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    Culture

    La Photographie iranienne, esthétique et engagée

    media "Les femmes sans domicile fixe", 2009-2010. Tahmineh Monzavi

    C'est le premier ouvrage consacré à la photo plasticienne en Iran. La Photographie iranienne. Un regard sur la création contemporaine en Iran vient d'être publié aux éditions Loco. Il présente une quarantaine d'artistes qui ont été exposés à la Silk Road Gallery de Téhéran, le lieu dédié à la photographie dans la capitale iranienne. Entretien avec Anahita Ghabaian Etehadieh, la directrice qui a dirigé l’ouvrage.

    RFI : En Iran, depuis une quarantaine d'années, les artistes se sont emparés de cet art entre images documentaires du quotidien et mises en scènes suggestives. Qu’est-ce qui caractérise la photographie iranienne ?

    Anahita Ghabaian Etehadieh : C’est le fait de communiquer un message sans vouloir frapper l’interlocuteur, sans vouloir être provocateur. Je qualifierais la photographie iranienne de cette manière.
     
    RFI : Ce sont des messages détournés ?
     
    A.G.E. : Certainement, mais c’est un des rôles de l’art. Dans l’art, on voit rarement un message très clair communiqué directement. C’est vrai qu’il y a dans ces images cette manière de détourner pour communiquer le message, tout en étant assez clair et assez direct.

    RFI : Tout le monde sait combien il est difficile de s’exprimer librement en Iran. Pourtant, on voit dans ce livre des images engagées tant sur le thème de la guerre que sur le plan de l’intime, dévoilant des intérieurs où les femmes sont sans voile, parfois même dénudées. Vous arrivez à exposer ces photos dans votre galerie ?
     
    A.G.E. : C’est difficile d’exposer ces photos à la galerie à Téhéran. En général, c’est difficile de les exposer dans les galeries ou de les publier dans un livre. C’est un peu la raison pour laquelle le livre a été publié en français et en France. Il y a des restrictions bien sûr, mais il y a toujours la possibilité de les montrer d’une manière ou d’une autre. Puis ce livre s’adresse à un public occidental. Donc on se permet de montrer un peu plus que ce qui est possible de faire en Iran.
     

    RFI : L’une des artistes que vous exposez, Tahmineh Monzavi, présente un remarquable documentaire sur les femmes : des femmes marginalisées. On voit notamment le ventre nu d’une femme enceinte. Cette photographe a d’ailleurs eu des déboires avec les autorités dernièrement. Qu’est-ce qu’il lui est arrivée ?
     
    A.G.E. : On ne sait pas exactement. Elle s’est faite arrêtée il y a trois ou quatre semaines. On ne sait pas exactement pour quelle raison. C’est probablement justement à cause des images ou d’un film qu’elle a réalisés. Pour moi, Tahmineh Monzavi est l’une des photographes qui a un bel avenir devant elle parce qu’elle a compris comment il faut procéder, en même temps, comment tenir compte du côté esthétique tout en communiquant un message…

    RFI : Et avec un vrai engagement social et politique ?
     
    A.G.E.: Exactement, avec un vrai engagement.

    RFI : Parmi les différents thèmes que vous déclinez dans cet ouvrage, il y aussi celui de l’autoportrait. Vous publiez notamment des images frappantes d’une autre photographe femme Ghazaleh Hedayat, des photos où le visage s’estompe, devient fantomatique. Est-ce à l’image de l’individu dans la société iranienne ?
     
    A.G.E. : Probablement. De toute façon, c’est l’impression qu’elle a essayé de donner à travers ses images mais, en même temps, l’individu ne s’estompe pas aussi facilement que ça. C’est peut-être un peu ce qui lui a été imposé, mais je suis sûre que cette photographe et d’autres encore ont réussi à garder leur visage et leur identité, leur individualité.

    RFI : Cela nous paraît étonnant ici en Occident combien les femmes sont présentes dans ce livre.
     
    A.G.E. : Il y a beaucoup de femmes photographes. D’une part, il y a le fait qu’elles ne sont pas toujours obligées de gagner leur vie avec le travail, qu’elles font -et Dieu sait que c’est très difficile de gagner sa vie en étant dans le domaine de l’art-, et surtout dans le domaine de la photographie en Iran. D’un autre côté, le fait que la pression est plus probablement sur les femmes, mais probablement aussi dans toute société, surtout dans une société comme l’Iran.
     

    ___________________________________________

    La Photographie iranienne. Un regard sur la création contemporaine en Iran. Sous la direction de Anahita Ghabaian Etehadieh, texte de Daryush Shayegan. Editions Loco, 192 pages, 200 reproductions en quadrichromie. Prix : 32 euros.
    -          Site officiel de la Silk Road Gallery à Téhéran
    -          www.editionsloco.com (site en cours de construction)

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