour les Etats-Unis, « c'est un exemple de plus de la conduite inacceptable de la Corée du Nord et de son mépris des lois internationales ». Le communiqué de Washington parle de « défi ». « C’est une violation de l'accord d'armistice ». Le président Barack Obama a téléphoné à son homologue Lee Myung-bak pour l'assurer de son soutien. Même tonalité à Londres qui parle de « mépris flagrant de ses devoirs internationaux » par Pyongyang. La Grande-Bretagne déclare n'avoir aucun doute sur la véracité des conclusions de l'enquête et annonce sa décision de « travailler étroitement avec la Corée du Sud pour examiner une réponse multilatérale appropriée à cet acte inhumain ». A New York, le secrétariat général de l'ONU déclare que les résultats de cette enquête sont « profondément inquiétants ». Le secrétaire général a appris la nouvelle « le cœur lourd et avec une grave inquiétude », précise le communiqué. A ce stade, la réaction de Pékin est modérée, la Chine appelle « à la retenue ». Elle demeure parmi les derniers soutiens de la Corée du Nord. Kim Jong-il a d'ailleurs séjourné ce mois-ci encore en Chine. Il y a rencontré les dirigeants chinois avec qui il s'est entendu pour envisager un retour à la table des négociations multilatérales (sur les affaires nucléaires militaires). On comprend donc l'embarras de Pékin. En attendant, les Chinois s'apprêtent à recevoir la secrétaire d'Etat américaine. Hillary Clinton s'envole tout à l'heure pour une tournée en Asie qui passera obligatoirement par Pékin. RFI
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