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    Culture

    Ziad Maalouf: « C'est à l'école que j'ai pris goût à la lecture»

    media Ziad Maalouf, journaliste et présentateur de l'émission participative de RFI l'Atelier des médias. RFI/Pierre René-Worms

    Ziad Maalouf est journaliste producteur à Radio France Internationale (RFI). Il produit l'émission et web «Atelier des médias» pour la radio mondiale qu'il a rejointe en 2001. Grand amateur de séries télévisées, Ziad aime aussi lire. Le contraire aurait été étonnant quand on est fils d'Amin Maalouf, l'Alexandre Dumas du Liban. Ziad est venu à la littérature en lisant les ouvrages de son père, mais aussi Douglas Kennedy, Truman Capote et ... le Camerounais Mongo Beti.

    Avec un père romancier, on peut dire que vous êtes tombé dans les livres à votre naissance, non ?

    Cela vous étonnera peut-être, mais j’ai lu les romans de mon père très tardivement. En fait, quand j’étais jeune, j’étais un très mauvais lecteur. Je trouvais que la lecture était quelque chose de très austère. Je l’associais à l’école. Je lisais juste ce qu’il fallait pour pouvoir faire mes devoirs que d’ailleurs je faisais très religieusement. J’étais bon élève. Mais mon temps libre, je préférais le passer avec mes copains à faire les 400 coups. On faisait des grands tours à vélo ou on jouait dans la rue. Nous vivions alors à Paris. Mon frère aîné, lui, lisait énormément, alors que mon autre frère Tarek et moi, nous étions de vrais festoyeurs. Cela devait désespérer mon père qui nous glissait littéralement des livres dans les mains pour nous pousser à lire. Cela dit, mon père ne nous a jamais poussé à lire ses romans.

    Comment est né votre intérêt pour la lecture ?

    C’est à l’école que j’ai pris goût à la lecture. Je me souviens qu’une de mes premières lectures était L’Or de Blaise Cendrars. J’étais en troisième quand j’ai lu Cendrars. C’était vraiment chouette d’entrer dans le monde des livres à travers un si beau livre. En y repensant, tous les livres qu’on nous faisait lire au collège, c’était de très beaux livres en général : Sa Majesté des mouches de Golding, Les Chouans de Balzac… Il faut dire que j’étais dans un collège qui se voulait d’un certain niveau. Il préparait les élèves à la vie intellectuelle très tôt en leur donnant à lire des livres passionnants, avec des intrigues très fortes, faciles à lire, avec plusieurs niveaux de compréhension. Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai découvert que lire n’était pas du tout une expérience austère, mais que la lecture pouvait aussi être un moment de grande intensité imaginative.

    A quel moment avez-vous découvert les romans de votre père ?

    C’était l’année où j’ai eu mon bac. J’ai profité de mes premières vacances post-baccalauréat que nous passions à Rome, pour lire tous les romans de mon père. J’avais entre 17-18 ans. C’était un peu la honte d’avoir un père écrivain et de n’avoir lu aucun de ses livres. J’étais d’autant plus honteux que tout le monde semblait l’avoir lu autour de moi. Je voulais rattraper le retard. J’ai découvert un auteur très accessible, un conteur-né qui raconte avec simplicité des histoires qui sont bien connues au Liban . J’ai donc tout lu, d’une seule traite.

    Lequel de ses livres vous avez aimé le plus ?

    Origines (Fayard), c’est le livre qui m’a le plus touché. Ce qui m’a frappé dans ce livre, c’est son aspect à la fois personnel et universel. L’histoire des Maalouf que le livre raconte dépasse la famille Maalouf. D’autres familles pourront s’y reconnaître. En fait, tous les livres de mon père ont quelque chose qui vons donne envie d’aller jusqu’au bout : Léon l’Africain, Samarcande, même Le jardin de lumière qui est moins dans un style populaire. J’aime beaucoup cette idée qui consiste à faire  passer des idées complexes de partage, de compréhension entre les communautés dans un langage accessible à tous.

    Je reviens au thème de cette interview. Est-ce que vacances riment avec lectures pour vous ?

    Je lis en permanence. Pour des raisons professionnelles, je suis amené à lire pendant l’année des articles, des tweets, des blogs. Tout cela me laisse peu de temps pour lire des livres pour mon propre plaisir. Je rattrape le retard pendant les vacances. C’est la période où je peux plonger dans un livre sans penser à d'autres lecture en attente. Oui, les vacances riment avec lectures pour moi.

