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Article publié le : mercredi 14 juillet 2010 - Dernière modification le : jeudi 15 juillet 2010

Rodolphe Burger : Le pape musical du Palais des papes

Rodolphe Burger a travaillé en collaboration avec Françoise Hardy, Alain Bashung, Jeanne Balibar ou encore Jacques Higelin.
Rodolphe Burger a travaillé en collaboration avec Françoise Hardy, Alain Bashung, Jeanne Balibar ou encore Jacques Higelin.
Emma Pick

Par Pascal Paradou

Connu pour ses collaborations avec Jacques Higelin, Françoise Hardy ou Jeanne Balibar, le rockeur Rodolphe Burger récidive avec le Festival d’Avignon. Pour le « Bal du 14-Juillet », il réinvente la tradition des orchestres de bal et fait danser Avignon sur la place du Palais des papes. Le 16 juillet, il rejouera le chant d’amour aux origines bibliques « Le Cantique des cantiques » qu’il avait mis en musique pour le mariage d’Alain Bashung et Chloé Mons en 2001. Le 19 et 20 juillet il rentre en fusion avec le romancier et poète Pierre Alferi pour des « Cinépoèmes live » et le 24 juillet, dans la Cour d’honneur du Palais des papes, il donne un « Concert dessiné » avec sa guitare et en compagnie du trompettiste Erik Truffaz et deux auteurs majeurs de la bande dessinée, Charles Berberian et Philippe Dupuy.
Entretien avec Rodolphe Burger, un musicien multi-scènes au Festival de théâtre d’Avignon. 

RFI : Vous signez la musique de la pièce Un nid pour quoi faire d’Olivier Cadiot, l’artiste associé de cette 64e édition du Festival d’Avignon. C’est une longue collaboration entre vous deux et si vous êtes ici, c’est beaucoup par lui, grâce à lui, pour lui peut-être.
 
Rodolphe Burger : Absolument. Ma première venue à Avignon c’était une invitation conjointe à Olivier et moi. On a fait une sorte de lecture-concert ensemble. Evidemment, c’est grâce à cette longue amitié avec Olivier. On a fait beaucoup de choses ensemble. J’ai la chance d’avoir pour ami quelqu’un dont j’admire énormément le travail et avec qui je peux aussi collaborer de différentes manières. Sur le « Nid » c’est la première fois, que Ludovic Lagarde, le metteur en scène, qui a mis en scène beaucoup de choses d’Olivier Cadiot, c’est la première fois qu’il me proposait de faire la musique du spectacle. Il y a vraiment cette dimension-là. Il y a un fil amical qui traverse aussi ce festival.
 
RFI : Quel est votre rapport au théâtre ? Est-ce que c’est Olivier Cadiot qui vous a initié au théâtre ? Vous avez créé votre propre label, en appelant ce label Dernière Bande, pour une raison très précise et qui a trait au théâtre.
 
R.B. : Oui. C’est un petit salut à Samuel Beckett. En même temps, je n’ai pas une grande culture théâtrale ni une grande expérience avec le théâtre. J’ai travaillé avec Jean-Louis Martinelli au Théâtre Nanterre-Amandiers  sur un Schweyk de Bertold Brecht sur une musique de Hans Eisler,  c’était très intéressant musicalement. Mais sinon, je dirais mes souvenirs de théâtre datent plutôt de la fin des années 70, où j’étais à Strasbourg et où j’ai eu la chance de voir des choses au Théâtre national de Strasbourg (TNS) dans un moment où le TNS était une sorte de laboratoire extraordinaire. Et là, j’ai vraiment vu des choses très fortes et j’ai vu à quel point aussi le théâtre pouvait être accueillant pour d’autres arts, d’autres formes.
 
RFI : Donc, le théâtre est un lieu vivant pour vous, comme peut l’être une scène de rock ou une scène de concert ?
 
R.B. : Oui, même si évidemment c’est une toute autre manière de travailler. L’expérience de cette année était formidable sur la mise en scène du Un nid pour quoi faire, parce que j’ai tout suivi. Je n’avais jamais pu, à ce point-là, voir de près le travail des comédiens, de l’équipe, face à un travail collectif incroyable : le théâtre. Mais bien sûr, c’est beaucoup plus long. Nous, les musiciens, on travaille beaucoup plus vite. On est dans des temps resserrés. Au départ, pour moi, c’était très déconcertant. J’avais envie que ça aille plus vite. Mais j’ai compris aussi à quel point il faut ce temps.
 
RFI : Est-ce un effet déformant de cette 64e édition d’Avignon ou pas, j’ai en tout cas l’impression que la musique est de plus en plus présente dans les spectacles de théâtre aujourd’hui.
 
R.B. : Absolument. Oui, c’est frappant dans cette édition. Mais je pense que cela reflète une vraie tendance aujourd’hui. Des musiciens physiquement présents sur scène, et où des musiciens qui ne sont pas du tout dans une approche de musique pour le théâtre. Ce sont des musiciens qui viennent quelquefois d’une scène rock radicale, expérimentale, etc. Et je trouve cela passionnant, parce que ça  déplace complètement la forme. On est dans des espaces sonores, tout d’un coup, tout à fait différents de ceux auxquels on était habitué au théâtre.

Ecoutez l’entretien en entier avec le musicien Rodolphe Burger, invité de l’émission « Culture vive » sur RFI
 

13/07/2010 par Pascal Paradou

 

tags: Cinéma - France - Littérature - Musiques - Théâtre
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