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    Culture

    Le réveil du Masa

    media Magic System a « enjaillé » le Félicia. RFI/Pierre René-Worms

    Le Marché des arts du spectacle africain est de retour après sept années d’interruption. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée ce samedi 1er mars au Félicia, le stade Félix Houphouët-Boigny, haut lieu des exploits de l’équipe nationale de football.

    De notre envoyé spécial à Abdijan, Pierre René-Worms

    En féru de ballon rond et artiste africain de premier ordre, le ministre sénégalais Youssou Ndour était l’un des invités d’honneur de cette édition de relance. Il est venu assister au réveil du Masa. Il n’a pas été déçu. Salif Keita, Magic System et le duo nigérian P-Square ont enflammé les 15 000 spectateurs venus assister au renouveau de ce marché professionnel qui se veut également une grande fête populaire.

    La pelouse du stade Houphouët-Boigny était bien haute après les averses de ces derniers jours, les barres transversales des buts servaient de supports aux banderoles publicitaires, le terrain de foot transformé en piste de danse. Drogba et les siens n’auraient pas reconnu le terrain sur lequel ils se sont qualifiés il y a quelques mois pour le Mondial brésilien.

    Suspens pour cause de clavier récalcitrant

    16h. Le spectacle devrait commencer, la loge présidentielle se remplie, l'espace VIP également, mais les ingénieurs du son en sont toujours à vérifier le branchement des câbles pendant que les musiciens de Dobet Gnahoré attendent stoïquement pour attaquer leurs balances. Mais le clavier demeure récalcitrant et il faut d'urgence en trouver un de remplacement. Le batteur découvre sa batterie avec des peaux détendues et passe 20 minutes à l'accorder sur scène.

    Il est déjà 17h, le public attend sagement, mais les balances auraient sans doute pu être faite plus tôt et sans la présence du public ! « Quand c'est la production qui est en retard, c'est la technique qui trinque. Ce qu'il faudrait faire en quatre jours, on le fait en deux jours », grogne Lao Stanislas Juste, l'ingénieur du son des retours scène. « On a livré la scène hier, installé un chapiteau à cause de la pluie puis commencé les balances cet après-midi à 14h alors que l'ouverture des portes était programmée pour 10h ! ».

    17h12. En plein milieu de la balance de Dohet Gnahoré, le régisseur vient interrompre la répétition car le Premier Ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan, Abdou Diouf le président de l’OIF et les officiels arrivent en tribune d’honneur. Place donc au début de la cérémonie officielle alors que les derniers réglages sont en cours. Une cérémonie retransmise d’ailleurs en direct à la télévision nationale.

    Le Masa se veut une grande fête populaire en plus d’être un marché d’échanges et de réflexion entres professionnels. Aussi quand le gouverneur du district d'Abidjan annonce que l’entrée du stade est désormais gratuite, nombreux sont ceux qui quittent leur domicile et leur petit écran pour venir « enjailler » au Félicia. Dommage pour ceux qui ont payé, tant mieux pour ceux qui sont proches et peuvent venir participer gracieusement à cette grande fête de l'Afrique.

    Il est 19h quand prend fin plus d'une heure trente de discours qui sont une succession de déclarations pour une nouvelle politique culturelle africaine. Le Premier ministre Daniel Kablan Duncan entend bien de faire d'Abidjan la capitale africaine et francophone de la culture. Voilà pourquoi malgré les années de crise politique traversées par la Côte d’Ivoire, aucun gouvernement ivoirien n’a voulu lâcher cette manifestation que beaucoup de pays voulaient récupérer.

    19h20. Alors que le groupe marocain Ribab Fusion entame son premier titre, plus de son et de lumière sur la scène ! Tout a disjoncté. « Pour un show en direct à la télé ça fait pas très sérieux », se désole dit un musicien de Dobet Gnahoré. Plus de 100 000 watts sonores ont sauté et vidé la tribune présidentielle. Après une coupure de quinze minutes, le son et la lumière reviennent, mais il faudra baisser l’intensité des éclairages car la tension est trop forte.