    Que lirez-vous cet été ?

    Des romans. J’ai toujours eu beaucoup de mal à lire des essais ou des livres sérieux, en dehors de la période de travail. Je réserve mes vacances aux romans. Quant au choix des livres, je demande souvent conseils à des amis. C’est grâce aux copains que j’ai découvert Douglas Kennedy. Je crois avoir tout lu de lui. Les récits de Kennedy ont une grande puissance dramatique à cause des rebondissements à répétition. Pendant les dernières vacances, j’ai beaucoup regardé également des séries télévisées. J’adore les séries quand elles sont bien construites, mais elles sont très chronophages.

    Qu’est-ce qui vous intéresse dans les séries ?

    J’aime bien les séries où on ne sent pas le scénario et où on passe d’un épisode à l’autre sans que cette rupture vienne perturber la narration. Quand c’est bien fait, elles peuvent être très distrayantes. Les séries les plus intéressantes que j’ai vues sont Game of Thrones, qui est adaptée d’une série de romans intitulée Trône de fer. C’est un mélange de science-fiction et de fantaisie médiévale avec des chevaliers et des codes d’honneur souvent très stricts. C’est vraiment brillantissime. Il y a une autre série qui a marqué les esprits, c’est The Wire, qui, elle aussi, a bénéficié d’un scénario très bien ficelé d’une grande fluidité narrative. La série propose une lecture sociologique des Etats-Unis qui est, elle aussi, très intéressante.

    A part Douglas Kennedy, quels sont les autres romanciers qui vous intéressent ?

    Je cite souvent De sang froid de Truman Capote. C’est un livre incroyable sur un fait divers. C’est le seul véritable roman de Truman Capote qui a écrit essentiellement des nouvelles. Ce livre où les événements et leurs conséquences sont racontés avec une précision quasi-clinique, est particulièrement intéressant pour des journalistes qui doivent  être précis et synthétiques.

    A part votre père, quels sont les autres auteurs francophones que vous appréciez ?

    Un auteur que j’ai trouvé passionnant, c'est Mongo Beti. J'ai lu ses livres sur les conseils d'un ami journaliste. J’admire le sens d’engagement de cet auteur, un engagement qui passe beaucoup par la dérision. Ses romans sont à la fois drôles et sérieux. Mongo Beti est un auteur qui mérite d’être mieux connu. J'emmènerai en vacances son Pauvre Christ de Bomba que j'ai envie de relire.

    Est-ce que la lecture sur tablette vous tente ou vous restez encore attaché au livre papier ?

    La lecture sur tablette, je la pratique déjà pour mon travail. Il y a des formats qui sont faits pour la lecture numérique. C’est hyperpratique pour des citations, des notes, des remarques. Cela dit, je ne suis pas sûr de vouloir lire sur tablettes pour le plaisir.  Honnêtement, on passe tellement de temps devant les écrans que si on peut de temps en temps se passer de l’écran, c’est très bien aussi. Et puis, pendant les vacances, j'aime me réfugier dans des endroits ensoleillés, des endroits où il y a du sable, des endroits un peu sauvages. Les tablettes ne sont pas du tout adaptés à ces lieux. Enfin, je trouve que les liseuses sont des objets un peu tristes. Je préfère le papier qui assure un confort de lecture même si le papier devient de plus en plus un luxe. Les générations futures trouveront peut-être le papier superflu, mais je ne suis pas persuadé qu’on puisse facilement le remplacer à cause de sa matérialité qui fait son charme dans un monde devenu virtuel.

    Un livre que vous ne lirez jamais ?

    C'est une question difficile, car je lis tout et beaucoup. Peut-être quand trop de gens aiment un livre, j’ai du mal à m’y intéresser. L'Alchimiste de Paulo Coelho, par exemple. Cela dit, je ne m’interdis rien. J’ai même essayé Harry Potter, mais ça ne m’a pas emballé.

    Pourquoi lisez-vous ?

    Je me suis jamais posé la question. J'imagine que je lis pour me distraire. Je lis  parce que je trouve que c’est une manière intelligente de remplir sa vie et de remplir son temps. C’est très enrichissant de lire. On apprend plein de choses en lisant, des choses aussi basiques comme l’orthographe, la construction des phrases.  En plus, c’est un exercice qui est reposant, il repose l’esprit, il repose les yeux. Le livre, c'est la vie. Transporter un livre dans sa poche, c’est porter sur soi un condensé de vie et de bonheur.

     

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