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    Culture

    Les paparazzis entrent au musée

    media Kate Moss lors de la Fashion Week, Paris, 1992. Bruno Mouron

    Elles sont partout ces photos volées. En une des magazines, photos de stars, d'hommes et de femmes publics surpris par un flash dans leur intimité. Avec Paparazzi ! Photographes, stars et artistes, le centre Pompidou-Metz consacre une exposition au phénomène et à l'esthétique de la photographie paparazzi. 600 œuvres qui parcourent un demi-siècle de chasse à l'image et montrent comment l'esthétique des paparazzis a influencé les artistes. Une bonne exposition qui crée du débat, à voir jusqu'au 9 juin.

    Les paparazzis au musée, c'est aussi une forme de consécration pour un métier décrié dont les pratiques sont souvent qualifiées de douteuses. Les paparazzis estiment qu’ils ne sont là que pour montrer la vérité, leurs victimes les comparent à des « charognards ».

    La vocation des musées, c’est également de questionner l'air du temps, la célebrité, l'hypermédiatisation, la frontière de plus en plus mince entre le public et le privé. L’exposition Paparazzi ! rejoint l'actualité avec la récente affaire des photos volées du président Hollande qui rendait visite à sa maitresse, des photos qui ne sont pas exposées à Metz.

    Une expo qui sent le soufre

    C'est une exposition qui a été critiquée avant même son ouverture par ceux qui ne l'ont pas vu, mais ont une opinion sur tout ou ont parfois été victime des paparazzis. Mazarine Pingeot, fille de François Mitterrand a vu son existence révélée au grand jour par une photo volée et ne voit évidemment rien d'artistique dans la démarche d'un paparazzi. Bref, c'est une exposition qui sent le soufre et qui est pourtant très bien faite. On est tantôt voyeur, tantôt paparazzi, tantôt la proie de ces chasseurs d'intimité sans scrupules, prêts à tout pour vendre un cliché croustillant.

    Le visiteur est pris dans les flashs dès l'entrée par une installation crépitante de l'artiste irlandais Malachi Farrell qui nous soumet au rituel hystérique du tapis rouge. Puis très vite, on s'intéresse à la figure du paparazzi, à son matériel, comme cet édifiant fusil téléobjectif Leica datant de 1940.

    Certains clichés nous rappellent que l'on vole des images depuis l'invention de la photo comme en témoigne cet instantané du chancelier allemand Bismarck sur son lit de mort datant de 1898. Il est installé juste à côté de celui de François Mitterrand, photo volée à presque un siècle d'intervalle.

    Paparazzi = testostérone

    Les paparazzis sont toujours des hommes et leurs cibles essentiellement des femmes : Brigitte Bardot, Jackie Kennedy, Lady Di, Liz Taylor, Catherine Deneuve… ont payé un lourd tribut. Francis Apesteguy, paparazzi pendant plusieurs années se souvient : « Je me suis beaucoup amusé à jouer au chat et à la souris. J’ai adoré cette adrénaline, les cavalcades, les poursuites en voiture à travers Paris, pédale au plancher. Deneuve était dingue, elle roulait à fond, brulait tous les feux et moi pareil derrière. C’était comme dans un film de Chaplin, ça tenait du miracle (…) Quelquefois on reçoit des coups dans la figure, mais ça, c’est le tarif quand on emmerde le monde. Et puis l’argent aussi est un moteur. Nous nous ne faisons pas partie de la presse officielle, nous sommes dans la presse de la vérité, c’est le jeu de la vérité, cruel, mais c’est la vérité. »

    Une esthétique paparazzi ?

    À Metz, l’exposition montre comment les artistes se sont emparés de l'esthétique paparazzi. Clément Chéroux, le commissaire de l'exposition revendique une approche scientifique et historique : « Les paparazzis travaillent avec des dispositifs techniques très contraignants, le flash, le téléobjectif, ce qui donne à leurs photos ce grain sale. Ces contraintes ont créé une esthétique involontaire. Bien sûr, les paparazzis ne sont pas des artistes, ils se lèvent le matin en allant voler des images. À partir du pop art, nous avons voulu montrer comment des artistes se sont emparés de cette esthétique involontaire. Andy Warhol dit que les photographies des paparazzi sont parmi les plus géniales qu’il ait vues. Helmut Newton est fasciné et a recréé des photos de paparazzi à travers ses propres créations ».

    Et cette fascination dure encore. À Metz, le centre Pompidou expose une série du photographe Christophe Beauregard qui s'est inspiré de l'univers paparazzi pour créer une œuvre singulière. Il a mis en scène de vrais paparazzis en leur demandant de poser avec leurs costumes de planque. Cela va de l’homme feuille, au touriste qui entre les hôtels, à l’homme au masque de vieillard, ou au paparazzi déguisé en malade pour pénétrer dans les hôpitaux. Christophe Beauregard se garde bien de tout jugement moral sur les pratiques paparazzis, mais explique que cette esthétique un peu sale, floue, surexposée du cliché paparazzi est intéressante parce que « c'est justement ce qu'on ne vous apprend pas dans une école de photographie ».

    Une vocation ?

    Beaucoup de paparazzis rêvaient à l'origine d'être de grand reporter photographe et puis le hasard, la vie, les rencontres, l'appât du gain aussi qui n'est pas négligeable- une photo volée de star qui fait le tour du monde peut se monnayer en centaines de milliers d'euros- ont fait le reste.

    Xavier Martin a été paparazzi pendant quelques années. Il était dans les années 1960 un jeune photographe sans relation. La seule chose qu'une agence a accepté de lui prendre ce sont « des photos de gens connus ». Premières photos et premiers gains avec Grace de Monaco promenant son chien à Paris.

    Aujourd'hui, les stars se mettent souvent en scène elles-mêmes, le numérique et les réseaux sociaux ont changé la donne. De nombreuses stars tentent de garder le contrôle de leur image, même si le métier a encore de beaux jours devant lui au vu des tirages de ce qu'on appelle la presse people.

    → Paparazzi ! Photographes, stars et artistes, jusqu'au 9 juin au Centre Pompidou-Metz.

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