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Art numérique et industrie: «Les artistes n’ont plus peur des marques»

media Forest, Marshmallow Laser Feast. Sandra Ciampone

Anne-Cécile Worms est depuis longtemps passionnée de l’univers croisé entre l’art et les nouvelles technologies. A l’origine de la start-up Art2M (Art to Machine), spécialisée dans la production et la diffusion d’œuvres d’art numérique, elle est également la fondatrice et directrice éditoriale du Magazine des cultures digitales (MCD) qui vient de publier un très large panorama théorique et pratique sur les relations entre l’art numérique et l’industrie. Entretien.

« Art et Industrie », est-ce le moment d’interroger cette relation dans le domaine des arts numériques ?

Je pense que c’est exactement le bon moment. On dit que l’art qui utilise les nouvelles technologies émerge. En fait, l’art numérique émerge depuis 60 ans et il n’a jamais réussi à toucher le marché de l’art, les collectionneurs étant frileux par rapport aux nouvelles technologies. Les relations entre art et industrie sont indispensables pour les artistes d’aujourd’hui pour diffuser et même produire des œuvres avec des moyens plus importants.

Jean-Michel Jarre avait récemment déclaré qu’il y a 30 ans, c’était une œuvre d’art ou une musique qui marquait son époque et aujourd’hui, c’est la technologie, comme la sortie du nouveau modèle d’un smartphone. Est-ce la technologie qui a pris la main sur la création ?

Non, les artistes, et en particulier ceux avec lesquels je travaille, sont ceux qui ne s’intéressent pas seulement à la technologie. Pour eux, il importe peu que votre chemise soit connectée à ma veste, mais ce qu’on va raconter à travers la technologie et l’idée des objets connectés. Les artistes numériques sont très souvent critiques vis-à-vis des nouvelles technologies. Donc ce sont des artistes connectés qui vous déconnectent ! Pour moi, il n’y a pas d’antagonisme entre technologie et art. Les vrais artistes sont ceux qui utilisent les technologies comme on utilisait un pinceau, sauf que leur atelier de fabrication aujourd’hui c’est l’atelier internet open source. Ils ont un atelier composé de milliers d’individus qui les aident à produire leurs œuvres.

Dans la relation entre art et industrie on a toujours le sentiment que ce sont les « petits » artistes en face de la grande industrie. Comment les artistes arrivent-ils aujourd’hui à s’affirmer par rapport à un partenaire industriel ?

Il y a même des artistes qui travaillent dans les départements recherche et développement des entreprises. Pour eux, on parle plutôt de R&C, de recherche et création. Le meilleur exemple est Samuel Bianchini qui a été invité dans les laboratoires d’Orange à produire une œuvre. Faite en collaboration avec la marque, c’est une œuvre qu’il revendique en tant qu’œuvre d’art. Il a eu juste accès à des moyens et à des technologies auxquels il n’aurait pas eu forcément accès s’il n’avait pas travaillé avec cette entreprise sur ce projet. Oui, les artistes n’ont plus peur des marques. Et les marques ont changé par rapport aux artistes. Parfois, elles détournent et imitent encore un certain nombre de créations, mais parfois, au lieu de s’inspirer seulement du travail artistique, elles décident de travailler avec les artistes. Elles comprennent que c’est dans l’intérêt de la marque.

Dans votre magazine vous avez élaboré un panorama d’exemples et d’approches différentes. Entre autres, vous évoquez le Graffiti Research Lab.

Le Graffiti Research Lab avait eu un graffiti artiste qui a eu un très grave accident et qui a été totalement paralysé. Il pouvait simplement bouger les yeux. Ils lui ont fabriqué des lunettes en open source qui lui ont permis de graffer avec des battements de cils. Avec un laser, il a pu graffer dans l’espace public, sans sortir de sa chambre d’hôpital. Ils n’auront jamais pu fabriquer ces lunettes autrement, étant donné le coût prohibitif de ce type d’instruments médicaux. Grâce à l’open source, ils lui ont fabriqué un objet qui lui a permis de retrouver sa créativité artistique. Donc le Graffiti Research Lab revendique l’open source comme un moyen d’aujourd’hui de fabriquer des objets que l’industrie produit, mais à des coûts prohibitifs pour le grand public.

Votre constat sur cette relation modifiée entre l’art et l’industrie, est-ce une vision occidentalisée ?

Il y a partout énormément d’émergences de créateurs. Le meilleur exemple est la Chine. La Chine a compris que ses centres commerciaux avaient besoin d’une aide de la part des artistes. Sinon, les gens achètent tout sur internet, ils ne se déplacent plus dans les centres commerciaux. Aujourd’hui, il y a en Chine une effervescence artistique – y compris d’artistes qui utilisent des nouvelles technologies et qui travaillent avec des marques. La Corée du Sud est également très en avance dans le secteur. Et on aura l’occasion de découvrir ces artistes à l’occasion d’une saison culturelle croisée France-Corée du Sud qui arrive. Par exemple, il y a Song Hojun, un artiste coréen qui a fait un projet qui s’appelle Open Source Satellite Initiative. Grâce à une résidence en France, il a envoyé un satellite, uniquement fabriqué avec l’open source. Pour l’instant, le satellite n’a jamais renvoyé des messages, mais c’est une expérience intéressante.

L'art digital et l'industrie créative en Afrique
Anne-Cécile Worms, fondatrice et directrice éditoriale du Magazine des cultures digitales (MCD) 01/07/2014 - par Siegfried Forster écouter

Lire aussi : « La créativité entre art numérique et industrie »

MCD #74 : Art/Industrie, édition juin/juillet/août 2014, 116 pages, 9 euros.
Digital Afrique: La création numérique en Afrique, rfi, 5/9/2013

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