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    «Falstafe»: «parler à l’adulte qui est dans chaque enfant»

    media Le metteur en scène Lazare Herson-Macarel devant l'entrée de la Chapelle des pénitents blancs où sa pièce est jouée jusqu'au 11 juillet au Festival d'Avignon. Siegfried Forster / RFI

    Conquérir encore plus les enfants et les jeunes pour le théâtre, voilà l’un des axes principaux du nouveau directeur du Festival d’Avignon, Olivier Py. Avec la Chapelle des pénitents blancs, pour la première fois, un lieu est consacré aux spectacles jeune public. Lazare Herson-Macarel y montre jusqu’au 11 juillet son adaptation et mise en scène de Falstafe, une réécriture par Valère Novarina de la pièce Henry IV de Shakespeare. Ecouter quelques réactions d'enfants et de jeunes après l'entretien avec le metteur en scène qui a cofondé, en 2009, avec une troupe de 29 acteurs dans le village de Fontaine-Guérin, le Nouveau Théâtre Populaire (NTP).

    Dans votre pièce, le personnage de Falstafe est décrit comme « une crapule à barbe blanche », comme « un corpulent vieillard doté de tous les vices ». En même temps, vous affirmez : « j’ai choisi de présenter Falstafe à un jeune public précisément parce qu’il ne délivre aucune leçon ».

    C’est le plus important pour nous. Je vois très souvent – et notamment pour le jeune public- des spectacles qui sont montés pour leur expliquer comment il faut vivre. Je crois profondément que le théâtre nous apprend de quelque chose plus essentiel qui est notre liberté même en tant qu’être humain. Donc j’ai choisi de monter Falstafe avec les acteurs du Nouveau Théâtre Populaire (NTP) pour défendre cette idée que le théâtre n’est pas là pour délivrer une leçon, mais bien pour montrer le monde comme il est et donner aux gens le droit d’être ce qu’ils sont.

    Vous entrainez le jeune public dans l’histoire avec le langage et le jeu subtil des acteurs, mais aussi avec des rythmes, des percussions et le chant qui s’avère être souvent assez contemporain avec du jazz, du blues et même du rock avec une guitare électrique bien présente. Est-ce que cette adaptation d’une réécriture d’une pièce de Shakespeare est encore shakespearienne ?

    Je le crois profondément. Le fait d’utiliser toutes les sources, tous les moyens du théâtre, c’est être par excellence dans l’esprit de Shakespeare qui a écrit des pièces aussi lointaines des unes aux autres que La Nuit des rois d’une part et Le Roi Lear d’autre part. De tous les temps, le théâtre c’est ça : utiliser tous les moyens du monde pour que le plaisir du spectateur permette de faire entendre des vérités.

    Selon vous, le théâtre a aussi beaucoup à apprendre des enfants. Pour vous, le rôle du théâtre « jeune public » est de relier les enfants et les jeunes au théâtre, mais aussi le théâtre aux jeunes.

    On peut dire cela. Vous avez raison de mettre des guillemets autour du « jeune public ». Bien sûr, il faut annoncer que le spectacle est à partir d’un certain âge, etc., mais nous travaillons toujours dans l’idée que les âmes n’ont pas d’âge. Quand les acteurs sont dans une véritable générosité, dans un véritable travail, alors il n’y a pas d’âge pour recevoir ce qui se joue sur le plateau. Souvent je dis aux acteurs : bien sûr, on peut parler à l’enfant qui est en chacun de nous, mais je crois aussi qu’on peut parler à l’adulte qui est dans chaque enfant. À ce moment-là, c’est l’occasion de leur dire des choses aussi absolument qu’on les dirait à un adulte.

    Avec la Chapelle des pénitents blancs, c’est la première fois au Festival d’Avignon qu’un lieu est dédié au jeune public. Qu’est-ce que vous espérez de cette nouvelle institution ?

    C’est une excellente idée de dédier un lieu à la programmation jeune public, parce que travailler pour le jeune public est toujours préparer l’avenir. Et si nous avons choisi ce métier, c’est parce que nous croyons vraiment et nous savons que la découverte du théâtre – que ce soit en tant que spectateur ou en tant qu’artiste un jour – peut transformer et transfigurer des vies. Donc aujourd’hui, nous sommes très fiers d’être le premier spectacle jeune public dans ce lieu et de défendre cette espérance.

    Vers la fin de la pièce, on entend : « le spectacle et la lutte continuent ». Dans le contexte actuel, avec la grève et les actions des intermittents du spectacle, peut-on, doit-on expliquer aux enfants et aux jeunes les raisons de ce mouvement de protestation ?

    On doit plus que jamais expliquer ce qui est en train de se passer. Et cela pour plusieurs raisons. Je pourrais en parler pendant des heures, mais je vais faire court : aujourd’hui, nous avons décidé de créer un chapitre dans le spectacle qui se passe dans le noir. C’est une protestation vigoureuse et pourtant nous sommes dans un spectacle jeune public, c'est-à-dire avec un public qui n’a pas toujours conscience des enjeux. C’est la raison pour laquelle nous avons écrit ce titre de chapitre : « Une protestation contre certaines règles faites par les grandes personnes ». Là encore, le théâtre se fait leçon de désobéissance. Nous croyons que plus que jamais il faut défendre l’occasion de la richesse spirituelle et que le théâtre en est un des meilleurs chevaux de Troie.

    Quelques réactions d’enfants et de jeunes après « Falstafe » à la Chapelle des pénitents blancs au Festival d’Avignon. 10/07/2014 - par Siegfried Forster Écouter

    FALSTAFE, une mise en scène de Lazare Herson-Macarel après le texte de Valère Novarina d'après HENRI IV de William Shakespeare. Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

    A écouter aussi : Lazare Herson-Macarel était l’invité de l’émission Vous m’en direz des nouvelles.

    Falstafe, texte de Valère Novarina d’après Henri IV de William Shakespeare, adaptation et mise en scène de Lazare Herson-Macarel, du 6 au 11 juillet à la Chapelle des pénitents blancs au Festival d’Avignon.

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