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    Afrique

    Le Tchad salue le prix remporté par Mahamat-Saleh Haroun au festival de Cannes

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    Le Prix du Jury du 63e Festival de Cannes a été décerné dimanche soir 23 mai 2010 au film Un homme qui crie n'est pas un ours qui danse du réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun.

    Plusieurs membres du gouvernement tchadien, ainsi que la presse de Ndjamena, ont salué ce lundi la récompense attribuée au cinéaste dont le film évoque les guerres qui ont ensanglanté son pays.

    A 49 ans, Mahamat-Saleh Haroun a remporté une belle distinction. Il a souligné que cette récompense a du sens : « Cela signifie aussi une certaine mission parce qu’il faut que je commence très vite à essayer de sensibiliser les autorités tchadiennes à l’intérêt qu’il y a, en fait, à accorder une attention au cinéma parce que ça parle du pays. Parce que je le vois à travers les messages, les SMS, les mails, des coups de téléphone à travers le pays - mais aussi des Tchadiens qui sont à l’étranger – qu’une forme d’unité, comme ça, un rassemblement autour de ce film se fait et que un film ça fédère aussi un pays ». Lors de cet entretien à RFI, le cinéaste a ajouté que cette distinction est importante « dans un pays comme le Tchad, où les populations sont déchirées et où l’unité n’est pas toujours en fait complètement achevée ». C'est la première fois, depuis 13 ans, qu'un long métrage africain est ainsi distingué à Cannes.

    Le Premier ministre tchadien Emmanuel Nadingar a félicité, lundi 24 mai, le cinéaste. Au cours d'un meeting de sensibilisation au recensement électoral à Ati, à 500 kilomètres au nord-ouest de Ndjamena, Emmanuel Nadingar a affirmé : « Notre compatriote vient de lever haut le drapeau du Tchad. Il mérite ce prix, et il méritera tous les honneurs de la République. Mais en attendant, je lui adresse au nom de mon gouvernement et au nom du peuple tchadien toutes mes félicitations ».

    Le ministre tchadien de la Culture, Djibert Younous a déclaré à RFI que « ce n’est pas une surprise parce que, lors de la projection du film, toute la salle applaudissait le cinéaste Mahamat-Saleh Haroun et ça m’a fait vraiment une grande joie. Et partant de là j’ai espéré qu’on arriverait à un prix. Et donc la suite c’est la logique de cette projection magnifique ». Selon le ministre tchadien de la Culture, « c’est une fierté pour le Tchad, parce que depuis 13 ans, l’Afrique n’a pas été représentée à Cannes. C’est le Tchad qui prend le devant des pays africains et c’est donc un honneur pour le Tchad. A travers ma voix je tiens vraiment à lui dire merci. Merci encore ».

    « Un grand honneur pour le Tchad et pour l’Afrique »

    Les radios et la télévision nationale du Tchad ont ouvert leurs journaux avec la récompense attribuée au cinéaste et son film Un homme qui crie n'est pas un ours qui danse, alors que les journaux de presse écrite ont fait des petits encadrés mentionnant le prix et promettant d'y revenir longuement mardi. Le film évoque les guerres au Tchad à travers l'histoire d'un père et d'un fils.

    Le danseur et chorégraphe tchadien Taïgue Ahmed, s’est également réjouit du prix reçu par Mahamat-Saleh Haroun au festival de Cannes, soulignant que « ses films parlent beaucoup aux Tchadiens ». Lors d’un entretien à RFI, Taïgue Ahmed a notamment déclaré ; « Haroun, pour moi, est un homme que je respecte beaucoup. [Le prix qu’il a remporté] « c’est un grand honneur pour le Tchad et pour l’Afrique. Tous ses films sont des films éducatifs qui retracent la réalité de notre pays et les gens apprennent beaucoup de choses. Ces films retracent vraiment nos réalités, nos conflits ethniques, mais, à la fin, ses films donnent toujours l’espoir que la paix, à la fin, sera revenue au Tchad ».

    Taïgue Ahmed espère que le prix attribué à Mahamat-Saleh Haroun contribuera à changer la situation des artistes tchadiens : « Il faut qu’il essaie de créer un espace avec des studios, des salles de formation avec des matériels professionnels, comme dans d’autres pays africains, au Burkina Faso, au Sénégal et même au Cameroun. Le Tchad n’a pas tout ce matériel professionnel pour que les jeunes cinéastes puissent en profiter ». Le chorégraphe a ajouté : « Dès que Mahamat-Saleh Haroun sera rentré au Tchad et dès que le gouvernement va le rencontrer pour le remercier, moi ce que lui demande c’est qu’il demande des aides pour les artistes, pour que les artistes tchadiens aient leur place et des moyens pour créer ».

    Mahamat-Saleh Haroun a été récompensé alors que vient de s'ouvrir, ce week-end, la quatrième édition du Festival de cinéma euro-africain au Tchad. Financé par la Commission européenne, ce festival s'appuie notamment sur les œuvres du cinéaste Mahamat-Saleh Haroun, des films projetés dans les grandes villes du pays, et dans une cinquantaine de villages. Selon Gilles Desesquelle, chef de la délégation de la Commission européenne au Tchad et organisateur du festival, ce prix arrive donc à point : « Je crois que ce festival a déjà connu, dans le passé un succès populaire. Mahamat Saleh Haroun était au cœur du dispositif des films diffusés et le fait qu’il reçoive ce prix [à Cannes] va renforcer l’écoute et nous ferons la sensibilisation nécessaire, avec les moyens qui nous sont alloués, et j’espère que le peuple tchadien sera d’autant plus fier de Mahamat-Saleh Haroun comme il l’est déjà ».

    Gilles Desesquelle a souligné que les films de Mahamat-Saleh Haroun « sont assez critiques sur la vie tchadienne depuis l’indépendance, ce pays qui a connu 40 ans de guerres civiles, ou même plus, et qui est à la recherche de la stabilité politique. Mais je dois dire que aussi bien du côté des autorités tchadiennes - où Mahamat-Saleh Haroun est apprécié – et du côté de la population il y a une fierté, qu’un Tchadien puisse avoir une renommée internationale ». Le chef de la mission de Commission européenne a conclu que « c’est plutôt rassurant de voir que le peuple, tout au moins, peut faire son autocritique des périodes difficiles ».
     

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