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    Culture

    Festival d’Avignon: une ouverture «bis» loin du Palais des papes

    media «Mon ennemi est la finance». Cette citation de François Hollande est depuis ce 5 juillet affichée à la FabricA où aura lieu «Orlando ou l’impatience», écrit et mis en scène par Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon. Siegfried Forster / RFI

    Une comédie contre la menace de s'enfoncer dans la morosité. Après les deux spectacles d’ouverture tombés à l’eau, hier, à cause de la grève des intermittents, c'est finalement Orlando ou l'impatience qui ouvrira le Festival d’Avignon ce samedi 5 juillet à 18h. Point important : le coup d’envoi artistique de ce plus important rendez-vous théâtral en Europe sera alors donné dans un quartier sensible de la ville, loin du Palais des papes. La pièce de trois heures et demie parle d'un jeune héros à la recherche de son père inconnu. Une création écrite et mise en scène par Olivier Py, également directeur du festival.

    Une comédie qui ouvre le bal artistique de la 68e édition. La cité des papes en à bien besoin, tant l'ambiance est devenue morose, après la frustration suite à la suppression, hier, du spectacle d'ouverture, le Prince de Hombourg, dans la Cour d’honneur. Et il y a aussi un début de désarroi et de confusion de plus en plus palpable chez les spectateurs et les artistes.

    Hier soir, les rues avignonnaises étaient désertes, pas seulement à cause de la défaite des Bleus contre l’équipe de foot allemande. Rencontré sur la place du Palais du palais, un touriste coréen, le programme à la main, avait du mal à comprendre pourquoi le spectacle n’aura pas lieu. Restait comme seul divertissement offert quelques saltimbanques déchaînés et des pantins pendus en haut du palais pour alerter contre la mise en péril du statut des artistes. Une journaliste de France 2, arrivée avec une voiture satellite, cameramen et technicien de son, essayait de tourner un petit sujet pour les actualités. Mais, finalement, sa hiérarchie n’en voulait pas. Il  y avait trop d’intermittents qui s’imposaient arrière-plan avec leurs revendications. Pour la chaîné télé, c’était incompatible avec une diffusion. « Mais, c’est nous le sujet », criait une intermittente incrédule.

    La « marche silencieuse » du Festival Off

    Dans l’après-midi, la « marche silencieuse » du Festival Off avait bravé la pluie et l’orage pour protester contre les modifications du statut des intermittents de spectacle : « Grève ou crève », « Inacceptable », « Ils signent, on trinque ! » « Carton rouge au gouvernement », pouvait-on lire sur des banderoles déployées. C’était un choix volontaire et engagé de remplacer le spectacle rayonnant et festif de la Grande parade traditionnelle par une manifestation en habit sombre pour manifester. Jean-Pierre Dupin, comédien venu du Lot-et-Garonne, défilait avec beaucoup de conviction et une canne à pêche pour se montrer solidaire avec tous les intermittents en grève ou en action : « Il faut garder la pêche, sourit-il, parce que, si on veut que les gens comprennent ce qui se passe, je ne dois pas être triste. » Quant à la grève : « Je suis intermittent, certes, mais j’ai loué une salle, je ne vais pas me faire grève. Il faut faire la grève là où la presse et le public sont présents. C’est pour cela que le Palais de papes est un peu pris en otage, c’est vrai. » Lui-même est bien décidé à présenter tous les jours son spectacle : Les Ruraux parlent aux z’urbains, à 15h à la Maison IV de chiffre.

