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La technologie au secours de la lutte contre le paludisme
Une entreprise américaine, Intellectual Ventures, cherche de nouveaux moyens pour faire reculer le paludisme. Certaines inventions comme le laser tueur de moustique, ont provoqué des réactions de rejet. Même si ces innovations sont au point, il faut encore trouver l’industriel qui les fabriqueront et également parvenir à mettre ces nouvelles technologies à la portée des pays qui en ont besoin.
Ce qui donne confiance dans ces nouvelles technologies chargées de faire reculer le paludisme, c’est que l’entreprise qui les a mises au point emploie de jeunes chercheurs très impliqués. Ils n’ont pas eu une enfance protégée : l’une par exemple a connu une vie spartiate en Sibérie et a eu la tuberculose; l’autre a passé son enfance en Haïti et a fait plus d’une dizaine de crises de paludisme. La volonté de faire disparaître les grandes maladies du Tiers monde, ils la partagent avec d’autres jeunes chercheurs de ce laboratoire, et avec leur patron, Nathan Myhrvold, un ancien de Microsoft.
Mais Intellectual Ventures n’est pas un laboratoire de recherche philanthrope. L’entreprise a même la réputation de se comporter comme un vautour en s’emparant de brevets que d’autres structures, plus petites, n’ont pas les moyens de garder et de protéger sur un plan juridique. Le patron d’Intellectual Ventures s’en défend et met en avant le côté philanthrope de l’entreprise avec notamment ses activités dans le domaine de la santé. Nathan Myhrvold est d’ailleurs ami avec l’ancien patron de Microsoft, Bill Gates, qui a mis de l’argent dans ce laboratoire de recherche et y pousse l’idée d’éradiquer le paludisme. On le sait, Bill Gates et sa femme Melinda, à travers leur propre fondation, sont très actifs en Afrique où ils veulent faire reculer les trois maladies graves du continent, le paludisme, le sida et la tuberculose.
Parmi les inventions d’Intellectual Ventures, c’est donc la barrière « photonique » qui a suscité le plus de réactions négatives. Une maison, un hôpital, seraient entourés de cette barrière électronique, optique. A l’intérieur de ce périmètre, un laser tuerait tous les moustiques.
La technologie à base de laser coûte très cher. En plus, son fonctionnement consomme beaucoup d’énergie et une maintenance constante est nécessaire. On peut se demander quel organisme, sur le continent africain, aura les moyens d’installer cette barrière sophistiquée et d’en faire l’entretien même si les inventeurs mettent en avant une autre application possible pour cette barrière : elle pourrait protéger des cultures, des vergers, des destructions de certains animaux nuisibles. Cet aspect de l’invention sera certainement le premier à être commercialisé, des entrepreneurs ayant fait part de leur intérêt.
Le laser tueur de moustique a fait beaucoup parler de lui en voulant adapter la technologie des missiles à la lutte contre le paludisme. D’autres pistes plus modestes sont explorées par le laboratoire de recherche américain. Du sang artificiel attirant les moustiques serait étalé à l’entrée d’un village. Ce faux sang aurait des propriétés toxiques et détruirait les moustiques.
Autre piste, moins spectaculaire, la fabrication d’un microscope de poche. Il permettrait d’accélérer le diagnostic médical du paludisme. Le plus souvent, les examens de sang doivent encore passer par le laboratoire d’analyses. Cette étape prend du temps et pousse les médecins à prescrire par précaution des médicaments antipaludéens.
Comme la plupart des médicaments commencent à être résistants aux infections provoquées par l’anophèle, la solution viendra peut-être de l’innovation la plus impressionnante de toutes : un ordinateur géant permettant de modéliser l’arrivée d’une épidémie de palu à l’échelle d’un pays. Le logiciel est en cours d’écriture. Ce programme va intégrer des informations très détaillées pour un lieu donné : le pourcentage de la population ayant déjà eu le paludisme, le moustique a-t-il piqué à l’extérieur dans la journée ou à la maison la nuit pendant le sommeil ; ou encore quel est le taux d’équipement en moustiquaires des foyers ciblés par ce maillage d’informations numérisées.
Même si ces pistes ne sont pas encore opérationnelles, il semble y avoir concordance d’efforts pour éradiquer le paludisme. Ainsi début mai 210, le Canada annonçait que 225 millions de dollars canadiens allaient être débloqués sur cinq ans pour s’attaquer à cinq « grands défis » touchant à la santé dans les pays pauvres. Le premier objectif est d’aider les chercheurs à trouver des outils pour diagnostiquer rapidement le paludisme. Les autorités canadiennes ne disent pas si les chercheurs canadiens travaillent eux aussi sur un microscope de poche mais estiment que ces nouveaux moyens de faire un diagnostic permettraient d’économiser des centaines de milliers de traitements médicaux préventifs. Le but est également de réduire le nombre de morts estimé à 300.000 par an. Pour ces recherches sur le paludisme, les Canadiens annoncent qu’ils vont travailler avec la fondation de Bill et Melinda Gates.

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