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    Culture

    Marc Verney: «La lecture est un voyage immobile!»

    media Marc Verney, en «personnage» de ces fictions de l'extrême qui le préoccupent tant ! E.F.

    Marc Verney est journaliste et responsable d'édition multimédia à la rédaction internet de RFI.  Son temps libre, il le partage entre des pérégrinations à travers le Jura qu'il connaît comme sa poche et des lectures. Pour ce passionné de science-fiction, du fantastique et du thriller, les Iain M. Banks, Shane Kuhn et Van Vogt n'ont aucun secret. Il nous propose ici les clefs de son imaginaire peuplé de tueurs professionnels, de cannibales zombies et d'autres figures qui hantent les fictions de l'extrême. 

    Vacances riment-elles avec lectures pour vous ?

    Non, pas vraiment. Je suis du genre avide de mots. Mes lectures m’accompagnent bien souvent dans mes pérégrinations. J’essaie de profiter du moindre interstice pour y glisser la découverte de quelques pages ! Cela étant, il est vrai qu’en été, au moment des congés, on prend le temps… et les pages se tournent, sans coupure intempestive. Du coup, je peux avaler un livre en une journée. Je suis dans ma bulle, comme avec ce roman policier sud-africain de Deon Meyer dont l’action haletante se déroule au Cap sur à peine quelques heures. J’ai découvert Treize heures dans un vide-grenier au début de mes vacances. Il était lu de A à Z deux journées plus tard.

    Est-ce que les vacances sont propices à un certain type de lecture ? 

    Je suis quelqu’un d’éclectique au possible. Outre le polar de Deon Meyer, j’ai dévoré cet été un livre de zombies, le roman d’un stagiaire et le livre d’un Américain excentrique qui se prend pour une encyclopédie à lui tout seul…

    Zone 1 de Colson Whitehead nous emmène dans un futur envahi par des légions de cannibales zombies… On est à Manhattan, sorte d’île préservée, où se trouvent quelques rares survivants. Le scénario peut sembler banal, car on l’a vu mille fois au cinéma. L’intérêt se trouve dans le personnage principal, qui, à l’inverse des héros habituels, développe une « prodigieuse normalité ». Et les autres survivants, ont-ils vraiment la nostalgie du « monde d’avant », où ils n’étaient rien ? Tout déroute dans ce livre, où la fin, finalement ressemble à une délivrance.

    Le Guide de survie en milieu hostile, de Shane Kuhn est le mode d’emploi du parfait stagiaire. Comment passer inaperçu tout en faisant tous les boulots ingrats. Sauf que là, le stagiaire est la couverture idéale d’un tueur professionnel qui approche ainsi les puissants de ce monde. Mais comment sortir de ce monde, ou surtout il ne faut pas se faire embaucher ?

    Enfin, dans Une histoire du monde sans sortir de chez moi, Bill Bryson raconte, avec ce brio typiquement anglo-saxon, l’aventure du génie humain, mais vue uniquement par les objets présents dans sa maison, un vieux presbytère anglais situé au fin fond de l’Angleterre. C’est hilarant quand il évoque l’invention de la chasse d’eau au milieu du XIXe siècle. Même l’histoire de la brique qui a servi à bâtir sa demeure arrive à nous scotcher à ses mots.

    Quand et comment lisez-vous pendant les vacances ? Matin ? Soir ? A la plage ou enfermé dans votre chambre ?

    Je lis un peu partout. J’ai la mauvaise habitude de laisser traîner mes livres dans tous les coins. Il m’arrive souvent d’en ouvrir deux en même temps. En été, j’ai la chance de pouvoir m’évader de Paris en direction du Jura, de petites montagnes couvertes de sapins au milieu desquelles sont posés des lacs aux eaux fraîches. Je m’installe dans l’herbe, à l’orée du bois et je fais courir mes yeux des pages au paysage. Le soir, c’est le plus beau, quand le jour hésite à faire place à la nuit. Je profite de ces quelques heures de lumière chaude et sensuelle.

    Que vous inspire le livre numérique ?

