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    Culture

    La Palme d’or consacre «Sommeil d’hiver» de Nuri Bilge Ceylan

    media Nuri Bilge Ceylan a reçu la Palme d’or pour « Winter Sleep » (Sommeil d’Hiver) au 67e Festival de Cannes. REUTERS/Regis Duvignau

    Avec Winter Sleep (Sommeil d’Hiver), c’est le film le plus long et le plus intense du 67e Festival de Cannes qui a décroché ce 24 mai la Palme d’or. Le Jury a décerné la plus prestigieuse distinction du cinéma au réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan qui dédie son prix à la jeunesse turque. Julianne Moore reçoit le prix de l’interprétation féminine pour son rôle dans Maps to the stars de David Cronenberg, Timothy Spall celui du prix d’interprétation masculine pour son jeu de rôle excentrique de Mister Turner, de Mike Leigh.

    La Palme d’or pour Sommeil d’hiver (Winter Sleep) représente la consécration pour Nuri Bilge Ceylan, né en 1959 à Istanbul. Le réalisateur turc avait déjà remporté plusieurs prix importants à Cannes, dont le Grand prix pour Il était une fois en Anatolie, en 2013. Ceylan nous emmène dans une sorte de voyage d’hiver à la Schubert dans la steppe anatolienne. Pendant plus de trois heures de film, il nous invite dans un petit hôtel en Anatolie centrale pour nous parler d’un amour plus fort que le froid. Des images « belles, fortes et endurantes », c’est ainsi que le réalisateur caractérise dans le film les chevaux anatoliens. « Cette palme est une immense surprise pour moi, je ne sais pas quoi dire », déclare-t-il avant de s’inscrire dans la grande histoire du cinéma. « Cette année est la centième année du cinéma turc. C’est une très belle coïncidence. Je dédie ce prix à la jeunesse turque. Ceux qui ont perdu leur vie au cours de l'année passée » pendant les manifestations contre le gouvernement de l'AKP. Un propos fort, mais qui n'a rien à voir avec la force des propos d’un Abdellatif Kechiche l'année dernière quand il avait dédié sa Palme à la jeunesse tunisienne après avoir montré un film qui réclame la liberté totale. On est aussi loin de l'année où le Festival avait réclamé la liberté pour le réalisateur iranien Jafar Panahi.

    Le Prix de l’interprétation masculine a été décerné à Timothy Spall qui s’est montré lors du palmarès aussi excentrique que dans le film : son prix dans la main, il rallume d’abord son téléphone pour commencer à lire ses remerciements, mais il ne trouve pas ses lunettes et la batterie est faible. Malgré tout, il joue le grand sentimental : « j’essaie de retenir mes larmes, en plus je suis sur ma messagerie ». Son rôle dans Mister Turner de Mike Leigh a laissé des traces, interprété avec brio et une finesse infinie. Il campe un artiste tourmenté et en pleine possession de ses faiblesses, ses ombres, ses incapacités sociales dans un film lumineux sur une période sombre. Un grand tableau cinématographique sur les forces et l’origine de l’art d'un homme hors norme.

    Le Prix de l’interprétation féminine a été décerné à Julianne Moore pour son rôle dans Maps to the stars de David Cronenberg. Le réalisateur canadien s’est fait plaisir avec un exercice de style sur les relations incestueuses et les perversions sans cesse renouvelées dans la famille hollywoodienne. Mais encore plus importants que les stars, ce sont les fantômes qui hantent les collines et les têtes d'Hollywood. Julianne Moore campe dans le film l’actrice Havana Segrand qui se heurte à l’image toujours omniprésente de sa mère, icône morte du cinéma qui continue à rendre impossible l’existence de sa fille.

    Le Prix du Jury réunit le plus jeune et le plus âgé parmi les réalisateurs de la compétition pour leur audace de faire avancer le cinéma avec des formats experimentaux et courageux. Décerné ex aequo à Mommy de Xavier Dolan, 25 ans, et Adieu au Langage de Jean-Luc Godard, il s’agit de la toute première récompense de Godard au Festival de Cannes ! A 83 ans, il a créé une nouvelle dimension à travers une œuvre truffée d’innovations. Quant à Xavier Dolan, il est apparu avec des cheveux rouges, papillon au cou et veste violette. L'enfant terrible du cinéma a d’abord lu un texte écrit complètement sans émotion (la déception de ne pas avoir décroché la Palme d’or ?) avant d’être submergé par les émotions et d’embrasser Jane Campion, la présidente du Jury en la remerciant pour ses films peuplés de femmes fortes : « Je veux m’adresser à ma génération et à Jane Campion. Vous avez défini ma vie et influencé ma carrière avec des films comme La Leçon de piano. »

