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    Culture

    «Orlando» ou l’impatience ne suffit pas toujours

    media Orlando ou l'Impatience, la pièce d'Olivier Py (également directeur du Festival d'Avignon) a finalement donné le coup de départ du Festival d'Avignon 2014. Christophe Raynaud de Lage - Festival d’Avignon

    Enfin le Festival d’Avignon a commencé. Le premier spectacle des quatre premières en quatre lieux différents était Orlando ou l’Impatience d’Olivier Py, à la FabricA, loin du Palais des Papes. Hier, le 5 juillet au soir, pendant la représentation, tous les comédiens portaient un carré rouge, le signe de lutte des intermittents. Mais, c’est à nouveau le théâtre et plus la grève qui domine la scène.

    C’est un applaudissement fort, intense, sans être particulièrement long qui retentit à la fin de la comédie contemporaine Orlando ou l’impatience, signée Olivier Py. Un manifeste sur le théâtre et l’être humain, écrit et mis en scène par le directeur du festival lui-même. A la sortie, les avis des spectateurs sont partagés : « J’ai bien aimé. C’est une espèce de mélange et on a un peu de mal à se retrouver, mais je trouve que c’est assez riche. Il y en a qui peuvent trouver cela un peu long. » « A mon goût, il y a trop de bon Dieu dans l’histoire. » « Je suis Américaine, je ne sais pas si j’ai bien compris la pièce, mais c’était vraiment foudroyant, cela m’a bouleversé. » « Je me suis totalement retrouvé dans la pièce. C’est le théâtre systémique qui parle de tout, qui brasse tout, qui parle de la vie, comment vivre, pleurer, rigoler, d’une scène à l’autre, c’est ça que je recherche dans le théâtre. C’était très très fort. »

    Pour Olivier Py, « le théâtre reste le plus haut geste politique » et bien plus qu’une religion. Dans Orlando ou l’impatience, une comédie contemporaine qui parle des questions éternelles, un vieux poète nous fait comprendre que « le théâtre n’invite pas Dieu à descendre sur terre, le théâtre est Dieu ». C’est un manifeste flamboyant et sans limites qui embrasse aussi bien le cirque que la farce politique ou la chanson populaire pour rendre visible le pouvoir, la poésie, la nécessité, la puissance et la raison d’être du théâtre aujourd’hui.

    Pour s’affranchir de toute fausse modestie, Py a choisi le genre de la comédie. Un genre parfait pour dire ses quatre vérités et de cacher son jeu à travers des éloges panégyriques, souvent adressées au public au deuxième ou troisième degré : « c’est l’oreille qui est coupable, pas la bouche ».

    « J’ai peur de ne pas être le fils qu’il faut »

    Pour allumer le feu d’artifice à l’honneur du théâtre, il fallait bien une histoire. Cela sera la quête exaspérée d’Orlando de trouver son père : « J’ai peur de ne pas être le fils qu’il faut ». Une tâche difficile, car sa mère, une comédienne qui aspire depuis des décennies à la gloire, ne se souvient plus très bien avec qui elle avait passé cette fameuse nuit. Au moins, une chose est sûre : c’était lors de l’inauguration du Crystal Palace, l’institution culturelle phare du pays. Pour retrouver son père fantasmé et son identité propre, Orlando est alors bien obligé de passer par tous les metteurs en scène susceptibles d’être à l’origine de son existence et, pour approcher son père, d’accepter tous les rôles possibles et impossibles.

    La pièce est rythmée par ces rôles exquis et l’intelligence théâtrale des comédiens, mais aussi par le jeu du pianiste qui fait avancer le scénario et tourner les scènes. Justement, la mise en scène est dotée des tubes de néon qui forme une toile d’araignée et d’un décor mobile qui ne cesse de créer de nouveaux espaces à partir de structures mouvantes.

    Les personnages de la pièce sont un régal : la mère qui change le monde chaque fois quand elle change la couleur de sa robe, l’artiste qui pratique l’abnégation totale pour servir son art ou le vieux poète qui nous rappelle régulièrement d’où vient toute la souffrance sur notre planète : de la mauvaise diction, de la mauvaise posture, d’un manque de magnésium ou tout simplement de l’incapacité d’accepter les trous dans le monde…

    Hélas, le tourbillon de mots commence à lasser. Il y a des scènes qui s’approchent plus du vaudeville que du théâtre systémique réclamée par Olivier Py (« le théâtre comme totalité et la totalité comme théâtre »). Par exemple, quand un homme élégant, sérieux, barbu et sans âge entre en scène. Il adore se faire lécher les bottes, baisse souvent son pantalon et a sévèrement besoin de l’humiliation pour son excitation sexuelle. On comprend vite qu’il s’agit du ministre de la Culture qui, bien entendu, déteste la culture : « l’art est une imposture ». L’impatience, c’est la grâce divine ou l’absence transcendante, explique la pièce. Mais se moquer du monde, de soi-même et du pouvoir (culturel) ne suffit pas toujours pour ressusciter des vérités. Trop bavarde et truffée de certitudes, la comédie finit en mitraillette philosophique écrasant en passage les subtilités de la vie et la complexité du monde que Py avait pourtant très bien fait naître au début de la pièce : « Ne cherche pas le sens de la vie, cherche la vie ! »

    Le Festival d’Avignon, du 4 au 27 juillet.

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