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    Le contre-ténor Serge Kakudji: «Un coup fatal qui donne la vie»

    media Serge Kakudji dans les rues d'Avignon. Sa pièce «Coup Fatal», co-signée par Fabrizio Cassol et Alain Platel, est jusqu'au 8 juillet au Festival d'Avignon. Siegfried Forster / RFI

    La République Démocratique du Congo est son pays et le chant de contre-ténor son destin. Depuis tout petit, Serge Kakudji trouve son bonheur dans la musique et l’opéra. D’abord dans un chœur d’enfants à Lubumbashi, puis à l’adolescence, il rencontre le chorégraphe congolais Faustin Linyekula qui l’emmène, en 2007, pour la première fois au Festival d’Avignon. En 2014, à l’âge de 26 ans, il y représente actuellement la pièce maîtresse d’un concert chorégraphique qui fait un triomphe. Avec Coup fatal qui réunit un orchestre de 13 musiciens, danseurs et chanteurs kinois, il a réalisé son rêve : fusionner la musique baroque occidentale avec les rythmes et les instruments congolais. Entretien avec ce chanteur d’opéra qui adore se frotter aux différents styles et publics.

    Dimanche soir, dans la cour du lycée Saint-Joseph au Festival d'Avignon, votre chant de contre-ténor semblait avoir percé le ciel. Il pleuvait une minute avant et une minute après, mais pas pendant votre spectacle en plein air.

    On était au milieu de deux puissances. Donc, chacun dans son coin avait imploré les deux forces. On voulait absolument jouer. C’était quelque chose de l’intérieur, une disposition par rapport au message qu’on veut donner. Pour moi, ce n’est pas un spectacle, c’est la vie. Je pense que les Dieux nous ont entendus.

    A la fin, il y a cette scène où vous êtes allongé au sol et poussez la dernière aria pendant que le ciel envoie un grondement de tonnerre et des éclairs.

    C’était une communion incroyable. Je sentais que je m’envolais avec l’air. J’utilisais le ciel comme un manteau. A ce moment-là, je portais le ciel. Il y avait une connexion assez directe avec le divin, non pas seulement du ciel, mais aussi du public dont je sentais l’émotion. Je regardais le ciel tout noir et je me disais que le ciel entend mon cri pour que le spectacle puisse aller jusqu’au bout. C’était un moment de grâce.

    Dans Coup fatal, il y a Bach, Nina Simone et la rumba congolaise qui entrent en fusion. Dans cette rencontre musicale, quel est votre rôle comme contre-ténor ?

    Mon rôle est de relier les deux mondes musicaux. A l’époque, quand je rentrais au Congo et je faisais quelques concerts baroques, le public me regardait avec un œil : c’est beau, mais c’est quoi ? L’idée de Coup fatal était qu’on ne puisse plus disséquer que ça c’est de l’Européen, ça c’est du Congolais. C’est une purée ! Ça se tisse, se lie et cela ouvre l’horizon par rapport au public. A l’opéra, on voit une catégorie de public. Avec l’union de ces deux musiques, cela devient une musique internationale, mondiale. Tout public s’y retrouve et se dit : ah, cet air de Bach ou d’Orphée m’a fait quelque chose. Cela devient quelque chose de commun qu’on peut partager. Et on a besoin de vivre ensemble dans notre petit monde. Avec une telle pièce, on tend vers l’idéal.

    En tant que contre-ténor, qu’est-ce qui est musicalement le plus difficile dans cette fusion des deux univers ?

    En tant qu'homme, c'est difficile de chanter en fausset, parce qu’on ne sait jamais ce que les gens vont en penser [rires]. Rythmiquement, c’est compliqué, mais on essaie de le sentir avec nos sens et énergies intérieurs avant de le jouer. Du coup, ce qui est difficile donne plus d’énergie pour trouver l’équilibre entre ces deux mondes musicaux.

    L’idée de fusionner les deux univers vient de vous, mais de qui est le titre ?

    Au départ, on avait un slameur qui disait souvent pendant les répétitions : « c’est vraiment un coup fatal ». Mais il y a aussi des airs musicaux, comme chez Haendel, qui parlent d’un coup fatal. Finalement, « coup fatal » nous semblait être une évidence, parce que ce mélange des deux mondes musicaux est vraiment un coup, un choc qui est facilement fatal. Derrière cette musique il y a aussi un rideau en douilles vidées de leurs munitions. Les morts sont représentés par des douilles, mais on les sent vivants avec nous. C’est un coup fatal qui, après, donne la vie.

    La guerre, les blessures, cela passe aussi par les mouvements et vous dansez également sur scène.

    Presque tous les Congolais dansent [rires]. Pour moi, la danse, c’est quelque chose de très important dans la vie, parce que la danse, c’est le corps. Et la voix, la musique, c’est le son. Et un corps sans sons, c’est un corps qui n’est pas en vie. Donc les deux choses forment la vie. Même quand je chante, le corps bouge tout seul.

    Coup fatal entamé une tournée mondiale de deux ans. Est-ce que ce spectacle peut changer la vie ?

    C’est un spectacle qui rassemble. On l’a aussi joué en Autriche, à Vienne, au Burgtheater. Musicalement, c’est vraiment une ville très conservatrice, mais on a vu le public viennois se lever en joie : « Oui, c’est ça ! ». C’est un spectacle qui donne beaucoup d’espoir et montre : voilà, on peut encore vivre ensemble. Avec tous ces problèmes de racisme ces derniers temps, il y avait soudain un autre regard sur ces Africains sur scène. On ne voyait plus la couleur.

    Serge Kakudji dans «Coup Fatal». Ici avec Rodriguez Vangama. Jusqu'au 8 juillet au Festival d'Avignon, dans la Cour du lycée Saint-Joseph. Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

    Coup fatal, du 4 au 8 juillet au Festival d’Avignon.

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