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    Culture

    Rencontre avec Elhadj Magori Sani, réalisateur nigérien de «Pour le meilleur et pour l’oignon»

    media Elhadj Magori Sani, réalisateur nigérien du film « Pour le meilleur et pour l’oignon ». RFI / Kèoprasith Souvannavong

    Pour le meilleur et pour l’oignon, documentaire signé du jeune Nigérien Elhadj Magori Sani, est présenté au 63e Festival de Cannes dans le cadre des « Cinémas du monde ». Chronique villageoise, le film raconte l’histoire d’une jeune femme qui attend son mariage. Une union que son père, cultivateur d’oignon, a dû reporter deux ans durant faute de moyens car, dans ce village, celui qui marie sa fille doit acheter tous les meubles qui vont accompagner la mariée chez son époux. La caméra montre comment le père va honorer son engagement, la future belle famille ayant menacé de tout annuler si le mariage n’a pas lieu rapidement. Notre envoyé spécial à Cannes a rencontré l’auteur de ce documentaire de 52 minutes. Entretien.

     RFI : Vous venez de Galmi, la capitale de l’oignon violet, située à 550 kilomètres à l’est de Niamey.  

    Elhadj Magori Sani : Communément appelé le « violet de Galmi », le bulbe de cette région est le meilleur du monde sur le plan gustatif. Le Niger en produit 400 000 tonnes. Une production qu’il exporte à travers toute l’Afrique de l’Ouest.
     
    RFI : Votre film a pour titre Pour le meilleur et pour l’oignon, alors que l’on dit d'habitude « pour le meilleur et pour le pire » à l’occasion des mariages.
     
    E. M. S : Dans mon film, il est question de mariage et d’oignon. L’oignon n’est pas le pire mais c’est le facteur déterminant du mariage. Le meilleur s’est produit et pas le pire puisque le mariage a bien eu lieu.
     
    RFI : Qu’est-ce qui vous a motivé à faire ce film ?
     
    E. M. S : Je voulais d’abord montrer que le Niger est le plus gros producteur d’oignon de toute l’Afrique de l’Ouest. Beaucoup viennent chez nous chercher les semences. D’autres y sont venus pour apprendre les techniques de culture. Par ailleurs, l’oignon régule tous les événements dans le village, comme les baptêmes et les mariages. J’ai essayé de dire aux villageois qu’il ne faut pas être tributaire de l’oignon. Il ne faut pas non plus dépenser tout l’argent gagné grâce à ce bulbe, à l’instar du protagoniste de mon film qui dépense tout pour marier sa fille.
     
    RFI : Vous affectionnez les films documentaires. Il y en a une dizaine à votre actif.
     
    E. M. S : Je me suis toujours dit que je ferai du cinéma de développement, un cinéma qui parle aux gens et dans lequel ils peuvent s’identifier. De plus, un documentaire est moins cher à produire qu’une fiction. Chez nous, au Niger, les gens sont plus touchés par des histoires réelles contenues dans les documentaires. La fiction nous envahit, mais elle ne change rien autour de nous, contrairement au documentaire. Je souhaite bien sûr réaliser une fiction dans un avenir proche, car le documentaire a des limites et la fiction offre plus de liberté. Une liberté importante puisque, au Niger, il y des barrières sociales, culturelles, religieuses et politiques que l’on ne peut pas franchir dans le réel. L’imaginaire, dans la fiction, permet justement de dépasser ces barrières.
     
    RFI : Ingénieur agronome et réalisateur, vous êtes aussi un journaliste qui milite pour l’amélioration de la condition de la femme au Niger, pays musulman où l’on pratique la polygamie.
     
    E. M. S : Les femmes sont nos mamans, nos épouses, nos sœurs. La voix de la femme en Afrique, et précisément au Niger, n’est pas très entendue parce que la femme est « sujette » à la volonté de son mari. Elle ne peut rien faire sans sa permission. A travers mes reportages, j’essaie discrètement de donner plus de visibilité à la femme. Je fais aussi des enquêtes. Dans l’une de ces enquêtes, il était demandé à des femmes ce qu’est un bon mari. Réponse : « c’est un homme qui ne me bat pas et qui me sourit ». En lisant ces articles, les hommes peuvent savoir ce que les femmes attendent d’eux et changer ainsi leur attitude vis-à-vis d’elles.
    S’agissant de la polygamie, celle-ci a ses règles. Tout le monde n’est pas obligé d’être polygame. Un foyer sur deux est polygame. Un homme sur dix a trois ou quatre femmes. Ce ne sont pas des statistiques officielles, mais c’est la configuration générale. Moi-même je suis issu d’une famille polygame. Mon père a trois femmes.
     
    RFI : Votre film est projeté au Festival de Cannes. Que ressentez-vous ?
     
    Ma venue à Cannes m’a permis de vraiment découvrir le monde du cinéma et de connaître des gens que je n’aurais jamais rencontrés : des producteurs, des personnes travaillant pour des institutions liées au cinéma, des représentants d’autres festivals, etc. Il n’y a que le Festival de Cannes qui permet tout cela. C’est aussi une occasion de voir des films et de… rêver ! Ah ! Cannes et son fameux tapis rouge. Tout réalisateur rêve de venir monter les marches du Palais des festivals pour présenter son film.

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