GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 13 Octobre
Lundi 14 Octobre
Mardi 15 Octobre
Mercredi 16 Octobre
Aujourd'hui
Vendredi 18 Octobre
Samedi 19 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    • Record battu pour un tableau de Nicolas de Staël, adjugé 20 millions d'euros à Paris (Christie's)
    • La Turquie va mettre fin à son offensive en Syrie après un retrait des forces kurdes, annonce Mike Pence
    • L'invitation de Trump à Erdogan suspendue aux discussions en cours à Ankara (Maison Blanche)
    • Cuba: décès de la danseuse et chorégraphe cubaine Alicia Alonso à 98 ans (ballet)
    • Le prochain G7 aura lieu dans un club de golf de Donald Trump en Floride (Maison Blanche)
    Culture

    Olivier Rogez: «Pour lire, il me faut un endroit sanctuarisé»

    media Olivier Rogez, journaliste au service Afrique de RFI. RFI/Pierre René-Worms

    Journaliste au service Afrique de RFI, Olivier Rogez raconte les heurs et malheurs du continent noir dans ses chroniques quotidiennes qui invitent à revisiter l’actualité avec empathie et sérénité. Il est peut-être aussi l’un des Africaniste les plus littéraires de la maison. Ses amis ont pour nom Koli Jean Bofane, Emmanuel Goujon, Lilyan Kesteloot...

    Vacances riment-elles avec lectures pour vous ?

    Oui, bien sûr. Cet été, comme tous les ans, il y aura une place importante pour les livres dans ma valise. Je pars pour deux semaines et j’emmène quatre livres, ce qui me semble être une ambition raisonnable, compte tenu de mon rythme de lecture.

    Quels sont ces quatre livres ?

    J’emmènerai Congo Inc, le dernier livre de Koli Jean Bofane. Je vais aussi emporter un essai sur le mouvement Shebab, les rebelles jihadistes somaliens. Le titre du livre : Les Shebabs en Somalie. Son auteur Stig Hansen est un chercheur norvégien que j’ai interviewé récemment. C’est l’un des deux essais que je vais m’astreindre à lire cet été. J’ai également mis dans la valise L’imperméable d’Emmanuel Goujon, un roman très original qui nous parle des Africains engagés dans la Seconde Guerre mondiale, avec un scénario à couper le souffle. Je veux aussi relire Mythe et épopée de Georges Dumézil. L’anthropologie, l’ethnologie et la mythologie comparées sont des domaines qui m’ont passionnés lorsque j’étais étudiant et que j’aime revisiter de temps à autre.

    Je vous imagine mal en train de lire Mythe et épopée à la plage ?

    Je lis plus souvent des magazines à la plage. Car la plage n’est pas un endroit agréable pour lire. Pour lire, il me faut un lieu sanctuarisé, loin des bruits et de la foule.

    Apparemment, vous êtes resté fidèle au livre papier. Vous n’avez pas été tenté par le livre numérique ?

    Je ne possède ni tablette ni liseuse. Elles ont l’air très commode. Mais, voyez-vous, dans notre génération, il y a un attachement charnel au papier, à la couverture. Le livre, sa manipulation sont profondément ancrés dans notre culture depuis plusieurs générations. C’est difficile de s’en séparer brutalement. Par ailleurs, comme nous travaillons déjà une bonne partie de la journée sur des écrans d’ordinateurs dans le cadre de nos activités professionnelles, on n’a pas envie de se mettre le soir également devant l’écran pour lire. Cela dit, j’ai téléchargé par curiosité de la poésie sur une tablette qu’on m’a prêtée, mais l’expérience n’a pas été très agréable. Reste que si un jour je devais partir loin et pour longtemps dans une région en manque de livres papier, j’achèterai une tablette, contraint et forcé !

    Le livre papier peut-il un jour disparaître ?

