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    «Girafada», conte politique à hauteur d’un enfant et d’une girafe

    media Girafada est le premier long métrage du réalisateur palestinien Rani Massalha. Pyramide Distribution

    Quand une girafe se promène nonchalamment entre Israël et la Cisjordanie, cela donne un film plein de tendresse qui est sorti cette semaine sur les écrans français. Girafada est la contraction des deux mots « girafe » et « Intifada ». C'est un conte inspiré de faits réels, une autre vision du conflit au Proche-Orient. La Palestine avec les yeux d'un enfant… et d'une girafe ! C'est le premier long métrage du réalisateur palestinien Rani Massalha. Entretien avec lui et l'actrice principale du film, Laure de Clermont.

    Votre film Girafada part d’une histoire vraie qui s’est passée en 2002. C’est la mort d’une girafe dans le zoo de Qalqiliya en Cisjordanie, en Palestine. Et il faut trouver un nouveau compagnon à la girafe survivante. Vous avez imaginé que le vétérinaire devait faire venir la girafe d’un zoo israélien, de Tel-Aviv.

    Rani Massalha: Oui, ça a été inspiré d’un fait divers. Donc il y a vraiment une girafe qui est morte dans le zoo de Qalqiliya. Suite à un bombardement, elle a paniqué et s’est heurté la tête contre la barrière de son enclos. A l’époque j’ai énormément participé à ce fait divers, parce que j’ai tout fait pour ramener une girafe à ce zoo palestinien. J’ai échoué dans ma tentative. En plaisantant avec le vétérinaire du zoo palestinien, je lui ai dit : ah, ce serait rigolo de kidnapper une girafe de l’autre côté du mur et de la ramener dans ton zoo. De là est sortie la genèse du film.

    Laure de Clermont, vous aviez entendu parler de cette histoire de girafe dans un zoo en Palestine ?

    Pas du tout. C’est Rani qui m’a parlé de cette histoire. Quand il a lu une dépêche AFP il y a quelques années, il m’a parlé en disant : voilà, il y a cette girafe qui est morte dans ce zoo… Il m’a raconté cette histoire. Moi, je suis très sensible aux animaux. Donc du coup j’ai été tout de suite très séduite par l’histoire et donc ensuite par le pays.

    Girafada est donc un conte. Mais il y a en toile de fond la deuxième Intifada, la révolte des pierres en Palestine. Dans ce film, les Palestiniens ont l’air être autant enfermés derrière le mur israélien que les girafes dans leur enclos dans le zoo de Qalqiliya.

    Rani Massalha: Oui, c’était important de faire une sorte de mise en abyme, comme ça. Cet animal qui est dans une cage à l’intérieur d’une prison à ciel ouvert, parce qu’aujourd’hui malheureusement, la Palestine c’est ça. C’est un pays qui est encerclé par un mur où des check-point, c’est un quart de leur territoire, avec des colonies qui poussent… Maintenant, le film n’est pas un film politique. Ce n’est pas un film militant. C’est l’histoire d’un père et de son fils et de leur combat pour donner espoir à leur zoo, pour sauver la girafe de leur zoo. Et c’était très important d’avoir en toile de fond quand même politique, parce qu’on ne peut pas faire de film qui traite de la Palestine sans en parler. Donc je dirais que le film c’est une sorte de conte politique à hauteur d’enfant.

    Laure de Clermont, pour vous aussi c’était important que ce film ait ce double aspect, un conte également politique ?

    Oui, je trouve que c’est une belle manière de parler de cette histoire, de ce conflit. Et d’une façon assez unique d’ailleurs. D’habitude, les films sur ce conflit sont beaucoup plus réalistes, beaucoup plus durs. Là on est vraiment sur le charme d’un conte.

    Girafada est filmé évidemment à hauteur de girafe. Mais, vous l’avez dit, aussi à hauteur d’enfant, puisque l’un des personnages principaux c’est le fils de ce vétérinaire du zoo de Qalqiliya, qui vit seul avec son père depuis la mort de sa mère. Est-ce que, dès le départ, c’était un parti pris d’avoir ce regard d’enfant sur le conflit au Proche-Orient ?

