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    Culture

    «Au cœur des ténèbres, ce n’est pas Indiana Jones»

    media Détail de la couverture de la BD Au cœur des Ténèbres, librement adapté par Stéphane Miquel et Loïc Godart du roman de Joseph Conrad. Stéphane Miquel et Loïc Godart

    Deux auteurs de bande dessinée, Stéphane Miquel et Loïc Godart, viennent d'adapter le roman culte de Joseph Conrad Au cœur des ténèbres. C’est ce roman qui inspirera dans les années 1970 le réalisateur Francis Ford Coppola pour Apocalypse now. L’histoire se déroule dans l’Afrique du 19e siècle et raconte comment Charles Marlow remonte le fleuve Congo à la recherche d’un colon nommé Kurtz, auréolé d’une sombre réputation, de massacres et de pillages. Entretien avec Loïc Godart.

    Vous signez les dessins et couleurs de l’album « Au cœur des ténèbres ». Est-ce un récit d’aventures ou un récit métaphysique ?

    Ça part comme un récit d’aventures et ça devient un récit métaphysique. C’est vraiment l’histoire d’un marin. C’est tiré plus ou moins de la vie de Joseph Conrad. Quand il écrit ça, c’est son vécu. Donc il cherche un bateau pour partir un peu à l’aventure. On lui dit : tu vas aller en Afrique et lui il répond : c’est super… et part à l’aventure.

    Quand il se retrouve là-bas, il est tellement confronté à des choses… Il y a une guerre qui est en train de se passer. Il essaie de comprendre le pourquoi et comment on peut en arriver là : autant de barbaries, autant de choses. Là, ça devient métaphysique. Ce n’est pas un héros. Ce n’est pas Indiana Jones. Il ne va pas à la recherche d’un trésor. Il va à la recherche de réponses.

    Au départ, il y va pour des raisons économiques, commerciales. Le personnage dans la bande dessinée cherche l’aventure, mais on lui propose un poste.

    C’est ça. C’est un mec qui est au chômage. Dans le roman – et là on en reparle aussi – il dit : c’était bien la première fois de ma vie où aucun bateau ne voulait de moi. Il est au chômage et puis essaie de lever un peu tous les leviers. Il va voir sa tante qui est apparemment une personne assez influente et qui lui trouve un poste. Et puis il dit : je vais pouvoir repartir en voyage. Sa vie, c’est les voyages. Il a sillonné le monde entier et puis le seul endroit où il n’a pas été c’est au Congo.

    Il va se retrouver à remonter le fleuve.

    Oui, il remonte le fleuve. C’est bête à dire, mais c’est Taxi driver. C’est le mec qui conduit le bateau pour aller récupérer l’ivoire et l’or qui a été grappillé voire pillé, à droite à gauche. Il va de comptoir en comptoir, il récupère tout ça, et met tout ça dans son bateau et puis il continue le chemin.

    Sauf qu’en cours de route sa mission va évoluer et on va lui demander d’aller récupérer le directeur d’un comptoir en perdition. Au départ, il ne sait pas ce qui se passe. On lui dit qu’il est devenu malade.

    C’est le meilleur élément de la compagnie. Il est passé dans une folie meurtrière. En fait, on prend ce bouquin-là comme un bouquin anti-guerre, anti-militaire, anti-colonisation… C’est vrai, [mais, ndlr] ce n’est pas que ça. C’est aussi un bouquin où on va vous expliquer comment faire une bonne colonisation. Une bonne colonisation c’est Kurtz [le directeur de ce comptoir au cœur de la jungle, ndlr]. Si vous voulez vraiment amasser tout, piller tout, eh bien il faut aller jusqu’au bout de l’horreur. Et Kurtz est le meilleur. C’est le fleuron de toute cette société. Il dit : si vraiment on veut tout, eh bien il faut faire le carnage ! C’est là où l’entreprise commence à dire : ah non, là on va peut-être trop loin. Alors on dit : c’est lui qui va trop loin. Nous, on n’est pas comme ça. Mais en fait, il pousse leur raisonnement jusqu’au bout. Et c’est ça qui est terrifiant.

    À la fin de l’album, vous incluez des petits paragraphes qui permettent aux lecteurs d’avoir des bases historiques, notamment sur le Congo au 19e siècle, la colonisation belge...

    Nous on n’est pas des historiens. C’est plus des pistes pour les gens, s’ils ont envie d’aller voir plus loin, qu’ils puissent avoir des références. Ce n’est pas une période dont on peut s’en vanter. Il y a toujours une espèce d’omerta là-dessus. Les derniers trucs qu’en disait c’est qu’il faut arrêter de s’excuser de tout. Peut-être, mais il faut bien savoir ce qu’on a fait là-bas. Là on parle de la Belgique, mais nous, la France, nous avons aussi notre lot.

    Vous aviez une référence cinématographique : Taxi Driver. Mais la grande référence cinématographique pour ce roman est Apocalypse Now. C’était justement l’écueil à éviter, parce qu’on ne voit pas vraiment le personnage de Kurtz, interprété dans Apocalypse Now par Marlon Brando.

    Kurtz est le gros problème du scénario. Qu’est-ce qu’en fait de lui ? Coppola avait la chance d’avoir Marlon Brando. Alors on s’est dit : le mieux  faire c’est de ne pas le montrer. On le devine, mais on ne le voit jamais.

     
    Ecouter l’interview avec Loïc Godart
     

    Détail d'une planche de la BD Au cœur des Ténèbres, librement adapté par Stéphane Miquel et Loïc Godart du roman de Joseph Conrad. Miquel/Godart

    ________________________________________

    Au cœur des Ténèbres, librement adapté par Stéphane Miquel et Loïc Godart du roman de Joseph Conrad, publié dans la collection Noctambule aux éditions Soleil, 104 pages, 17,95 euros.

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