Paludisme - 
Article publié le : vendredi 28 mai 2010 à 14:36 - Dernière modification le : vendredi 28 mai 2010 à 15:35

Et si le moustique devenait le vaccin antipaludique…

Par Colette Thomas

L'université de Jichi propose cette image du moustique transgénique à partir duquel va être créé le moustique OGM porteur du vaccin contre le paludisme
JICHI MEDICAL UNIVERSITY/ AFP

Selon le laboratoire de l’université de Jichi (près de Tokyo), des moustiques qui provoquent le paludisme pourraient être génétiquement modifiés pour vacciner les gens comme cette maladie. « Le vaccin serait imperceptible, pas besoin de médicament, inutile de se déplacer dans les centres de vaccination ; et en plus, ce serait gratuit », a expliqué le professeur Shigeto Yoshida. La naissance de ce « moustique antipaludique » devra toutefois attendre la mise au point d’un vaccin efficace contre cette maladie, vaccin nécessaire pour modifier génétiquement l’insecte.  

Des scientifiques japonais ont déjà réussi ce type d’expérience. Ils ont modifié le patrimoine génétique de l’insecte responsable de la leishmaniose, autre fièvre mortelle. Dans la salive de ce moustique génétiquement modifié, se trouve une protéine venue d’ailleurs. Lorsqu’une souris de laboratoire a été piquée par ce moustique transgénique, elle a développé un anticorps la protégeant de la leishmaniose.
 

Bonnie Gillespie/ Johns Hopkins University

Si l’idée est séduisante, ce chercheur japonais admet que l’idée de vacciner les gens malgré eux, au moment où ils seront piqués par le moustique OGM, pourrait poser un problème éthique.
 
Même si les recherches aboutissent, cette voie dans la lutte contre le paludisme risque de se heurter à d’autres obstacles. Il faudra décider dans quelles conditions seront reproduits ces moustiques génétiquement modifiés et qui prendra la responsabilité de les lâcher dans la nature et où. Les écologistes pourraient s’y opposer en raison des risques pour le milieu naturel. Si le gêne modifié véhiculé par l’insecte mute, il est alors possible que ce gêne s’installe ailleurs dans l’écosystème.
 
Qu’il s’agisse de la leishmaniose, de la dengue, ou du paludisme, ces recherches ciblées sur le moustique montrent qu’un changement se dessine dans les politiques de santé. Plutôt que de soigner des humains tombés malades après avoir été piqués par un moustique, il y a une tentative de rendre ces insectes inoffensifs.
 
Dans les laboratoires, on tente une autre piste de travail : il s’agit d’élever des moustiques, d’irradier les mâles au cobalt 60 pour les rendre stériles. Une fois relâchés, ces moustiques peuvent s’accoupler à des femelles sauvages mais n’ont pas de descendance. En toute logique, les populations de moustiques doivent s’effondrer. Deux espèces de moustiques l’Aedes albopictus, vecteur du chikungunya et de la dengue, et l’Anopheles arabiensis, propagateur du paludisme, sont la cible de ces tentatives menées par des scientifiques de l’Agence internationale de l’énergie atomique de Vienne et par l’Institut pour la recherche et le développement.

 

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(1) Réaction

moustiques

Et les oiseaux, qui se nourrissent de moustiques, seront ils perturbé de gober des moustiques, passé au cobalt 60?

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