Lectures de vacances - 
Article publié le : jeudi 18 juillet 2013 à 18:22 - Dernière modification le : jeudi 18 juillet 2013 à 18:34

Cédric Berrest: «Le Seigneur des anneaux est le premier livre que j'ai lu de ma propre initiative»

Cedric Berrest (g) et Julien Bahain visaient l'or olympique à Londres.
Cedric Berrest (g) et Julien Bahain visaient l'or olympique à Londres.
Christopher Lee/Getty Images

Par Tirthankar Chanda

Rameur français pratiquant l’aviron, Cédric Berrest est un sportif de haut niveau. Médaillé de bronze aux Jeux olympiques d’été de Pékin (2008), il a aussi remporté plusieurs médailles en championnat du monde. Si la lecture vient seulement en cinquième position parmi les loisirs favoris de ce jeune et talentueux sportif - après VTT Enduro, snowboard, bodyboard et shopping -, il nourrit une grande passion pour le récit fantastique. Le Seigneur des anneaux est son livre de chevet et les Hobbits n’ont aucun secret pour lui.

RFI : Comment avez-vous découvert Le Seigneur des anneaux ?

Cédric Berrest: Par aviron ! Je m’explique. Quand j’avais 14-15 ans, j’avais un coéquipier qui le lisait. Un jour, comme il avait laissé traîner le livre dans la chambre, je l’ai pris et j’ai lu la quatrième de couverture, puis les premières pages. Comme ce que j’ai lu m’a beaucoup plu, j’ai continué. Je ne pouvais plus m’arrêter. C’est comme ça que j’ai lu toute la trilogie du Seigneur des anneaux.

Qu’est-ce qui vous a tellement plu dans ce roman ?
Ce livre propose un formidable voyage à travers des mondes imaginaires. J’ai adoré faire ce voyage en compagnie des Hobbits, qui me rappellent les contes de fée de mon enfance, les sagas mythologiques. Cette lecture m’a donné envie d’aller plus loin dans la découverte de l’univers mi-science-fiction, mi fantastique de cet auteur. J’ai lu presque tout Tolkien, ses autres romans, mais aussi ses essais, ses poèmes, ses correspondances.

Quels sont les autres auteurs fantastiques que vous aimez ?
Je n’aime pas systématiquement le fantastique. Les Harry Potter, par exemple, ne m’ont pas accroché du tout. J’ai aimé toutefois Le Trône de fer de l’Américain George Martin. Je l’ai passé à mon coéquipier Julien Bahais avec qui je rame depuis dix ans. Il l’a adoré, tout comme moi.

Petit garçon, aimiez-vous lire ?
Alors là, pas du tout ! Les classiques qu’on m’obligeait à lire à l’école, je les trouvais nuls. Mais je les ai redécouverts en tant qu’adulte. Quand j’ai lu la première fois Le Petit prince, j’ai trouvé qu’il ne s’y passait rien. Mais lorsque je l’ai lu récemment, j’ai éprouvé beaucoup d’émotion. Le Seigneur des anneaux a été vraiment le premier livre que j’ai lu de ma propre initiative. On peut dire que c’est ce livre qui m’a donné le goût de la lecture.

Est-ce que, pour vous, vacances riment avec lectures ?
En fait, je n’ai pas de vacances. Soit je travaille, soit je suis en stage d’entraînement pour préparer les championnats. Mais pendant ces stages, j’ai beaucoup de temps libre, car les entraînements ont lieu le matin et le soir. Entre les deux séances d’entraînement, j’ai le temps de lire. Même quand je suis en compétition, il m’arrive de lire entre deux épreuves qui n'ont jamais lieu le même jour.

Quel genre de livre lisez-vous pendant ces moments de détente ?
Des polars, mais surtout des biographies des sportifs. J’aime comprendre comment les champions sportifs vivent de l’intérieur leurs réussites ou leurs échecs. De l’extérieur, on a une image souvent fausse de leur vie. Je m’en suis rendu compte en lisant Open, la biographie d’André Agassi paru en France il y a quelques années. Manifestement, Agassi détestait le tennis. Il menait une vie complètement dingue, mais avait pourtant su électriser les foules. Je serais curieux de lire demain la biographie d’un Nadal ou d’un Federer pour mieux comprendre leurs mobiles, leurs motivations, leurs comportements. Se croient-ils imbattables avant d’entrer dans le terrain ? En tant que sportif moi-même, j’apprends beaucoup sur mes propres réactions en lisant ces bios. Même les grands champions passent forcément par des moments difficiles. Cela me rassure. Je me dis que je ne suis pas le seul sportif à avoir connu le doute et l’angoisse.

Vous êtes livre-papier ou livre numérique ?
Je suis passé du papier au numérique sans difficulté sensible. Avoir ses livres sur sa tablette est quand même beaucoup plus pratique que de devoir les transporter. Savez-vous quel est le premier livre que j’ai lu en format numérique ? C’est la réécriture parodique du Seigneur des anneaux, qui épouse systématiquement le point de vue des méchantes Orques, ennemies des Hobbits au service du Seigneur des Ténèbres. Ce livre n’existant qu’en PDF, j’ai été obligé de le lire en numérique. Mais quand un livre me plaît vraiment, je finis par l’acheter.

Aimez-vous qu’on vous offre des livres ?
Oui, surtout s'il s'agit d'ouvrages photographiques. J’aime les photos de mode, mais aussi des photos représentant les rameurs en action. L’aviron est, selon moi, une discipline sportive particulièrement esthétique. Il a beaucoup inspiré les photographes.

Comment est né votre intérêt pour ce sport ?
C’est un héritage familial puisque mon père et mon oncle faisaient de l’aviron quand ils étaient jeunes. Mon frère s’y est mis aussi. Je n’ai fait que suivre dans les pas de mes aînés. Avant l’aviron, j’ai fait sept ans d’escrime. Mais c’est en tant que rameur que j’ai réussi à réaliser pleinement mes potentialités sportives.

A vous entendre parler de l’aviron, on a l’impression qu’il s’agit moins d’un sport que d’une philosophie !
Ce sport me plaît, car on est loin du sport business. Pour moi, faire de l’aviron, c’est acquérir une discipline de vie, au diapason avec le rythme de l’eau. C’est un sport écologique, car le secret de la réussite passe par l’équilibre délicat à trouver avec la nature. J’ai lu pas mal de livres sur l’aviron, sur ses origines et son développement. C’est en Angleterre que les premières compétitions ont eu lieu au XVIIIe siècle. Les Anglais pratiquent l’aviron comme une ascèse. Je m’inscris volontiers dans cette tradition-là.

tags: Littérature - Livres - Sports
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