    Je suis de la génération tactile… non… pas celle du smartphone ! J’aime simplement sentir l’odeur du papier mélangée à l’encre. Pour moi, le livre est un objet que l’on touche. Il y a une certaine excitation à approcher sa main des mots d’un écrivain. Au fil des pages, on entre dans son univers. Et quand l’histoire vous envahit, on entend presque l’auteur vous chuchoter à l’oreille. Après… à l’heure du «voyager léger », on peut comprendre ceux qui entassent tout Proust dans une tablette.

    D’où vient votre goût pour la lecture ? 

    J’ai appris à aimer les lettres, les mots et les phrases que l’on fait en compagnie de ma grand-mère, qui était institutrice. Imaginez : au goûter, mon plaisir était de feuilleter un dictionnaire Larousse pour y chiper des mots amusants…

    Votre premier souvenir de lecture ? Souvenir des livres qui vous ont structuré pendant l’adolescence ?

    C’est au lycée que j’ai découvert le genre littéraire qui allait littéralement me captiver à jamais. Dans un coin du CDI, il y avait une petite zone consacrée à la science-fiction. Et, un jour j’y ai trouvé La faune de l’espace de l’écrivain canadien A. E. Van Vogt. Le livre raconte l’histoire du Fureteur, un vaisseau spatial humain, chargé d’une mission scientifique dans la galaxie. Ce qui m’a plu immédiatement, c’est que l’auteur raconte non seulement l’aventure du point de vue des hommes mais donne aussi la « parole » aux aliens rencontrés… Van Vogt évoque également le combat d’un des scientifiques pour faire admettre aux autres sa discipline, le nexialisme, qui prône la mise en réseau des savoirs, loin de l’esprit de chapelle que l’on rencontre souvent chez les hommes de science. Une véritable révélation pour l’ado que j’étais, avide de savoirs.

    Le dernier livre que vous avez aimé lire ?

    J’ai repris récemment l’ouvrage de Michael Faber, l’auteur du ténébreux Sous la peau, en raison de la sortie récente d’un film inspiré de l’histoire. On y découvre Isserley, une jeune femme qui sillonne inlassablement en voiture les Highlands d’Ecosse. De temps à autre, elle fait monter un auto-stoppeur dans son véhicule. L’homme ne reparaît jamais. Alors on se demande au fil des pages qui est Isserley ? Une tueuse en série, une nymphomane en quête d’aventures saisissantes… ou bien pire, une simple livreuse de chair humaine ? Là encore, la fable dépasse le simple fait divers. Faber s’interroge sur le pouvoir, la hiérarchie qui en découle, la banalisation de l’insoutenable et sa marchandisation.

    Un livre que vous aimez donner en cadeau ?

    Je vais faire fort ! Sans hésiter, tout le Cycle de la Culture par l’auteur écossais Iain M. Banks. Il y a là une douzaine de romans d’anticipation, comme L’Homme des jeux, qui évoquent une drôle de civilisation galactique, non violente à la base, mais qui ne cesse de s’étendre en absorbant les sociétés concurrentes en les forçant doucement à intégrer ses propres valeurs de tolérance, de pacifisme, voire d’anarchie. Les êtres qui y vivent y côtoient sur des vaisseaux spatiaux colossaux de vastes intelligences artificielles douées d’une stupéfiante capacité à l’autodérision. Chaque ouvrage raconte en fait l’histoire d’une rencontre de la Culture avec l’une de ces civilisations étrangères. Hélas, Iain M. Banks est mort en juin 2013.

    Le ou les livres que vous ne lirez jamais ?

    Les ouvrages sans âme et sans corps.

    Pourquoi est-ce que vous lisez ?

    La lecture est un voyage immobile. Un fantastique moteur pour l’imaginaire. On quitte ce monde dans l’instant où on a ouvert la première page d’un ouvrage. Et l’on apprend. Encore et toujours à côtoyer les mots des autres pour les apprivoiser et nous enrichir.


    Les livres cités :

    Treize heures, de Deon Meyer (Seuil, 2010)

    Zone 1, de Colson Whitehead (Gallimard ,2014)

    Une histoire du monde sans sortir de chez moi, de Bill Bryson (Payot, 2014)

    Le Guide de survie en milieu hostile, de Shane Kuhn (Sonatine, 2014)

    La faune de l’espace, d'A. E. Van Vogt (J’ai Lu, 2003)

    Sous la peau, de Michael Faber (Seuil, 2001)

    L’Homme des jeux, d'Iain M. Banks (Robert Laffont, 1992)

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