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exposition Photographie

Henri Cartier-Bresson, l'œil du siècle s'est formé en Afrique

media George Hoyningen-Huene : Henri Cartier-Bresson, New York, 1935 The Museum of Modern Art, Thomas Walther Collection, Purchase, New York. Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos, courtesy Fondation HCB

Ses carnets Impressions d’Afrique figurent parmi les très nombreuses découvertes à faire dans l'exposition Henri Cartier-Bresson (1908-2004). Le Centre Pompidou à Paris présente à partir de ce mercredi 12 février plus que 500 tirages originaux, mais également des dessins, des peintures et des films de ce géant de la photographie du 20e siècle qui était un homme viscéralement anticolonialiste. Entretien avec le commissaire Clément Chéroux.

L’exposition nous accueille avec la célèbre photographie de 1932 des deux voyeurs belges dont l’un nous regarde avec un œil détourné et gêné. Pourquoi cette entrée en matière ?

On commence par ces deux personnages qui regardent un spectacle à travers une tenture, à travers un grand drap. On les s’imagine regarder par le petit trou de la serrure. C’était l’idée qu’il fallait commencer par des regardeurs pour nous donner envie de regarder un spectacle qui serait encore dissimulé derrière un rideau. L’exposition s’évertue à ouvrir ce rideau, à ouvrir Cartier-Bresson.

Tout de suite après apparaît un album de famille avec des photos montrant un parc, des gens en tenu de tennis, de l’escrime ou en soutane, mais aussi, surprise, des dessins et des peintures. Quelle importance ont-ils dans l’œuvre du photographe Henri Cartier-Bresson ?

À l’âge de 12 ans, il commence à faire des photographies avec un petit appareil. À ce moment-là, il dessine aussi. On montre quelque petits croquis qu’il avait réalisés à l’époque. Il veut d’abord être peintre. Il va apprendre la peinture à l’académie d’André Lhote à Paris dont il retiendra l’enseignement de la géométrie et de la composition. Début des années 1930, il décide de devenir photographe, mais il gardera toujours quelque part en tête cette passion, cette fascination pour la composition, pour la peinture. D’ailleurs, à la toute fin de sa vie, il reviendra au dessin.

Vous avez rassemblé 360 tirages du maître. René Burri de l’agence Magnum avait décrit l’obsession d’Henri Cartier-Bresson pour le petit cadre noir autour de la photo qui témoigne de l’authenticité du cliché et l’absence d’un recadrage de la photo. Pourquoi insistez-vous tellement sur les supports originaux que HCB avait lui-même utilisés ?

L’enjeu de cette exposition est de montrer les tirages d’époque. Montrer des photos des années 1930 dans des tirages des années 1930, etc. Jusqu’à présent, quand Henri Cartier-Bresson faisait une exposition tout était tiré pour l’exposition. Cela donnait une idée assez uniforme de l’œuvre. On veut montrer le parcours de Cartier-Bresson à travers le 20e siècle, que le Cartier-Bresson des années 1930 n’est pas le même que celui des années 1960. On ne peut pas figer Cartier-Bresson dans une espèce de statue immuable.

HCB, c’est l’œil du siècle et des continents. Il a parcouru le monde : la France, l’Europe, la Chine, l’Inde, le Japon et aussi l’Afrique. Au début des années 1930, il a entrepris un voyage où il avait découvert le Cameroun, le Togo, le fleuve Niger, le Soudan français. Vous montrez des images très étonnantes qu’il avait faites en Côte d’Ivoire : des petits enfants nus, des pirogues, des dockers… En quoi ces Impressions d’Afrique ont-elles joué dans la carrière photographique de Cartier-Bresson ?

L’expérience africaine était très importante, parce que c’est le premier voyage de Cartier-Bresson. Il a tout juste 21 ans, il vient d’accéder à la majorité. À ce moment, il décide de partir en Afrique. Cela sera le début d’une longue suite de voyages. C’est quelqu’un qui aimait beaucoup voyager, qui aimait le dépaysement. À travers ces voyages, Cartier-Bresson a été un des grands témoins du 20e siècle. Il est partout là où il faut, au bon moment : la Guerre d’Espagne, la Seconde Guerre mondiale, les guerres de décolonisation, l’assassinat de Gandhi, la période de dégel en Union soviétique… On a l’impression qu’il a un don pour être toujours au bon moment au bon endroit.

