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    Europe

    Kosice, l'autre capitale européenne de la Culture

    media Kosice, le quartier de la vieille ville. AFP

    Avec Marseille, Kosice partage le titre de capitale européenne de la Culture pour l’année 2013. La deuxième ville de Slovaquie espère réussir à faire autant parler d’elle que le projet provençal. Située à l’est du pays, près des frontières ukrainienne et hongroise, Kosice mise notamment sur le recyclage de son patrimoine industriel et son histoire multiculturelle pour changer son image de ville industrielle, perdue au milieu de l’Europe.

    Il faut du temps pour se rendre à Kosice, même pour les habitants de la capitale Bratislava, toujours prompts à moquer l’accent typique des autochtones, qu’ils ont parfois du mal à comprendre. Cassovia en latin, Kaschau en allemand, Kassa en hongrois, Kosice en slovaque : les noms successifs de la ville témoignent d’une histoire mouvementée au gré des changements de frontières fréquents dans ce coin d’Europe centrale.

    Foyer historique de plusieurs communautés, Kosice compte bien jouer la carte multiculturelle pendant cette année 2013. « Le fait que Kosice soit multiculturelle est un fait historique, rappelle Tomas Cizmarik, en charge de la communication du projet Kosice 2013, et les minorités hongroise, polonaise, ruthène, juive et rom sont toujours très importantes. Nous faisons en sorte que les représentants de ces minorités puissent être intégrés dans notre projet pour présenter leur culture. »

    Réalité multiculturelle

    Une statue de l’écrivain magyar en face d’une chaise vide rappelle que Sandor Marai est un enfant du pays. Parmi les souvenirs qui se vendent le mieux à l’office du tourisme, on en trouve à l’effigie d’Andy Warhol, dont la famille ruthène vivait dans les environs. La réalité multiculturelle de Kosice est cependant aujourd’hui complexe. La communauté juive a été presque entièrement exterminée à la fin de la guerre, certains politiciens détériorent régulièrement les relations entre la majorité slovaque et la minorité hongroise, et les Roms ont été regroupés dans un quartier d’immeubles insalubres tristement célèbre, Lunik IX.

    « C’est une cité qui a été sciemment transformée en ghetto rom par les autorités municipales à partir de 1995, explique Kristina Magdolenova, la directrice de l’agence de presse rom basée à Kosice. La ville a nettoyé le centre-ville de toutes les familles roms qui y vivaient, pour satisfaire les besoins des nouveaux riches slovaques. Tous les Roms ont été regroupés dans ce même quartier, et il était évident dès le départ qu’un ghetto très problématique était créé. »

    Kristina et les journalistes de son agence réalisent l’émission hebdomadaire consacrée à la communauté rom, diffusée sur la télévision publique slovaque. Dans la région, les Roms vivent souvent dans des conditions misérables à la périphérie des villes et villages. Pour elle, Kosice 2013 est une chance pour la culture rom, mais il faudra veiller à en montrer les différents aspects : « C’est important pour que les Roms puissent comprendre leurs racines, leur identité, pour trouver la force de sortir de ce ghetto, pour montrer que nous sommes ici en tant que partenaires et que nous ne vivons pas en marge. »

    Lourd patrimoine industriel

    Malgré les licenciements, bon nombre des 240 000 habitants dépendent encore, directement ou indirectement, des revenus dégagés par le complexe métallurgique local. L’actuel propriétaire américain U.S. Steel, qui serait prêt à vendre, est encore présent partout, de l’équipe locale de hockey sur glace à la salle polyvalente en passant bien sûr par le projet de capitale européenne de la Culture.

    De son lourd patrimoine industriel légué par quatre décennies de communisme, Kosice veut aujourd’hui faire une rampe de lancement pour la culture et la création. C’est à la Tabacka, une ancienne usine de traitement du tabac, transformée en salle de concert et brasserie, que Tomas Cizmarik prépare plusieurs des quelque 300 événements de l’année : « En fait, dans notre projet nous ne construisons aucun bâtiment. Nous utilisons ce que nous avons – des anciennes usines, casernes ou piscines – où les gens avaient peur d’aller ces dernières années parce que c’était dangereux. Nous les transformons en centre d’art contemporain ou centre culturel et les rendons à la population. »

    Les tramways aussi ont pris une nouvelle apparence, avec des graffitis bariolés réalisés par des artistes locaux, dans l’esprit de l’ensemble du projet Kosice qui veut faire la part belle aux cultures urbaines. Amener la culture hors du centre historique de Kosice, c’est l’objectif d’un Français de l’équipe slovaque, avec notamment la transformation d’anciennes grandes chaufferies en lieux de rencontres culturelles pour les habitants des barres d’immeubles qui quadrillent la ville. « On a repeint les façades avec les habitants du quartier, raconte Christian Potiron, installé depuis une dizaine d’années en Slovaquie. On a transformé ces chaufferies en petits centres culturels dont les voisins ont les clés et où ils organisent eux-mêmes leurs événements. »

    Un des blocs de béton vient d’être réaménagé en espace dédié aux sports urbains, avec module pour skateboards et rollers, et piste de danse. Une autre de ces anciennes chaufferies abrite une exposition de photos et un espace de projection de films.

    « Promouvoir l'image de la ville »

    Si certaines voix se sont élevées contre l’investissement d’une centaine de millions d’euros dans le projet Kosice 2013, dans la zone piétonnière qui entoure la cathédrale gothique Sainte-Elisabeth, il est rare d’entendre des critiques négatives. « Si ça peut promouvoir l’image de notre ville et amener des visiteurs, alors ce sera gagné », estime Josef Nagy, retraité membre de la minorité hongroise qui représente environ 20% de la population de la ville.

    « Ce qui a été investi va pouvoir servir à d’autres projets par la suite », espère le jeune informaticien Tomas, l'une des 6 000 personnes à travailler aujourd’hui dans le secteur des technologies de l’information sur lequel misent beaucoup les autorités locales. « J’aimerais que cela aide au moins les étrangers à situer Kosice sur une carte ! », lâche l’étudiante Eva, qui s’indigne qu’un prestigieux quotidien allemand ait situé Kosice en Slovénie dans un article consacré à Marseille cette semaine.

    Dans les bureaux situés dans la mairie de Kosice, une énorme bâtisse blanche du plus pur style communiste grandiloquent, on sent la pression monter avant le début des festivités. Des jeunes gens fourmillent, très occupés à finaliser les projets d’expositions, performances, concerts et autres festivals organisés tout au long de cette année.

    Christian Potiron a rejoint l’équipe peu après l’attribution du titre à la ville par l’Union européenne en 2008. « Il y avait un sérieux problème de fuite des cerveaux et des talents avant ici, dit-il, mais j’ai l’impression que Kosice 2013 a donné un nouveau souffle et que la tendance est en train de s’inverser ». Le lancement officiel de Kosice capitale européenne de la Culture 2013 est prévu les 19 et 20 janvier, avec un grand concert et le groupe Jamiroquai en tête d’affiche.

    RFI DOSSIER SPECIAL - MUCEM + MP2013

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