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    Culture

    Suzanne Vega, plus mystique et plus libre

    media La chanteuse Suzanne Vega DR

    Avec ses grands succès, « Luka » ou « Tom’s Diner », Suzanne Vega a écrit la bande-son des années 1980 et 1990. Elle sort son nouvel album, le premier composé de nouveaux titres depuis sept ans. Des balades folk lumineuses qui parlent de notre monde… et de celui des esprits. Rencontre avec l'artiste new-yorkaise, 52 ans, de passage à Paris.

    RFI : Ce nouvel album, Tales from the realm of the Queen of Pentacles, est empreint d’une grande spiritualité, avec des références à la Bible ou au tarot. Est-ce quelque chose d’important pour vous ?

    Suzanne Vega : Oui, la spiritualité a toujours été importante pour moi. C’est la spiritualité qui donne un sens à ce monde, qui n’en aurait pas sinon. Je pense que les gens ont besoin de trouver un sens à leur vie. Moi-même, j’en ai longtemps cherché un. Une vie sans spiritualité, ça peut être très laid, très étriqué, très dur. Plus je vieillis, plus je ressens l’existence de ce monde des esprits, et j’avais envie d’écrire sur ça.

    Dans une chanson, vous expliquez qu’il faut s’éloigner des contingences matérielles. Est-ce que la société de consommation actuelle vous inquiète ?

    Ce n’est pas seulement la société qui m’inquiète, c’est moi, aussi, qui m’inquiète, pour être honnête ! J’ai eu un énorme succès dans ma jeunesse, je me suis achetée une grande maison de rock star, j’ai acheté plein de fringues et puis, un jour, il faut se débarrasser de tout ça… D’année en année, je me dis : « écoute, tu ne pourras pas emmener tous ces trucs avec toi… Tu achètes des pulls, et les mites viennent les manger… Tu épargnes, tu mets de l’argent de côté, mais finalement, ça sert à quoi ? ». Bien sûr, ça sert à rendre les gens un peu plus heureux, à ce qu’ils se sentent mieux, mais il ne faut pas devenir avide, il y en aura pour tout le monde. C’est ce que je me dis en ce moment.

    C’est pour ça que vous vous intéressez au mouvement Occupy Wall Street ?

    C’est mon mari qui est très impliqué dans le mouvement Occupy Wall Street. C’est un avocat des droits civiques, il défend des accusés dans affaires criminelles aussi. Sa spécialité, c’est la violence policière. Occupy Wall Street, c’est vraiment son domaine. Il a beaucoup travaillé bénévolement, il a dû défendre environ 150 personnes. Des activistes nous appelaient, la nuit, à la maison. Ils nous disaient : « J’ai été arrêté » ou « un copain a été arrêté »…

    Personnellement, je n’aime pas les manifestations. Je suis allée à plein de défilés quand j’étais petite. Mes parents étaient très engagés et ils m’emmenaient à beaucoup de manifestations et je trouvais ça terrifiant. Mais mon mari adore ça, c’est son boulot, donc je vis avec !

    « Horizon », la dernière chanson de votre album, est dédiée à Vàclav Havel, l’ancien président tchèque, initiatieur de la Révolution de velours en 1989. Dans quelle circonstance l’avez-vous rencontré ?

    Je l’ai rencontré un jour où il donnait une fête au château de Prague pour son anniversaire. Moi, je jouais à une heure de route de là, environ. Il me demandait si je pouvais venir chanter pour son anniversaire. Alors je lui ai enregistré une vidéo et je la lui ai envoyée : j’ai choisi la chanson « Tom’s Diner ». Je pensais qu’il l’aimerait, d’abord parce que c’est un tube et ensuite, parce que je savais qu’il allait se rendre à l’université de Columbia, à New York, et le fameux restaurant Tom’s Diner est tout près de Columbia.
    Donc, j’ai chanté cette chanson, ça lui a vraiment plu. Le lendemain, j’étais invitée à prendre le petit-déjeuner avec lui au château de Prague. J’ai mis ma plus belle robe, j’y suis allée et nous sommes devenus amis. Il venait à mes concerts quand je jouais à Prague ou quand il passait par New York…

    Vàclav Havel incarnait aussi une forme de révolution pacifique …

    Exactement. J’étais tellement fière qu’il m’invite au 20e anniversaire de la Révolution de velours ! Il y avait un concert avec Lou Reed, Joan Baez, Renée Flemming et moi. J’étais très émue. Il incarnait une forme de résistance, une autorité morale. Simplement en étant lui-même, en étant sincère, il a réussi cet énorme changement en Europe de l’Est, et je l’admirais pour ça.

    Ce nouvel album est publié sur votre propre label. S’affranchir de l’industrie du disque, c’est la condition pour être libre aujourd’hui ?

    Ca dépend. Pour certains chanteurs, c’est super d’avoir une grosse maison de disque. Moi, j’ai bien aimé le temps passé dans une « major ». D’ailleurs, c’est l'un des sujets sur lesquels je me disputais parfois avec Lou Reed (rires). Il me disait : « Pourquoi tu ne viens pas aux manifs ? ». Moi je trouvais ça un peu hypocrite. J’ai été « dans le système » pendant 18 ans, ma maison de disque était une multinationale, je touchais mes 12%, et j'allais descendre dans les rues, en disant que j’étais contre la voracité des multinationales ? Ca me semblait très hypocrite. Et Lou Reed me répondait : « Bon, 12% c’est pas beaucoup, et puis c’est du passé. »

    Franchement, je me sentais très bien dans cette grosse maison de disque. Mais ça va moins bien quand tu es une femme et que tu vieillis. Comme moi. C’est pour ça que j’ai choisi d’avoir mon propre label. Peut-être que je pourrais engager d’autres chanteurs, des poètes qui me plaisent, des gens en qui je crois…

    Sur scène, vous chantez toujours « Luka », une chanson sur l’enfance maltraitée, inspirée par votre propre vie. Est-ce une souffrance d’interpréter ce titre, ou est-ce une sorte de thérapie ?

    Je n’ai jamais vu cette chanson comme une thérapie. J’ai suivi une psychothérapie pendant 25 ans, j’ai assez donné, croyez-moi. Je pense que « Luka » sert la cause des enfants maltraités, que le public a besoin de l’entendre. Aujourd’hui encore, j’ai reçu un message de Corée du Sud. Un homme me disait qu’il avait entendu cette chanson et que ça lui avait sauvé la vie. Et moi aussi, j’ai toujours besoin de la chanter, je me sens vraiment reliée au public par cette chanson.

    Ce qui est drôle, c’est que, juste après, sur scène, je chante « Tom’s Diner », qui est devenue une chanson pour faire la fête (rires). Donc j’enchaîne une chanson sur la souffrance, sur ce petit garçon très déterminé à vivre, à vivre libre … avec cet autre titre « Tom’s Diner » que tout le monde a en tête depuis le lycée… Donc il n’y pas que de la souffrance, il y a de la souffrance et de la joie.

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