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    Emma Dante envoie sept sœurs en enfer

    media Palerme est le personnage principal des pièces de l’Italienne Emma Dante. « Les Sœurs Macaluso » raconte l’histoire de sept sœurs, suspendues entre la vie et la mort. Jusqu'au 15 juillet au Gymnase du lycée Mistral. Carmine Maringola

    La réalisatrice et metteure en scène italienne Emma Dante excelle dans l'art de transformer des étincelles en enfer dantesque. Au Festival d’Avignon, elle présente jusqu’au 15 juillet sa nouvelle pièce de théâtre Les Sœurs Macaluso, l’histoire de sept sœurs siciliennes tiraillées et déchirées entre le présent et le passé, entre la vie et la mort. Un bijou théâtral, radical sur la forme, émouvant sur le fond.

     

    Au début, une femme seule danse dans l’obscurité. Elle sera vite rejointe par six autres pour défiler ensemble avec un crucifix sur scène. Bienvenue à Palerme. Ici, c’est le tuba qui ordonne le rythme et les robes noires laissent la place aux souvenirs et aux couleurs.
     
    Les sept sœurs de la famille Macaluso sont là, devant nous, un jeu de scène frontal, sans aucun superflu. Alignées sur scène comme un collier de perles, elles chantent, rigolent, se disputent, s’entretuent. C’est la mise en scène de sept filles et femmes qui accouchent en direct leur passé. Cela sera douloureux et pratiqué sans anesthésie aucune.
     
    Avec son jeu de corps en dialecte palermitain, Emma Dante nous donne une leçon magistrale. Une fable sociale sicilienne qui virevolte entre tragédie grecque et théâtre épique, entre la puissance de Sept contre Thèbes et l’efficacité d’un Bertolt Brecht. Quand les comédiennes - il y a des grandes et des petites, des grosses et des maigres, des jeunes et des vieilles - bougent, le monde bouge avec. Quand elles font une grimace, la flèche atteint sa cible. Quand elles murmurent, toute l'humanité semble à l’écoute. Un petit grognement mimé et le père est là, porté par sa femme décédée, l’homme incestueux se sacrifiant pour sa famille. C’est lui, prêt à tout pour survivre, qui incarne la poésie de la pauvreté : « la merde ne connaît pas la crise ».
     
    Cette forme théâtrale aussi unique qu’originale est née de la pauvreté et du renoncement. La troupe d’Emma Dante répète ses pièces dans une cave, rebaptisée La Vicaria, du nom d’une ancienne prison où se tenaient les procès de sorcières. Dans Les Sœurs Macaluso, elle envoie une famille sicilienne sur les planches pour créer son monde. C’est lors de la première sortie à la mer que le destin s’abat sur les sept sœurs. Deux des filles jouent au jeu : qui pourra plus longtemps retenir sa respiration sous l’eau. Jalouses, elles se dépassent et se cassent et une mourra. Les vérités sortent, le souvenir du passé sera la prison. C’est la culpabilité et l’exclusion qui font leur entrée dans la famille. Une histoire sicilienne qui nous tient en haleine jusqu’au bout.
     
    Les Soeurs Macaluso, d’Emma Dante, jusqu’au 15 juillet au Gymnase du Lycée Mistral dans le cadre du Festival d’Avignon.

    Ecouter aussi : Palerme, émission conscrée au premier film d'Emma Dante

     

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