Dernières infos
Soudan - 
Article publié le : jeudi 27 mai 2010 - Dernière modification le : jeudi 27 mai 2010

Omar el-Béchir investi pour un nouveau mandat

Le président Omar el-Béchir durant une cérémonie d'accueil à l'aéroport de Khartoum en l'honneur d'Issaias Afewerki,  le président érythréen le 26 mai 2010.
Le président Omar el-Béchir durant une cérémonie d'accueil à l'aéroport de Khartoum en l'honneur d'Issaias Afewerki, le président érythréen le 26 mai 2010.
Reuters/Mohamed Nureldin Abdallah

Par RFI

C'est ce jeudi 27 mai 2010 que le président soudanais doit prêter serment. Cette cérémonie d'investiture provoque l'embarras au sein de la communauté internationale. Omar el-Béchir fait l'objet d'un mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale qui l'accuse de crimes de guerre. Quelques chefs d'Etat africains sont déjà arrivés à Khartoum. En revanche, l'ONU, l'UA et l'UE ne seront représentées que par des diplomates.

Il aurait voulu une belle photo de famille, l'une de celle que l'on montre à ses adversaires pour leur prouver que l'on n'est pas seul au monde. Omar el-Béchir qui a cruellement besoin d'une légitimité sur la scène internationale devra pourtant se contenter d'une photo imparfaite. Aucun des grands dirigeants de la planète ne prendra le risque de s'exhiber aux côtés d'un homme recherché par la CPI, et peu de chefs d'Etats africains franchiront le pas.

Mohamed Naji

Rédacteur en chef du site internet «Sudan Tribune»

Dans cette cérémonie d'investiture, la présence des trois anciens rebelles est très significative et importante à la fois.

 

27/05/2010 par Nathalie Amar

Parmi ceux-ci il y a les adeptes de la realpolitik comme le voisin tantôt ennemi tantôt ami, Idriss Déby. Il y a aussi l'ami érythréen, Isaias Afeworki avec qui Omar el-Béchir partage la même méfiance envers les Etats-Unis, et encore le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz qui entretient de bons rapports avec les dirigeants soudanais.

Les représentants locaux des missions de l'ONU et de la mission conjointe UA-ONU seront eux aussi sur la photo. Difficile de mener des missions en terre soudanaise sans être conciliant. Côté occidentaux que ce soient la délégation européenne ou les chancelleries française et anglaise, on se contentera d'envoyer des diplomates locaux. C'est déjà trop aux yeux des organisations de défense des droits de l'homme qui accusent les Occidentaux de faiblesse. En revanche, cette présence internationale laisse de marbre la CPI qui estime que la seule façon pour Omar el-Béchir de rompre son isolement est de répondre aux attentes de la justice internationale.

Les défis d’Omar el-Béchir

Si Omar el-Béchir peut se réjouir d'avoir gagné du temps face à la CPI, reste à savoir comment il va employer ce temps. Son mandat de cinq ans qui s'ouvre ce jeudi 27 mai s'annonce périlleux. Le plus grand défi sera de gérer le référendum d'autodétermination qui se tiendra au Sud en janvier prochain. Le Soudan restera-t-il uni ou éclatera-t-il en deux entités ? Et dans les deux cas, le pays échappera-t-il ou non à un nouveau cycle de violence ?

Si Omar el-Béchir a plusieurs fois répété qu'il respectera le choix des sudistes, au sein de son parti beaucoup de voix plaident en faveur de l'unité du pays. C'est d'ailleurs la mission que vient de fixer à l'Assemblée nationale son nouveau président Ahmed Ibrahim Tabar, issu de la formation d'Omar el-Béchir.

La question est politique mais aussi économique alors que chacun sait que les plus gros gisements pétroliers se trouvent au Sud et qu'actuellement c'est le Nord qui en tire le plus gros profit.

Le deuxième défi sera de ramener la paix au Darfour; pour l'heure, on en est encore loin. Il n'y a même pas entre le Darfour et Khartoum un accord cadre qui baliserait les relations comme il en existe un entre le Nord et le Sud. Les négociations maintes fois relancées avec les rebelles darfouris semblent dans l'impasse.

Bref, Omar el-Béchir a devant lui une tâche d'autant difficile qu'il est affaibli par le mandat d'arrêt lancé par la Cour pénale internationale.
 

Analyse de Jean-Marie Fardeau sur la cérémonie d’investiture du président Béchir

Directeur du bureau de Paris de Human Rights Watch

La cérémonie d’investiture du président Béchir est certainement pour lui, une tentative de rechercher une légitimité internationale. C’est ce qu’il espère bien avoir avec la présence de diplomates de haut rang, notamment des représentants spéciaux du secrétaire général des Nations unies, ce que nous dénonçons totalement. Ne pas y aller, ce n’est pas rompre le dialogue avec les autorités soudanaises, c’est simplement reconnaître que le président Béchir, avec un mandat d’arrêt de la CPI, n’est pas quelqu’un de fréquentable dans ces circonstances là.

 

27/05/2010 par Olivier Rogez

tags: Omar el-Béchir - Soudan
Fiche Pays :
Sur le même sujet :
Commentaires (2)

INVESTITURE DE BECHIR

Pour nous malgaches, nous disons un mot "PAUVRE COMMUNAUTE INTERNATIONALE". Vous récoltez ce que vous avez semé. BECHIR vous nargue. C'est l'impuissance totale. Ca fait honte : UE ,UA ,SADEC, USA ,TPI, BM ,FMI. Il se frotte les mains devant cette impuissance flagrante.

ce que nous disons aux blancs

Ce que nous disons aux blancs c'est que c'est eux qui nous ont colonisé. Mais qu'ils arrêtent aussi le néocolonialisme laisser les africains gérer leur problèmes. ...
Pourkoi cette discrimination. Pour cela Omar el Bechir nous le soutenons et si la communauté internationale s"hasarde ils perdront l'Afrique

Réagissez à cet article
Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
To prevent automated spam submissions leave this field empty.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier que vous n’êtes pas un robot afin de prévenir le spam automatique.
Image CAPTCHA
Saisissez les caractères (sans espaces) indiqués dans l'image.
Fermer