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    Culture

    Viviane Dalles, prix Canon de la femme photojournaliste 2014

    media Viviane Dalles, prix Canon de la femme photojournaliste 2014. © Cristina Vatielli

    Chaque année, le prix Canon de la femme photojournaliste récompense et soutient une femme photographe dans un projet de reportage. L'année dernière, c'est la photographe américaine Mary Calvert qui avait été primée pour son sujet sur les violences sexuelles infligées aux femmes au sein de l'armée. Cette année, Canon, en partenariat avec le magazine Elle, a choisi le projet de reportage de Viviane Dalles sur les mères adolescentes dans le nord de la France. Un phénomène de société qui vaut aux petites villes de la région de la Thiérache le surnom de  « villes poussettes ». Rencontre avec la photographe.

    RFI : Quel est ce projet de reportage pour lequel vous êtes récompensée ?

    Viviane Dalles : Le projet qui a été retenu pour ce prix concerne les filles-mères dans le nord de la France. C’est un sujet qui me trottait depuis longtemps dans la tête, je voulais explorer cette région que l’on connaît peu, voire pas du tout. Avec ce sujet sur les filles-mères, je trouvais très intéressant de montrer un fait de société qui est la traduction d’un contexte économique, culturel et géographique d’aujourd’hui. Cette région surnommée « Chômeurland », détient le pourcentage de personnes sans emploi le plus important en France avec 17,9%. Face à l'absence de débouchés et à une dévalorisation des diplômes, un fait de société s'est développé : celui de devenir mères à l’adolescence. La fécondité y est supérieure au taux national, avec plus de 2,3 enfants par femme.

    Vous avez choisi de travailler sur neuf mois ? Symbolique ou justifié ?

    Je recherche toujours des soutiens financiers, parce que je travaille sur le long terme, ce qui nécessite une disponibilité mais aussi des financements pour les déplacements, la logistique, les frais quotidiens, etc. Et travailler sur neuf mois était plus qu’une évidence sur ce sujet-là, parce que symboliquement, c’etait aussi une gestation : accompagner des filles-mères dans ce processus. Bien sûr je ne vais pas suivre une adolescente de son 1er mois au 9e mois, car j’estime que je n’ai pas ma place dans les trois premiers mois. Je ne peux pas intervenir dans cette décision-là, celle de garder son enfant. Je vais donc intervenir sur les six mois restants. Mais les trois mois rajoutés seront les mois avec son enfant, et la nouvelle vie qui s’ouvre à elle, aussi existante et difficile soit-elle.

    Etre une femme sera donc un avantage dans la réalisation de ce travail ?

    Le sujet de la maternité est un sujet qui me touche. C’est évident. Mais c’est aussi une question d’accès. Mes collègues masculins auraient sans doute beaucoup plus de difficulté à rentrer dans l’univers d’une jeune femme et là, en plus, ce sont des mineures. Et c’est sans doute plus simple, plus acceptable pour ces jeunes filles d’être photographiées par une femme. Mais cela n’empêche pas les photographes masculins de faire des sujets très forts sur les femmes.

    Y a-t-il beaucoup de femmes photojournalistes ? Et sont-elles prises au sérieux ?

    Oui, et il y en de plus en plus et c’est une très bonne chose. On ne peut plus dire que c’est un milieu uniquement masculin. Alors, certes la majorité est encore accordée à la gent masculine. A Visa pour l’image à Perpignan, le travail des femmes photographes est vraiment pris au sérieux. Je pense notamment à Stéphanie Sinclair, Catalina Martin-Chico, des collègues et amies femmes photographes qui sont primées et exposées à VISA. Et bien d’autres…

    Vous allez travailler en couleurs ? ou en noir et blanc ?

    En couleurs. Je travaille essentiellement en couleurs depuis mes débuts. Le choix de la couleur est une évidence, car je vois en couleur. Maintenant, ce sujet je l’ai commencé dans les recherches, dans le mûrissement. Car quand on est photographe, on ne fait pas des photos en permanence, on fait des photos que 30% de notre temps. Le reste, c’est de la logistique, de la prise de contact, des interviews. Donc pour le moment, je suis dans cette phase de préparation. Mais j’ai hâte de m’y mettre à fond, à partir de septembre.

    Qu'est-ce que vous aimez le moins dans votre travail ? Le choix du sujet ? L’editing ? La vente de vos photos ? L'aspect matériel ?

    La question inverse serait plus facile, « Qu’est ce que je préfère ? »… Mais la partie la plus difficile pour moi est sans doute la partie rédactionnelle. Je me sens plus à l’aise pour donner des informations en images. Je le fais quand même avec plaisir. Mais je prends un peu plus de temps. Je suis photographe pour être sur le terrain, pour être avec les gens. L’appareil photo est un prétexte.

    Vous prenez des notes tout au long du reportage ?

    Oui, je prends des notes personnelles, des petits croquis aussi parfois. Oui bien sûr…Tout le temps. Quand il y a des images qui m’échappent. Parce qu’on essaie toujours d’améliorer. On essaie de tourner autour du sujet, il faut le cerner par différents angles, et essayer d’apporter le plus d’informations possibles au spectateur afin qu’il puisse comprendre.

    Comment êtes-vous devenue photographe, ou photojournaliste ?

    Moi, je suis photographe tout court, cela me va très bien. Ou même photographe documentaire. J’ai fait des études de photographie à l’école nationale de la photographie d’Arles, qui est un cursus beaucoup plus dirigé vers la photographie contemporaine et je ne me sentais pas forcément à l’aise, je n’arrivais pas à trouver mon écriture photographique. Il me manquait quelque chose. Puis, j’ai eu la chance de travailler à la Fondation Henri Cartier-Bresson et ensuite à l’agence Magnum et c’est là que j’ai pu contrebalancer ce qui me manquait, à savoir comment on écrit un sujet. C’était le début des années 2000 avec beaucoup de planches-contacts, et quand j’aimais un sujet, quand j’éditais un sujet de photographe, que je jugeais nécessaire d’entrer dans la base de Magnum, je voyais comment le photographe avait édité son sujet, comment il écrivait en images son histoire. Cela a été fondamental pour moi de passer chez Magnum. Et puis, il y a eu le tsunami fin 2004. Et ça a été décisif pour moi. J’ai fini mon contrat et je suis partie en Inde où j’ai travaillé dans les abris temporaires. Ce sujet, je ne l’ai jamais vraiment vendu. Car il y avait énormément de couverture médiatique. Mais j’ai travaillé sur l’après-catastrophe quand la couverture était moins importante. Mais cela m’a permis de faire le tour des rédactions à Paris, de présenter mon travail et de retourner en Inde à la fin de l’année et d’avoir ma première commande avec Paris Match et aussi un magazine pour enfants, Okapi.

    Votre photographe femme préférée ?

    Susan Meiselas. Elle est une des rares photographes femme à Magnum. Je pense par exemple, et le choix n'est pas facile, à son travail sur « Carnaval strip » des années 1970 réalisé aux Etats-Unis. Elle se fond littéralement dans la réalité, on sent qu'elle est acceptée par son sujet, on ne peut pas être plus proche …une prouesse et une grande élégance.

    → Pour un aperçu du travail de Viviane Dalles, consultez son site internet

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