    Salif Keïta en superstar habituée des lieux

    19h45. Grande show-women avec une voix de diva rock bété, Dobet Gnahoré enflamme en 10 minutes le Felicia et s’en va laissant le public sur sa faim. Salif Keita vient pour la seconde fois au Masa. « Pour moi, être présent à cette fête de la musique africaine est une évidence. Je suis heureux d'être là car il y a enfin la paix en Côte d'Ivoire qui est mon second pays. Je me souviens avec nostalgie de mes années ici et je me devais de venir ici avant d’entamer ma tournée européenne », confie le Domingo sous sa tente climatisée installée sur la piste d’athlétisme derrière la scène.

    Il est 20h30 quand une seconde coupure de courant intervient après le show des Daara J. Les musiciens de Salif Keïta sont déjà sur scène. Mais rien n'y fait. Dans le salon d'honneur, le ministre de la Culture Maurice Bandama reste seul, stoïque avec son téléphone, à maudire cette technique qui gâche cette fête du renouveau. Cette soirée qui devait marquer le retour en grande pompe de la Côte d'Ivoire sur la scène culturelle tourne quelque peu au vinaigre. La télévision nationale est obligée de passer un documentaire pour meubler. Salif Keïta est reclus, bougon, dans sa loge.

    Youssou Ndour, lui, reste cool en tribune officielle. Il est venu assister au réveil du Masa et est tout à son plaisir d’être de l’autre côté de la barrière. « Le plus important est que le Masa existe à nouveau, des problèmes techniques j’en ai connu partout sur le continent, ce n’est pas ça qui doit gâcher la fête ». Tout reviendra enfin en place après une coupure de 45 minutes, et à 21h15 Salif Keita arrive sur scène pour un show expédié en
    25 minutes.

    Magic System irréprochable

    22h. Magic System monte sur scène et annonce que le Masa est de retour pour le bonheur de tous les artistes africains. Eux sont vraiment fidèles à cette manifestation qui leur a permis en 2001 d’être repérés par les programmateurs et d’entamer la carrière internationale que l’on sait. Ambiance et bonne humeur au rendez-vous avec les quatre ambianceurs d'Anemoubo venus faire le show un mois avant la prochaine édition de leur festival où ils inviteront Alpha Blondy et Amadou et Mariam pour ce festival gratuit qui fait courir toute la jeunesse des quartiers.

    22h30. Cohue monstre pendant le set des Magic System. Sur la piste d'athlétisme, vingt militaires escortent deux 4x4 et une grosse limousine suivie d'un bus siglé délégation marocaine. Est-ce le roi du Maroc en visite officielle à Abidjan ? Non, ce sont les P-Square ! Pendant ce temps, Magic System enchaîne d'une manière irréprochable seize titres et s'amusent comme des gamins sur la scène d’un stade où ils ont leurs habitudes. Ils finissent par un « Premier Gaou » qui, quinze ans après, fonctionne comme aux premiers jours.

    23h. En sortant de scène, Asalfo et ses trois amis d’enfance qui forment le groupe de danse numéro un de l'espace francophone va saluer Peter et Paul, les deux frères jumeaux de P Square numéros un dans l'espace anglophone. Rencontre au sommet où Asalfo est aux anges de rencontrer ces artistes qu’il affectionne au plus haut point.

    23h15. Les P-Square débarquent sur scène dans leur costume futuriste. Play back ou pas ? Sampleur ou pas ? Ce qui est sûr, c’est que les frères jumeaux tiennent à faire un show irréprochable aux normes américaines. Plutôt que les approximations du live, il est plus sûr pour eux de présenter la perfection du son patiemment obtenu des mois en studio. En tout cas, le show est digne de ces rois de la dance music africaine et le public venu en nombre assister à ce show à 100 000 euros - que le Masa à pu présenter grâce à un généreux sponsor. Un spectacle qui « enjaille » les spectateurs qui voulaient enfin découvrir en chair et en os ces artistes sur lesquels ils se déhanchent depuis des années.

    Le Masa est désormais bien lancé. Place désormais aux jeunes talents et aux professionnels venus échanger ce qui est aussi sa raison d’être.

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