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    Culture

    Jafar Panahi ou le Festival de Cannes engagé

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    Le Festival de Cannes ose encore une fois défier le pouvoir politique. A la dernière minute, reçu sous forme d'une clé USB et immédiatement acclamé, le film iranien In Film Nist (« Ceci n’est pas un film ») de Jafar Panahi et Mojtaba Mirtahsmab fait depuis le 7 mai partie de la sélection officielle qui débute le 11 mai. Pour affirmer son engagement politique, le festival met les bouchées doubles et consacre aussi une tribune au film de Mohammad Rasoulof, Bé Omid é Didar (« Au revoir »), sorti illégalement de l'Iran sous forme de DVD et sélectionné dans Un Certain Regard. Comme Panahi, le jeune réalisateur iranien, 37 ans, est connu pour sa critique à l'égard de son pays et a été condamné à six ans de prison et est interdit de quitter l'Iran.

    Un retour fulgurant de Jafar Panahi au plus grand rendez-vous cinématographique du monde. De l’année dernière, on se souvient des larmes de Juliette Binoche et de la chaise restée vide de Jafar Panahi comme membre du jury de la compétition officielle. Cette année, le Festival de Cannes récidive et présentera en plus du siège vide le nouveau film de Jafar Panahi et Mojtaba Mirtahsmab dans la sélection officielle. Ce manifeste a été « réalisé dans des conditions semi-clandestines » selon Thierry Frémaux, le délégué général de Cannes, qui avait reçu les deux films de Jafar Panahi et de Mohammad Rasoulouf ces derniers jours.

    « Le rêve de garder le cinéma iranien intact »
     
    Dans un message adressé au festival le 5 mai, Jafar Panahi explique : « Le fait d’être en vie et le rêve de garder le cinéma iranien intact nous encourage à dépasser les restrictions actuelles qui nous sont faites ». Son film est « un journal de bord » qui « raconte comment, depuis des mois, Jafar Panahi est en attente du verdict de la cour d’appel », précise le communiqué du délégué général de Cannes. En attendant, Jafar Panahi reste assigné à résidence à Téhéran. Suite aux accusations de « participation à des rassemblements et propagande contre le régime », il a été condamné le 20 décembre 2010 à six ans de prison et 20 ans d’interdiction de travailler.
     
    « Ma place est ici »
     
    Dans une interview publiée début mars par la revue française La Règle du Jeu, il avait explicitement exclu d’aller en exil : « Ma place est ici… Je suis sûr qu’ils (les autorités) fermeraient les yeux sur mon départ mais je ne le ferai pas. » Ainsi, à 50 ans, Jafar Panahi est devenu une icône mondiale dans la lutte pour la liberté des cinéastes. Ses films, devenus célèbres pour leur finesse et leur critique sociale de plus en plus virulente sont projetés comme étendards de la révolte dans les plus grands festivals du monde. Le Festival de Cannes, la Mostra de Venise et la Berlinale ont fait de lui un symbole international.
     
    Avant même l’annonce de la sélection de son nouveau film, la Croisette avait programmé le 12 mai en hommage à Jafar Panahi son film Offside (« Hors-jeu »), tourné en 2005. Après cette projection, il y aura un débat intitulé Faire des films sous une dictature et la Quinzaine des Réalisateurs remettra le Carrosse d’or à Panahi.
     
    Le septième Art, la locomotive d'un combat politique
     
    Grâce au nouveau film projeté le vendredi 20 mai et avec Robert De Niro comme président du jury de la compétition officielle, la boucle est bouclée. L’année dernière, la superstar américaine avait lancé une pétition hollywoodienne pour libérer Jafar Panahi, alors emprisonné en Iran. Après trois mois et une grève de la faim d'une semaine, le cinéaste a été libéré sous caution le 25 mai 2010. Une cause qui nous change des pseudo-scandales qui ont souvent défrayé la chronique à Cannes. En 2010, même les ministres français des Affaires étrangères et de la Culture avaient affiché leur soutien. Le septième Art s’est avéré comme la locomotive d’un combat politique qui transcende les cultures, les pays et les continents. L’engagement délibéré en faveur de Panahi octroie au festival des valeurs existentielles qui font sa grandeur, très loin du glamour et des paillettes souvent montrées à la télévision.

     

     

    « Le film de Mohammad Rasoulof et les conditions dans lesquelles il a été fait, et ce journal de bord de Jafar Panahi des jours de sa vie d’artiste interdit de travailler, sont par leur existence même une résistance à la condamnation qui les frappe. Qu’ils les adressent à Cannes, en même temps, la même année, alors qu’ils connaissent le même sort, est un acte de courage en même temps qu’un merveilleux message artistique. Cannes est l’institution internationale qui les protège et les professionnels du cinéma venant du monde entier et réunis sur la Croisette s’uniront, nous en sommes sûrs, en une sorte de communauté fraternelle allant de soi », ont déclaré le président du festival, Gilles Jacob, et son délégué général Thierry Frémaux.

     

     

    Lien de la pétition « Jafar Panahi et Mahamad Rasoulov ne doivent pas retourner en prison ! » lancée à l’initiative du Festival de Cannes, de la Cinémathèque française et de la SACD et qui a déjà accueillie la signature de 17.000 cinéastes, acteurs, écrivains, éditeurs et autres personnalités.

     

     

    Abécédaire de Cannes 2011

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