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Article publié le : vendredi 21 mai 2010 - Dernière modification le : vendredi 21 mai 2010

A Madagascar, la mutinerie a cédé grâce à la négociation

L'armée malgache a choisi la voie de la négociation avec les mutins.
L'armée malgache a choisi la voie de la négociation avec les mutins.
AFP/Grégoire Pourtier

Par RFI

Après les affrontements qui ont opposé jeudi 20 mai 2010, dans la capitale Antananarivo, des mutins du corps d'élite de la gendarmerie et les forces de sécurité demeurées loyales au pouvoir en place du président autoproclammé Andry Rajoelina, tout semble rentré dans l'ordre. Mais contrairement à ce qu'on a cru dans un premier temps, l'affaire ne s'est pas résolue par une opération militaire mais par la négociation. Les violences ont néanmoins fait 2 morts et 5 blessés.

Manifestement il n'y a pas eu d'assaut en tant que tel. La décision de négocier avec le groupe de gendarmes mutins semble même avoir été prise dès le milieu de la journée du jeudi 20 mai. Mais les premiers pourparlers engagés n'aboutissent pas. En fin de journée un autre négociateur entre en jeu : il s'agit du commandant Roger Luc, l'un des responsables militaires du régiment parachutiste d'Ivat. Son atout : il connaît bien le chef des mutins, le colonel Raymond. Le commandant se rend au camp de Fort Duchesne et obtient la réddition des gendarmes qui sont alors amenés au camp d'Ivat. Ils seraient au nombre de 17 et ne sont pas, pour le moment en tous cas, « officellement » arrêtés mais mis en sécurité.

Quel sera leur sort ? Il est probablement discuté en ce moment même dans une réunion entre le chef d'état-major et le Premier ministre. Ce qui apparaît à l'issue de cette folle journée d'hier c'est que le chef d'état-major, le général André, a choisi la voie de la négociation plutôt que celle de la force.

Il n'a pas voulu prendre de risque. Une opération militaire pour attaquer fort Duchesne situé en hauteur ne peut se faire en quelques heures. Avec des munitions et de la nourriture la résitance peut durer plusieurs jours. Un temps suffisamment long pour inciter d'autres unités à se rallier aux mutins. Un risque réel au sein d'une armée malgache déchirée par ses divisions internes.

Les ecclésiastiques lourdement frappés

Les alentours de Fort Duchesne, où se sont déroulés les affrontements, avaient retrouvé le calme ce vendredi 21 mai 2010. La ville panse ses plaies et chacun fait les comptes.

Dans les rangs du « mouvement des ecclésiastiques » qui avait choisi d’être aux premières loges hier, le bilan est lourd : un pasteur touché par balles est mort de ses blessures dans la nuit. Un autre a été arrêté hier et, selon eux, ils seraient quinze à avoir été placés sous mandat d’arrêt pour atteinte à la sureté de l’Etat. « On a peur, on est cachés, on voulait juste mettre une pression morale sur le régime », justifiait ce matin l’un des leaders.

Le « mouvement des ecclésiastiques », qui réclame ouvertement le départ d’Andry Rajoelina, a en outre perdu l’un de ses principaux relais médiatiques. Depuis jeudi soir, 20 mai, la radio Fahazavana n’émet plus et quatre journalistes, ainsi que deux techniciens, ont été interpellés. En cause, des débordements à l’antenne où les animateurs auraient dépassé les bornes.

Reste à voir si cette série de coups durs pour le « mouvement des ecclésiastiques » va l’affaiblir ou au contraire renforcer son aura.


 

 

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Commentaires (2)

Crise de cinquantenaire des Malgaches

A l'instar de la commémoration de l'indépendance de la Grande Île, que nous pouvons résumé par 3 systèmes, hormis les périodes de directoire militaire et de trois années "transition" avec Zafy Albert ou trois années de pause pour Ratsiraka, c'est selon.
Le premier : Philibert Tsiranana s'est appuyé sur la France post-coloniale. Le second : Didier Ratsiraka a politisé les forces armées. Le troisième : Marc Ravalomanana a largement usé de ses milliards, accumulés sous Ratsiraka.
A quoi assistons-nous actuellement ? Le résultat du cumul déficitaire des trois systèmes.
Mais il y a un facteur qui ne change pas depuis 1960 : la classe ou le clan, ou encore la tribu des "faiseurs de présidents". Ses membres ou leurs héritiers légataires sont toujours là. De temps en temps, de nouveaux arrivistes renforcent leur rang d'un système à un autre. Leurs intérêts sont bien à l'abri. Ils ont accompagné Tsiranana. Ils ont préféré le capitaine de frégate idéaliste et rêveur à un colonel trop nationaliste avec ses idées de "fokonolona". Changement d'époque et toujours dans l'air du temps, ils ont préféré le libéralisme du "Messie" au socialisme humaniste. Aujourd'hui, ils sont encore là et danse avec la musique du jeune DJ car le "Messie" est devenu un "ogre" trop gourmand et ne voulant même plus laisser les miettes à croquer.
Demain ? On va célébrer un demi-siècle d'atermoiements, de laxisme et d'égoïsme etc. (la liste est longue)... à Madagascar. Il est peut-être temps de fermer cette "parenthèse" historique.
Comment ? En laissant les Malgaches décider de leur avenir. Mais cela ne se fera pas tant que la communauté internationale refuse de bouger leurs points de repères pour ce pays.
Et surtout, il faudra que la CI décide de ne pas laisser le destin de ce pays dans les mains des "mouvances virtuelles" qui ne défendent que leur intérêt... sans oublié la cinquième mouvance "permanente" des "faiseurs de présidents".
Si seulement la voix du Sénateur Paul Wille aurait des échos dans les grandes chancelleries. Malheureusement, ce ne sera pas possible. Car le cas de Madagascar ne doit pas faire tâche d'huile sur le continent noir. Et voilà, nous sommes à nouveau dans le realpolitik aux moult intérêts économiques des multinationales.
Alors quel issue pour les Malgaches et Madagascar ? On espère juste que les grands et les mouvances vont finir par s'entendre pour le partage du gâteau. Car c'est bien de cela qu'on discute depuis des mois et des mois et rien d'autres. Du moins, nous serons tranquilles pour les sept prochaines années... A moins que !!!!!!

négociation

Dommage ça aurait abréger la transition. D'habitude ce sont les militaires qui tirent sur la foule sans arme en 1972 puis en 1991, et en 2009. On a raté l'occasion d'une vrai bataille à plus ou moins armes égales. Vive l'armé malgache! Les militaires y préfèrent les adversaires...

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