    Rani Massalha : Bien sûr. Parce que vous savez, dans toutes les guerres, les enfants sont un peu oubliés. Alors que leur enfance est volée. L’enfance d’un citoyen dans la ville de Qalqilyia, elle est constituée d’un mur qui fait treize mètres de haut. Il ne peut pas voir la Méditerranée qui est à 13 kilomètres de chez lui. Le zoo de Qalqiliya c’est le seul endroit où un enfant a encore le droit d’être un enfant. C’était très important pour moi de prendre le point de vue d’un enfant palestinien pour traiter de ce conflit. Et à partir du moment où j’ai eu l’idée de faire le film et raconter cette histoire de girafe, ça me paraissait complètement naturel d’incorporer un enfant et le vétérinaire avec. Et finalement l’histoire du film c’est quoi ? C’est une girafe israélienne qui va retrouver une girafe palestinienne. Et c’est une histoire d’amour aussi ! Vous voyez ? Deux girafes ! [rires]

    Ecouter l’interview avec le réalisateur Rani Massalha et l’actrice Laure de Clermont

    Le tournage de Girafada a eu lieu à Naplouse, alors que beaucoup de films sur la Palestine ne sont pas tournés dans la région. Ça rajoute certainement de la crédibilité à ce film. Mais j’imagine qu’il y a aussi eu des périodes de tension, parce que ce n’est pas facile de tourner en Palestine.

    Rani Massalha: Déjà c’est vraiment une expérience formidable de poser sa caméra à Naplouse. C’est la plus grande ville de Palestine, c’est une ville millénaire. On a été très bien accueillis par la population locale qui a tout fait pour faire marcher le film, qui a participé au film. Il n’y a pas eu de problème à proprement parler politique, parce que déjà on avait une équipe mixte. Donc il y avait des Français, des Allemandes, des Italiens, des Palestiniens, des Israéliens, des Canadiens, des Américains, et même un Congolais. Le risque c’était de savoir si la girafe allait bien ou mal réagir. Est-ce que la relation entre l’enfant et la girafe allait marcher ? La difficulté était plutôt là.

    Laure de Clermont, qu’est-ce qui vous a le plus marquée sur le tournage qui s’est déroulé à Naplouse ?

    Ce qui m’a le plus marquée c’est qu’il y a eu un matin où on est allés sur une colline qui surplombait Naplouse. Il était 6 heures du matin et on a eu des lumières « bibliques », des lumières « saintes » ! Je comprends pourquoi il y a des milliers d’années des gens sont venus en disant : c’est une terre sainte. Parce que c’est une émotion et une vision subliminale ! C’était exceptionnel ! On s’est tous arrêtés. On a regardé ce lever de soleil avec ces lumières qui perçaient le ciel. C’était absolument magique !

    Rani Massalha, vous deviez au départ être le producteur du film. Finalement c’est devenu votre premier long métrage. Auparavant vous étiez passé par Sciences Po. Vous aviez travaillé dans la finance. Maintenant, vos projets sont-ils définitivement tournés vers le cinéma ?

    Oui, définitivement. Mais au début de l’aventure, j’étais un peu naïf. Je pensais qu’en ayant une bonne histoire, un bon scénario, j’allais pouvoir produire le film comme ça. Et puis, quand j’ai rencontré des metteurs en scène, je me suis rendu compte que ça ne pouvait être personne d’autre que moi qui allait tourner ce film. Maintenant oui, je suis piqué par le virus du cinéma. Le cinéma est devenu ma vie. Je travaille sur une comédie et un drame.

    Toujours en lien avec le Proche-Orient ou pas du tout ?

    Oui, la comédie, ça se passerait en Palestine. Donc c’est l’histoire d’un Elvis Presley palestinien qui est dans un hôpital psychiatrique et qui s’évade avec un fils à papa pour répandre la bonne nouvelle en terre sainte. Et le drame c’est l’histoire qui s’inspire du massacre des cochons qui a eu lieu en Égypte en 2009, quand le gouvernement égyptien a ordonné le massacre de tous les porcs d’Égypte, suite à la propagation du virus H1N1 et ils ont profité finalement de la propagation de ce virus pour massacrer tous ces porcs. Et ça a fait beaucoup tort à la communauté copte égyptienne, qui était la seule à s’occuper de ces porcs, tant du point de vue écologique, parce que les porcs mangeaient les détritus des poubelles dans un quartier qui recycle les matériaux des poubelles du Caire, que d’un point de vue économique par rapport au commerce. Donc je veux créer une histoire autour de ça, avec un policier qui recevrait l’ordre de mettre à mort ces porcs alors que sa femme est la fille du plus gros éleveur de porcs.

     

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