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    Culture

    Festival de Cannes 2014: rencontres flash avec le futur

    media Prise de vue sur le tapis rouge lors de la cérémonie de clôture du 67e Festival de Cannes. REUTERS/Yves Herman

    Le bilan de cette 67é édition du plus important rendez-vous cinématographique au monde ne se résume pas au palmarès ou à la cérémonie de clôture de ce dimanche 25 mai. Cannes, c’est aussi le Festival de ceux qui y présentent un premier court métrage ou le projet d’un prochain film. Rencontre avec des nouvelles têtes et des films du futur.

    Rendez-vous au cinquième étage du Palais des Festivals. Ça grouille dans les bureaux de la Cinéfondation qui joue depuis 15 ans un rôle de pionnier de recherche et d’entrainement pour des jeunes réalisateurs du monde entier. C’est ici, sur une terrasse très ventée et en plein soleil que Dea Kulumbegashvili reçoit pour les interviews. C’est son premier festival et son premier film, de surcroit en lice pour la Palme d’or des courts métrages… qu’elle n’aura pas. Mais pour la jeune réalisatrice géorgienne de 28 ans, ce n’est pas là l’enjeu de sa venue : « En Géorgie, la vie n’est pas facile. Nous sommes un pays qui a obtenu son indépendance que très récemment. J’ai grandi pendant la guerre civile dans une toute petite ville très conservatrice, on n’avait pas d’électricité,  il y avait tout le temps des changements. J’avais 17 ans quand j’ai vu mon premier film. Je me souviens très bien du sentiment de ce qu’on pouvait faire avec ce médium. Avant je faisais de la peinture, je voulais devenir artiste ou écrivain. Après j’ai compris que si je réunis toutes mes expériences, mes talents et mes rêves, je pouvais faire des films. »

    Un film sur l'emancipation en Géorgie

    Dans son film Espaces invisibles (Ukhilavi Sivrtseebi), tourné avec un budget de même pas mille euros, on observe le matin d’un couple, un prêtre de l’Église orthodoxe et son épouse, une femme au foyer qui s’occupe de leur fille. Un homme croyant dans la vie et viril au lit, une femme soumise à la tradition et à la religion. « Je voulais explorer et montrer les différents visages de la religion. C’est aussi un film sur l’émancipation. En Géorgie, les droits de femmes sont toujours très fragiles. Mon film tourne autour d’un rêve d’une femme qui reste bloquée entre les murs d’un petit appartement. Personne ne lui interdit de sortir, mais ce n’est pas facile. Jai l’impression que personne ne se soucie de ces femmes qui ont des choses à dire. Je veux porter leur voix à l’écran. »

    Une interview à Cannes, cela ressemble à un speed dating dans un film de cinéma. Tous les deux sont destinés à permettre des rencontres rapides et prometteuses dans un planning chargé. La règle du jeu : on a cinq minutes pour expliquer à un inconnu son film, son projet, ses désirs et ses idées. La Fabrique des Cinémas du Monde est un autre haut lieu cannois pour le soutien de la création cinématographique dans le monde entier et en particulier pour les réalisateurs des pays du Sud.

    « Chedda », comment réagit la famille algérienne ?

    Damien Ounouri figure parmi les onze réalisateurs sélectionnés de cette sixième édition de la Fabrique. Le réalisateur algérien de 32 ans est né à Clermont-Ferrand, mais vit à Alger. Une vie entre les deux rives ? « Je travaille principalement à Alger. C’est là où sont mes films. La France est plus une attache familiale où j’ai étudié [la théorie du cinéma à l’Université Sorbonne Nouvelle, ndlr]. Donc j’y reviens toujours pour des raisons familiales, mais mon activité est en Algérie. » Au Festival de Cannes, il présente le projet de son nouveau long métrage Chedda: « C’est l’histoire d’une femme au sein d’une famille conservatrice en Algérie. Elle va entrer en crise, puis en dépression. La question est la suivante : comment réagit la famille algérienne ? Comment la jeune génération qui a aujourd’hui 30 ans arrive-t-elle à avoir son espace de liberté par rapport à la tradition et aux anciennes générations ? »

    Ses deux films précédents ont été déjà sélectionnés dans plusieurs festivals, dont celui de Toronto. Aujourd’hui, il doit trouver un million d’euros pour financer son nouveau film : « On est au début du financement. Après un an de travail, on a fini l’écriture du scénario, déposé notre projet auprès de nombreux fonds et on attend leurs réponses. On a déjà des coproducteurs français, allemand, chinois. Le Festival de Cannes, c’est pour nous l’occasion de voir des vendeurs, des distributeurs… pour penser à la vie du film après, la sortie en salles et son exploitation. »

    Pour le producteur du film, Djaber Debzi, Chedda « pose des questions importantes à la société. Pour moi, c’est une démarche militante. Nous travaillons sur des projets qui touchent la société, qui parlent aux Algériens, aux gens simples. Même si on ne repart pas de Cannes avec de l’argent, cela représente pour nous une visibilité. Ainsi, on peut dire l’Algérie ait une visibilité sur le plan international. En Algérie, il n’y a pas d’école de cinéma, on ne forme pas des techniciens, etc. Là, il y a une nouvelle ministre de la Culture et il faudrait quand même repenser l’industrie cinématographique en Algérie. »