    Oui, de même que l’utilisation du silex pour allumer un feu n’est plus de mise, je pense qu’un jour le papier ne sera plus le support prioritaire de lecture. Ce sera une perte pour des gens de ma génération qui ont grandi avec le livre. Pour moi, la lecture, c’est un plaisir à plusieurs niveaux : il y a le plaisir du contenu, mais aussi celui du contenant. Cela me fait penser aux Japonais qui font de superbes emballages pour de tout petits cadeaux parce qu’ils estiment que l’emballage est consubstantiel au cadeau. Le flacon participe aussi de l’ivresse.

    D’où vient votre goût pour la lecture ?

    Il vient de mes frères. Chez moi, on lisait beaucoup, mais entre les parents et les enfants, il n’y avait pas beaucoup d’échange. Par contre entre frères, on se passait les livres. Dans la maison, il y avait des lectures pour femmes et des lectures pour garçons. Il existait une séparation étanche entre les livres que lisait ma mère (essentiellement, des romans policiers) et des livres qui nous intéressaient les garçons (des livres d’aventure, des Jules Verne, des Bob Morane).

    Votre premier souvenir de lecture ?

    C’est la série des Oui Oui dans la bibliothèque Verte. C’est l’un de mes tous premiers souvenirs de lecture. Oui Oui était un personnage inventé auquel les petits garçons pouvaient s’identifier. Puis, je suis passé aux Jules Vernes, aux aventures de Bob Morane. Un peu plus tard, je me suis jeté avec appétit sur les Agatha Christie et les Arsène Lupin. Un parcours assez classique dans ma génération.

    Le dernier livre que vous avez aimé lire ?

    Mathématiques congolaises du Congolais In Koli Jean Bofane. L’auteur est un universitaire qui a publié des essais, avant de passer à la fiction. J’avais acheté son livre il y a deux ans pour mon épouse, et nous l’avions laissé sur une étagère. Je l’ai redécouvert en repensant à l’actualité congolaise. Le livre raconte l’histoire d’un jeune Rastignac qui utilise son intelligence pour pénétrer dans les cercles du pouvoir. Il collabore avec les services de la présidence et devient un spécialiste de la manipulation des foules. Le moment de basculement se situe lorsque le héros se met en cause et finit par rejeter les méthodes néfastes qu’il a lui-même pratiquées pour se propulser au sommet. Je ne vous raconterai pas la fin qui, vous verrez si vous lisez le livre, est à la fois astucieuse et originale.

    Quels sont les autres auteurs africains que vous recommanderez ?

    J’ai commencé mon exploration de la littérature africaine par les Mémoires d’Ahmadou Hampâté Bâ. J’ai enchaîné ensuite avec les Sénégalais, Sembene Ousmane, Boubacar Boris Diop. Un de mes plus grands bonheurs de lecture a été La Grève des bàttu d’Aminata Sow Fall, elle aussi du Sénégal. Les bàttu sont des calebasses que les mendiants tendent aux gens riches pour recueillir leurs oboles. Fall raconte l’histoire d’un ministre qui prend un arrêté anti-mendicité. En représailles, les mendiants font la grève de mendicité, bousculant les fondements même de la société sénégalaise basée sur le don et le sacrifice. C’est un roman très fin, à la fois politique et social. J’aime bien ce genre de romans qui parlent à la fois de la politique, de la société, mais qui sont en même temps de très belles histoires.

    Un livre que vous ne lirez jamais ?

    Disons que j’évite de lire les livres bien-pensants où l’auteur calcule tout pour être dans l’air du temps. Parce que la mode est au rouge, on écrit sur le rouge. Les livres qui ne questionnent pas l’individu ou la société ne m’intéressent pas.

    Pourquoi lisez-vous ?

    Je lis pour découvrir les univers intérieurs des auteurs. Je lis pour faire marcher mon imagination parce que quand on lit on imagine aussi. Je lis pour la beauté du style et de la langue. C’est un bonheur pour moi de découvrir comment un auteur agence ses pensées, les mots, les images, pour en faire jaillir les étincelles qui illuminent son texte.

    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.