    Même son de cloche chez cette enseignante qui danse bénévolement dans un spectacle de poésie signé en langue de signes. Sur son costume, elle affiche le fameux petit carré rouge en guise de solidarité avec les intermittents. « C’est une marche silencieuse qu’on aurait voulu beaucoup plus heureuse. » Elle admet que sur la grève, « les compagnies sont partagées. Le théâtre dans lequel on travaille privilégie le travail artistique et l’engagement. Dans notre spectacle, on s’est engagés par nos paroles et notre poésie justement pour les précaires, les mendiants et les artistes. » Et le spectacle Les Murs ont des étoiles aura lieu au Verbe fou, tous les jours à 10h45. L’intermittent Lucien travaille comme constructeur et machiniste au Festival In d’Avignon. Ce qu’il pense de la grève qui avait empêché le spectacle d’ouverture ? « Personnellement, je garde mon avis, je me rallie aux décisions collectives qu’on communique. Il faut suivre le communiqué pour avoir mon point de vue. »

    Gregg Germain est président de l’association AFC qui s’occupe du Festival Off avec ses 1 307 spectacles quotidiens. « Le Festival Off est concerné par les perturbations, les actions et la grève au plus haut point, puisque ceux qui constituent le Festival Off sont des intermittents du spectacle. Mais la marche silencieuse voulait dire qu’on fait attention à ce qui se passe dans notre profession, mais que, malgré tout, nous allons jouer. Ce matin, j’ai dit aux gens de l’association : si jamais quelqu’un arrive, envahit ou casse, mettez-vous de côté, laissez les gens faire ce qu’ils ont envie de faire, puisque c’est sous ce règne-là que nous sommes. » 

    Le Prince de Hombourg à la télé

    Pour mesurer l’ampleur de la confusion autour de la grève, hier, on avait même failli assister au lancement du Festival à la télé. Après l'annulation du Prince de Hombourg, mis en scène par l'Italien Giorgio Barberio Corsetti, les grévistes avaient curieusement donné leur accord de diffuser la captation de la répétition générale à la place de la transmission en direct prévue. C'est finalement France 2, coproducteur du spectacle, qui ne voulait pas présenter la pièce à un jour de grève générale dans les théâtres en France. Elle est finalement programmée cette nuit à une heure très tardive qui ne gêne plus personne, mais qui risque de ne pas rassembler plus grand monde non plus.

    De toute façon, le spectacle d’ouverture « bis » du Festival sera réalisé par le directeur du festival lui-même. Ce qui est loin d'être un détail quand on sait ô combien Olivier Py suscite le débat avec ses prises de positions. En mars, il avait menacé de partir avec le festival ailleurs si le Front national (arrivé en tête du premier tour avec 29,63 % contre 29,54 % pour le PS) gagnait les élections municipales à Avignon. Autre détail pas négligeable. Le premier spectacle de la 68e (un signe ?) édition ne se jouera pas au centre touristique de la ville, dans la prestigieuse Cour d'honneur du Palais des papes, mais à côté de Monclar, une cité de mauvaise réputation, dans un quartier sensible. En quelque sorte, le premier véritable baptême de feu pour la FabricA, la nouvelle (et seule) salle de spectacle permanente du festival, obtenue après une lutte de dix ans, elle, a été inaugurée l'année dernière par la ministre de la Culture Aurélie Filippetti (aujourd'hui déclarée perona non grata au Festival par les intermittents) et par les deux prédécesseurs de Py, Hortense Archambault et Vincent Baudriller.

    A la recherche de pères et de repères

    Quant au concept de l’artiste associé élaboré par ces deux derniers, force est de constater qu’Olivier Py rejette le concept, mais il occupe aujourd’hui de facto à la fois la position du directeur et de l’artiste associé. Trois spectacles et vingt-quatre représentations sont signés par lui. Etant à la fois auteur, comédien, chanteur, metteur en scène, producteur et directeur du festival, Olivier Py intervient à tous les niveaux de la chaîne artistique. Conscient de son omniprésence, il s'est même interdit d'assister aux assemblées générales pour ne « pas leur voler leur parole ». N’empêche, c’est son œuvre qui aura le premier mot du Festival 2014. Et qui sait : son héros Orlando (« un peu autobiographique ») ne réussit peut-être pas seulement à trouver son père, mais aussi à donner de nouveaux repères au Festival et à la société.

    Le Festival d’Avignon, du 4 au 27 juillet.

     

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