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Article publié le : vendredi 22 avril 2011 à 13:01 - Dernière modification le : vendredi 22 avril 2011 à 13:01

Festigraff à Dakar, sur les traces de Mandela et Gandhi

Festigraff

Par RFI

Pour sa 2e édition, Festigraff, le Festival international de graffiti au Sénégal réunit 30 graffeurs venus des quatre coins du globe. Des performances live de graff, des expositions, des concerts et des projections des films confirment l’importance de Dakar parmi les hauts lieux de l’art urbain en Afrique. Lancé le 13 avril sous le thème « Xam xam moye alla » (la plus grande richesse c’est la connaissance), le festival se terminera le 25 avril par un grand défilé et une fresque collective.

« Il fallait transmettre le graffiti positivement, Comment suis-je arrivé à faire cela ? A trouver les endroits qui sont vraiment dégueulasses, à les nettoyer, les peindre et mettre de la couleur : faire ma fresque dessus, explique Docta, le pionnier du Mouvement au Sénégal et directeur de la structure Doxandem Squad. La population commence à accepter la chose petit à petit, parce que ça leur parlait aussi. Cela expliquait leur situation de tous les jours. Quand il y a des agressions on en parle ; quand la vie est devenue chère, on en parle ; quand il y a de la corruption, on en parle ainsi de suite… »

La plus grande richesse c’est la connaissance

DR

C’est ainsi que Docta s’est imposé comme le graffeur de Dakar. Il a eu l’idée, l’an dernier, de créer un festival consacré à cet art de la rue, le Festigraff. Comme cela avait bien marché, dans la seconde édition il y a une trentaine d’artistes qui interviennent dans les rues de la capitale sénégalaise autour d’un thème imposé : « La plus grande richesse c’est la connaissance. »

Un morceau de charbon à la main Bikaye trace sur un mur les contours du visage de Nelson Mandela. Il réalise là un portrait en noir et blanc sur 4 m de haut, à partir d’un simple croquis. «Pour peindre ce portrait il me faut du charbon de bois juste  pour faire les limites, pour essayer de sortir le dessin. Si je vois que tout est intact par rapport à la photo, après j’utilise la bombe. Des fois j’utilise aussi la bombe blanche pour le fait de gommer, ou bien d’éviter les quelques ratures parce que c’est quelque chose que je fais en live et directement ; ce n’est pas quelque chose que j’ai carrelé sur le mur ».

Connaître ton devoir et le faire

Ecouter le reportage sur le 2e Festival international de graffiti en Afrique (Festigraff) à Dakar
 
21/04/2011
par Bineta Diagne
 
 

La scène se déroule sur une voie passante de Dakar. En tout, quinze graffeurs composent une grande fresque dans une ambiance bonne enfant. Sur le mur, figure une inscription en wolof : « Connaître ton devoir et le faire ». Chacun choisit sa spécialité : les uns se consacrent à la peinture à l’huile, les autres aux inscriptions multicolores à la bombe. Le tout sous l’œil attentif de Docta, l’initiateur du Festigraff.

« Le mur mesure déjà 45 mètres sur 6 à 7 mètres de hauteur. On préférait rester dans le thème du festival qui est « la plus grande richesse est la connaissance». On sensibilise la population à distinguer leur devoir et de le faire. On a pensé aussi que certains nous ont montré le chemin de cet engagement à connaîre ses devoirs comme Mandela, comme Gandhi. »

Développer quelque chose de positif pour la société

Cette démonstration est d’abord un moyen, entre passionnés d’art de se retrouver et d’échanger les techniques de dessin. C’est aussi une manière de gagner en visibilité auprès d’un public encore très frileux à cet art urbain.  « On a développé un thème sur le sida, explique le graffeur Mao Five or Four. Moi, j’ai écrit ‘stop sida’ puis j’ai mis des conseils en bas : abstinence, et tout, et tout : ce qu’il faut pour ne pas attraper le sida. C’est ce genre de truc que je développe chaque fois. J’essaye de développer quelque chose de positif pour la société en quelque sorte. »

Est-ce qu’il a l’impression que son message est bien reçu par son entourage ? « Y en a qui prenne le temps pour essayer de déchiffrer, mais le graffiti au Sénégal est une discipline nouvelle. C’est seulement depuis 8 ou 9 ans, qu’on a commencé à faire du graffiti. Et cela joue aussi parce que la société ne comprend pas bien ce que l’on fait. Maintenant c’est à nous d’essayer de leur expliquer, de faire des trucs positifs pour qu’ils comprennent le message qu’on est en train de lancer. » 

Fresque et slam
Festigraff

 

 

2e Festival international de graffiti en Afrique (Festigraff) à Dakar, du 13 au 25 avril 2011.

 

tags: Arts Plastiques - Sénégal
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