    Le Prix du scénario a distingué le film d’Andreï Zviaguintsev, coécrit avec Oleg Neguine. L’individu broyé par un Etat cynique et avide de pouvoir, c’est le grand sujet du réalisateur russe qui avait trouvé son Leviathan dans le nord de la Russie, au bord de la mer de Barents, dans un petit port où se côtoient des épaves de petits bateaux et des squelettes de grandes baleines. Un lieu paisible et isolé qui se transforme en moloch où manipulation, chantage et corruption se mettent en marche. Eminemment politique, Zviaguintsev montre la Russie d'aujourd'hui, un système sans valeurs qui se met au pas du plus fort. Le réalisateur russe n’avait visiblement pas envie de profiter de la caisse de résonance du Festival pour politiser le film au-delà de la projection. Le ministre de la Culture russe, qui avait subventionné le long métrage, avait décidé de ne pas venir à Cannes après avoir visionné le film quelques jours auparavant.

    Le Grand Prix pour un conte moderne sur le vivre autrement est une très grande surprise. L’Italienne Alice Rohrwacher raconte dans Les Merveilles la vie d’une famille d'apiculteurs en Ombrie. Elle habite et travaille dans une ferme délabrée à l’écart de la ville et de toute modernité. Un jour, un jeu télévisé débarque dans la région et met à rude épreuve leur façon d’être. Pendant des mois, la réalisatrice avait appris aux acteurs les gestes pour manipuler de véritables ruches et de vrais essaims (« de temps en temps, on a eu des piqûres d’abeilles pendant le tournage »). Ainsi Rohrwacher a réussi à faire naître cette utopie d’une vie alternative sans encombrer l’horizon.

    Le Prix de la mise en scène a été attribué à Bennett Miller pour Foxcatcher. Après son grand succès Truman Capote en 2005, le réalisateur américain raconte une histoire passionnante de deux frères champions de lutte gréco-romaine. Des personnages qui ont vraiment existé. Il y a aussi un milliardaire médiocre et névrosé qui rêve de mener les frères aux Jeux olympiques pour gagner avec eux une médaille d’or. Grâce à la mise en scène extraordinaire, c’est le jeu d’acteur de Steve Carell qui explose à l'écran dans ce rôle du milliardaire, cet imposteur névrosé, rempli de sentiments altruistes, habités par des tics et manies.

    La Caméra d’or pour le meilleur premier filmrécompense Party Girl, le long métrage d'un trio de jeunes cinéastes, Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis qui a été programmé dans la sélection Un certain regard. L’histoire tourne autour d’Angélique, Party Girl et entraîneuse. Elle a eu quatre enfants, qu'elle a choisi de ne pas élever. Ce prix, créé par Gilles Jacob, représente bien selon lui l’esprit du Festival Cannes : « Aider, célébrer le cinéma et préparer son futur. C’est la meilleure façon pour moi de passer la main. »

    La Palme d’or du court métrage a été remise à Leidi de Simon Mesa Soto. Le réalisateur colombien met en scène l’histoire d’une jeune femme qui vit avec sa mère et son bébé, qui cherche son fiancé, Alexis, qui n’est pas réapparu depuis quelques jours. Une mention spéciale a été attribuée à Aissa, du réalisateur français Clément Tréhin-Lalanne.

    Gilles Jacob fait une bise et s’en va

    Avec cette édition 2014 et après 37 ans de service en tant que délégué général et président du Festival se termine aussi le règne de « Citizen Cannes ». Gilles Jacob, 83 ans, avait droit à un standing ovation lors de la soirée du palmarès. Il va laisser sa place à Pierre Lescure, l’ancien patron de Canal+ et homme du sérail. Gilles Jacob, le cœur de Cannes va manquer au monde du cinéma et aux journalistes. Pour le seul samedi après-midi, Jacob avait envoyé 25 tweets pour communiquer sur la délibération du Jury. Une spontanéité qui lui joue parfois un mauvais tour. Lors de l’ouverture du Festival, il avait mis Leila Hatami, membre du jury à Cannes, dans un embarras total en lui donnant la bise lors de la montée des marches. L’actrice iranienne a dû s’excuser publiquement pour son geste qualifié d’« inapproprié » par les autorités de la République islamique et qui avait déclenché la colère des religieux et des conservateurs iraniens. Gilles Jacob « a oublié ces règlements, ce qui arrive avec l'âge, et ma tentative (...) de lui serrer la main a échoué », écrit-elle dans une lettre envoyée à l'Organisation du cinéma iranien. Pour la soirée du palmarès, elle est réapparue avec un sourire crispé, habillée d’une merveilleuse robe noire, la tête bien voilée. 

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