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    Culture

    «Grace de Monaco» dans un «royaume sans cœur»

    media « Grace de Monaco » d’Olivier Dahan sera projeté le 14 mai comme film d’ouverture, hors compétition, du 67e Festival de Cannes. David Koskas / © 2014 - STONE ANGELS

    Depuis des semaines, la famille Grimaldi criait au complot, ce midi, la salle a davantage sifflé qu’applaudit après la projection de presse sur le très grand écran du Palais des Festivals. Nicole Kidman incarne une princesse révoltée, aussi lumineuse que déterminée à côté d’un prince Rainier III un peu perdu et dépassé par l’histoire. Grace de Monaco ouvre ce mercredi 14 mai au soir le 76e Festival de Cannes et sort en même temps en salles en France.

    « Pourquoi faire une guerre en Afrique ? » « Le colonialisme est dépassé. » C’est une Grace de Monaco qui dit tout haut ce qu’elle pense que l'on découvre dans le film d’Olivier Dahan. Et tant pis quand elle s’adresse au milliardaire Onassis, pourtant financier incontournable pour assurer la survie de la principauté. Et quand son mari, le prince Rainier lui demande de ne rien dire dans de telles circonstances, elle lui rétorque : « Tu veux que j’éduque ainsi Albert et Caroline ? »

    Il se trouve que Monaco vit en ce début des années 1960 une période extrêmement difficile de son histoire: la France, affaiblie par la guerre d’Algérie et en quête d’argent, menace d’annexer Monaco si la principauté n’accepte pas de payer dorénavant des taxes à la France. Charles de Gaulle n’hésite pas à déclarer : « si vous refusez, je renvoie Monaco au Moyen Âge ». Les insultes fusent alors des deux côtés de la frontières  jusqu’à une gifle collée par le prince Rainier à l’envoyé de la France qui avait osé de parler de son épouse comme une « fille d’un ancien maçon ».

    Au cœur de l’enjeu cinématographique

    Grace de Monaco est nourri d’archives de photos et de films de l’époque -du mariage du siècle jusqu’à la route serpentée du Rocher qui lui sera fatale- mais Olivier Dahan ne cherche pas à restituer une image de la princesse. Il met même longtemps avant de dévoiler le visage de son héroïne. Après La Môme, film biographique sur Edith Piaf qui avait donné un oscar à Marion Cotillard, le réalisateur français aspire à donner un nouveau profil à cette reine des cœurs qui fascine aujourd’hui encore. « Je cherche toujours des films qui posent des challenges, » a expliqué Nicole Kidman qui joue Grace. Mais au cœur de l’enjeu cinématographique se trouve surtout l’entourage de Grace de Monaco.

    Le palais princier est montré comme un lieu où règnent intrigues, jalousie et haute trahison. La princesse Antoinette, sœur du prince Rainier, apparaît dans le scénario même comme une « espionne » au service de De Gaulle. Dans le film, c’est Alfred Hitchcock (merveilleusement campé par Roger Ashton Griffiths) en fin connaisseur du procédé qui décortique le mieux le « cinéma » princier mis en place après le mariage médiatique en 1956. Tout de suite après son arrivée en Rolls Royce sur le Rocher pour convaincre son ancienne actrice de jouer « une cleptomane frigide » dans son nouveau film, Hitchcock met les doigts dans la plaie. En ce décembre 1961, il découvre « Gracie » dans une prison dorée, emmurée dans les conventions et le protocole de la plus ancienne monarchie en Europe : « Vous avez l’air fatigué ». Mais, c’est surtout le prêtre Francis Tucker (incarné par Frank Langella), confident du couple princier, qui dit ses quatre vérités sur les us et coutumes du Rocher : « C’est un royaume sans cœur ».

    « Je n’ai pas peur d’une actrice »

    C’est alors à Grace de Monaco de décider quel sera le rôle de sa vie : une carrière d’enfer à Hollywood ou femme au foyer à Monaco. Dahan démontre qu’elle avait choisi une troisième voie : elle renoncera à la tentation de Hollywood au profit de sa famille et sauvera avec ses atouts féminins et de cœur la principauté. De Gaulle avait tort quand il disait : « J’ai survécu à un attentat, je n’ai pas peur d’une actrice ».

    A la fin reste un film qui affiche clairement son identité fictionnelle, qui remercie le prince Albert II, mais qui continuera à alimenter les polémiques. Caroline, Stéphanie et Albert de Monaco qualifiaient le film de « détournement de l’histoire familiale à des fins purement commerciales ». Olivier Dahan a fait attention qu’il n’y ait rien qui reste hors cadre, beaucoup d’événements sont présentés au premier degré, mais il mélange volontairement des faits réels et fictionnels. Par exemple, le général de Gaulle n’est jamais allé à Monaco, contrairement à ce qui est montré dans le long métrage de Dahan. Et pourtant cet évènement constitue un moment clé du film, qui s’approche à la fin dangereusement du mélodrame. Le réalisateur compense l’absence de véracité historique avec la caméra. Il plonge l’univers du royaume dans des lumières jaunâtres et romantiques au point de prolonger encore une fois le conte de fée de l’ancienne star du cinéma qui réussit avec brio sa transformation en Altesse Sérénissime, la Princesse Grace de Monaco.

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