Les images prises en Afrique donnent l’impression que c’était là où il avait commencé à expérimenter, avec des plongées de vue, des perspectives à vol d’oiseau, des cadrages différents, et que c’était aussi le début de son engagement anticolonialiste ?

C’est vrai, lors de son voyage en Afrique, il est assez dégoûté par la politique coloniale française et il reviendra avec un très fort sentiment d’anticolonialisme. Ce voyage est très important parce que, à ce moment où il part en Afrique, il n’est pas encore photographe, mais il va commencer à photographier dans une tradition qui est celle de la Nouvelle Vision, ce style photographique qui vient de l’URSS, qui est passé par l’Allemagne du Bauhaus pour arriver ensuite en France. Il va donc photographier l’Afrique à travers de cet objectif de la Nouvelle Vision. Très rapidement, il va comprendre que ce qu’il lui intéresse, ce sont des corps en mouvement, les harmonies que créent les corps des personnes qu’il photographie.

Foule attendant devant une banque pour acheter de l’or pendant les derniers jours du Kuomintang, Shanghai, Chine, décembre 1948. Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos, courtesy Fondation HCB

Qu’est-ce qui se passe à son retour en France ?

C’est seulement à son retour en 1931 qu’il découvre dans la revue Arts et Métiers graphiques une photographie de Martin Munkácsi [photographe hongrois (1896-1963) qui a travaillé en Allemagne et les États-Unis, ndlr] représentant trois petits enfants courant vers des vagues du lac Tanganyika. À ce moment, Cartier-Bresson se dit : c’est exactement ce que je veux faire. C’est exactement cette harmonie, cette composition de corps. Il ne l’a pas encore réussi pendant le voyage en Afrique. On voit qu’il a déjà fait quelques images qui tendent vers cela, mais il n’arrive pas encore à obtenir ces images. Il va lui falloir quelques années de pratique, changer d’appareil, passer au Leica, son appareil fétiche à partir de 1932, pour arriver à obtenir les images dont il rêve.

Par rapport à son voyage au Mexique dans les années 1930, le photographe mexicain Pablo Oritz Monasterio a souligné qu’il avait trouvé des photos de Henri Cartier-Bresson qui sont pratiquement similaires aux photos du grand maître Alvarez Bravo, sauf que ce dernier les avait prises avant Cartier-Bresson. Est-ce qu’on sait aujourd’hui plus sur les « modèles » qui ont influencé le travail d’Henri Cartier-Bresson ?

Non, il y aura un travail très précis à faire sur ces rapports entre Alvarez Bravo et Cartier-Bresson qui se fréquentent en 1934 au Mexique, qui exposent même en France. C’est vrai, on voit beaucoup de sujets qui sont très semblables, parfois avec des problèmes de datation qui fait qu’on n’est pas totalement sûr si c’est Alvarez Bravo qui a fait les photos en premier ou Cartier-Bresson. Je crois qu’il y a une véritable enquête à mener. Et j’espère qu’on pourra la faire un jour.

Cartier-Bresson n’avait pas de problème avec le cinéma, il était même l’assistant de Jean Renoir pour La Règle du jeu - selon Gilles Jacob le plus beau film dans l’histoire du cinéma français. Mais il avait une grande réticence par rapport à l’avènement de la couleur dans la photographie, même s’il l’avait pratiquée par « nécessité professionnelle ». Comment Cartier-Bresson avait-il affronté la victoire de la couleur et l’apparition du numérique avant sa mort en 2004 ?

A ma connaissance, il n’a jamais fait des photographies en numérique, il est toujours resté à l’argentique. Quant à la couleur, pour lui cela a été toujours une contrainte. C’est quelqu’un qui aimait vraiment le noir et blanc, qui aimait la gradation, les différents gris du noir et blanc, qui aimait composer ses images en noir et blanc. Il avait beaucoup de difficulté de composer en couleur. Donc il avait la couleur pour la presse, parce que Paris Match, Life, Stern etc. lui ont demandé des couvertures en couleur, mais c’est quelque chose qu’il n’aimait pas. Il a d’ailleurs toujours refusé de montrer ces photographies couleur. Nous montrons quelques-unes dans l’exposition, mais plutôt comme des documents et non pas comme des œuvres.

Il n’y a pas un, mais plusieurs Cartier-Bresson.
Clément Chéroux, commissaire de l’exposition « Henri Cartier-Bresson » au Centre Pompidou Paris 12/02/2014 - par Siegfried Forster écouter

→ Henri Cartier-Bresson, du 12 février jusqu’au 9 juin au Centre Pompidou, Paris.

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