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    Culture

    Abderrahmane Sissako: «Timbuktu est né d’une révolte»

    media Le réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako, très ému lors de la conférence de presse de son film Timbuktu au Festival de Cannes. REUTERS/Eric Gaillard

    Son film a été le premier à entrer dans la course à la Palme d’or et c’est le seul film de la compétition qui porte les couleurs de l’Afrique. Timbuktu, du cinéaste mauritanien Abderrahmane Sissako, montre le pays où il avait grandi sous l’occupation des jihadistes. Entretien.

    Dans Timbuktu vous montrez l’occupation de la ville sainte par les jihadistes. A la conférence de presse, on vous a vu très ému. Est-ce que vous avez le sentiment de porter la voix de ces populations aux yeux du monde ?

    Je ne sais pas. Chaque fois qu’on se met à la place des autres ou que l’on prétend que l’on peut faire le bonheur des autres ou que l’on pense que l’on a une sorte de légitimité de faire cela, je pense qu’on se trompe un peu. Donc je n’ai pas ce sentiment. Mais ce film raconte la vie des gens qui étaient dans une forme d’anonymat, donc qui ont vécu et souffert énormément. Si le cinéma permet de parler d’eux et non pas de Serval [l’opération militaire de France au Mali, ndlr] – pour ne critiquer personne – mais du combat silencieux des hommes et des femmes qui chantent dans leur tête. la musique est en effet interdite. C’est ça qui m’intéresse dans le cinéma. L’actualité dans le nord du Mali interpelle depuis un certain temps beaucoup de gens : des écrivains, des chanteurs, des journalistes qui laissent parfois leur vie. Donc je fais partie de ceux qui se disent qu’on ne peut pas rester indifférent. J’essaie de diminuer le plus possible ce préjudice causé à l’islam depuis un certain temps. L’islam n’est pas ce qui est montré dans le monde occidental. Il s’agit de gens qui l’ont pris en otage. Moi, je m’élève contre ça. La foi de l’Islam, c’est d’abord la tolérance, le respect de l’autre.

    Vous avez écrit ce film en quelques semaines. Comment est née l’idée de Timbuktu ?

    Il est né après une « gestation » comme toute naissance. Il est né d’une révolte. D’abord, il y a eu en juillet 2012, dans une forme d’indifférence, la lapidation jusqu’à la mort d’un couple à Aguelhok, une petite ville au nord du Mali. Une ville oubliée de tous. C’est ça le problème. Quand une histoire ne se passe pas dans des endroits choisis pour raconter l’actualité comme Damas ou Téhéran, on n’en parle pas assez. On parle trop souvent de futilités. Tout le monde se rue quand un énième appareil de téléphone sort et même les journaux d’actualité en parlent. C’était le cas quand cette lapidation a eu lieu. Cela m’avait choqué.

    Plusieurs personnages se croisent dans Timbuktu. Des jeunes gens qui veulent continuer à faire de la musique alors que c’est interdit. Une vendeuse de poisson qu’on oblige à porter de gants. Une petite fille dont les parents sont des bergers et qui vivent éloigné de tout dans le désert. Ces personnages, comment sont-ils nés ?

    Il y a eu plusieurs étapes. La première était d’écrire vite pour obtenir un financement pour le film. La deuxième étape était que, entretemps, Tombouctou était libéré, parce que j’avais commencé le film avant la libération de Tombouctou. Je suis allé à Tombouctou pour être beaucoup plus proche de ce qui se passait, pour ne pas me contenter de mon imagination lointaine. Et à Tombouctou, j’ai rencontré des gens. J’ai été très souvent ému, bouleversé et parfois séduit par le courage de certaines personnes. C’est cela qui a enrichi et construit mes personnages, comme la vendeuse de poisson qui est un personnage réel. Elle a défié à Tombouctou les jihadistes en disant : « Non, je suis honnête. Vous ne pouvez pas m’imposer cela. Vous n’êtes pas plus croyant que moi. » Il y a aussi la chanteuse Fatoumata Diawara qui avait réuni des musiciens pendant l’occupation pour chanter une chanson de paix à Tombouctou. Ces combats ne sont pas visibles.

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    → Lire aussi :
    - Abderrahmane Sissako pose la question «Timbuktu»
    - Abderrahmane Sissako, cinéaste mauritanien (et) universel

     

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