    « Shonkhodoni » et le tapis rouge de Cannes

    Kamar Ahmad Simon profite cette année également de cette magnifique plateforme pour jeunes réalisateurs. Et la France lui semble porter chance. Pour son premier long-métrage, Are You Listening !, il avait reçu le Grand prix du Cinéma du réel, mais aussi d’autres récompenses prestigieuses comme le Golden Conch du festival du film de Mumbai. Depuis, sa vie de cinéaste a changé : « Avant, on ne m’avait pas pris tellement pris au sérieux. Là, quand je suis monté les marches du Festival de Cannes, tous les journaux au Bangladesh ont publié des articles avec la photo du tapis rouge. Ils sont fiers que je sois au Festival de Cannes. » Aujourd’hui, il peut être optimiste d’avoir trouvé à Cannes des producteurs qui financeront les 480 000 euros nécessaires pour son prochain film, Les Silences du Coquillage (Shonkhodoni).  « C’est un film autour de deux amis qui se rencontrent après une séparation de 17 ans. L’histoire commence au Gange, le fleuve sacré. C’est le début d’un voyage où ils traversent des frontières, des vallées et des fleuves, à la recherche du fleuve où sa mère était née et où elle voulait toujours revenir. »

    « Une si longue lettre »

    La réalisatrice Angèle Diaban est presque une habituée de la Croisette. C’est la quatrième fois quelle vient à Cannes, mais aujourd’hui elle présente pour la première fois un projet de long métrage. Une si longue lettre raconte la tragédie de Ramatoulaye, mère de sept enfants, directrice d’une école primaire de Dakar, qui apprend que son mari a décidé de prendre une seconde épouse, âgée de 20 ans. « C’est une histoire écrite par Mariama Bâ dans les années 1980. Ce roman est enseigné dans les collèges et lycées en Afrique de l’Ouest, mais aussi dans les universités aux États-Unis, il a été traduit dans une vingtaine de langues. Cela parle de la polygamie, mais surtout du positionnement de la femme par rapport à la famille et à l’amour. »

    Pour réaliser le film, elle doit trouver 1,2 million d’euros. Et même si l’écriture du long métrage n’est pas encore finie et la recherche de financements pas encore entamée, Angèle Diaban – qui partage la même boîte de production qui avait produit La Pirogue de Moussa Touré - peut déjà se réjouir de la participation d’Orange Studio. « Je suis flattée, parce qu’ils produisent aussi des films qui sont ici à Cannes en compétition. Cannes donne une certaine visibilité à mon film. J’ai rencontré des producteurs norvégien, canadien, brésilien, belge pour parler d’un partenariat et aussi des vendeurs. Quand le film sortira, les gens auront déjà entendu parler du film à Cannes. C’est un grand atout pour un jeune réalisateur. »

    Mattie Do, première cinéaste-femme au Laos

    Pour Mattie Do, Cannes a encore le goût d’une première fois : « C’est grandiose ici. J’ai beaucoup appris en regardant les projets des autres. La chose la plus importante à Cannes est de créer un réseau. Quand je suis au Laos, ce n’est pas possible. » Dans son pays, il n’y a pas d’industrie de film et seulement depuis peu une deuxième salle de cinéma a ouvert ses portes : « C’est intéressant de vivre les débuts d’une industrie nouvelle. On peut raconter nos histoires, sans qu’on nous dise ce qu’on a à faire. » Elle est très fière d’être la première cinéaste-femme de son pays et d’avoir réalisé en 2011 le premier film d’horreur laotien : « J’ai l’impression que les femmes au Laos se disent aujourd’hui : c’est possible de faire une carrière qui n’est pas typiquement féminine. Aujourd’hui, les gens se demandent pourquoi il n’y avait pas de femmes avant. Curieusement, les étrangers qui résident au Laos étaient les plus grands problèmes. Ils avaient le sentiment qu’ils devaient protéger la culture au Laos et ils étaient très peu coopératifs. »

    Son deuxième film Ma chère sœur (Dear Sister) est à nouveau un film d’horreur : « C’est un film d’horreur très amusant. Cela parle d’une histoire de deux jeunes femmes de deux mondes totalement différents. Très peu de gens savent vraiment ce que représente la vraie vie laotienne pour une paysanne pauvre ou une citadine riche. » Reste à savoir où trouver les 200 000 euros avec un marché national qui ne dépasse pas deux salles de cinéma. « Ce nouveau film nous donne l’occasion de nous projeter dans d’autres pays, déclare Douangmany Soliphanh, le producteur du film qui a produit l’année dernière 12 des 20 films produits au Laos. Cannes est l’occasion rêvée pour s’adresser au monde entier : du festival du film fantastique d'Austin, au Texas, jusqu’à l’Angleterre et Hongkong. »

    Voilà, les rencontres rapides cannoises sont terminées pour cette 67e édition du Festival. Reste à classer les cartes de visite et projets de film échangés par ordre de préférence. A suivre, sur les écrans du monde entier.

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