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    Culture

    Renzo Piano ouvre la Fondation Seydoux-Pathé

    media La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé à Paris, située au 73, avenue des Gobelins (Paris XIIIe), l’architecture de Renzo Piano est cachée derrière la façade étroite et classée de l’ancien Théâtre des Gobelins (démoli), sculptée en 1869 par Auguste Rodin. Michel Denancé - Coll. Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

    Ce mercredi 10 septembre ouvre la nouvelle Fondation Jérôme Seydoux-Pathé ses portes au public. Entièrement consacré au septième art et particulièrement à l’histoire du cinéma muet, le nouveau siège conçu par l’architecte Renzo Piano propose des expositions, une salle de cinéma et héberge les précieuses archives de Pathé, qui est, avec Gaumont, la plus ancienne société de cinéma au monde.

    De l’extérieur on admire la façade ornée de sculptures de Rodin. Derrière se cache la nouvelle architecture de Renzo Piano pour la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé. Cette fois, le créateur du Centre Pompidou a fait plonger un drôle de bâtiment de cinq étages et 2 200 mètres carrés dans une cour intérieure entourée de plusieurs immeubles parisiens du quartier des Gobelins. Sur place, c’est impossible d’avoir une vue globale sur cette œuvre. Les maquettes et photos prises en plongée –actuellement exposées au sous-sol de la Fondation- rendent visible une forme incurvée et complètement inédite.

    On est face à une sorte de carapace d’un tatou géant avec des écailles argentées d’un poisson qui ressemble à une sculpture géante d’Anish Kapoor. Quant à Renzo Piano, il avance deux maîtres mots pour expliquer son architecture : laisser entrer la ville dans un hall donnant sur un jardin et faire durer l’histoire du cinéma : « Il fallait d’abord que les trésors de Pathé soient gardés pour toujours. Alors, il y a un coffre-fort, une coque en béton, un petit peu comme une Arche de Noé dans lequel on abrite pour toujours ce trésor. Bien sûr, le rêve de l’éternité n’est pas possible, mais la durée c’est la chose la plus proche de l’éternité. »

    Une fois passé par l'entrée, les sept niveaux de l’intérieur se caractérisent par un subtil mélange de bois et d’acier avec la salle de « coupole » réservée aux chercheurs comme point d’orgue d’élégance et d’ingéniosité. En bas, une salle de projection de 70 places ambitionne de devenir la salle de référence du cinéma muet. Chaque séance sera accompagnée par un pianiste. Après un cycle consacré aux tout premiers films produits par Charles Pathé, il y aura un hommage au pionnier Albert Capellani dont la filmographie affiche aussi bien Germinal que Notre-Dame de Paris ou Quatre-vingt-treize.

    29 marches nous emmènent au premier étage où se trouve l’exposition permanente de 200 des 400 appareils et projecteurs cinématographique collectionnés autour de l’histoire de Pathé : des phonographes jusqu’aux appareils amateurs des années 1970. Car, Charles Pathé était surtout un visionnaire et entrepreneur : « Il avait compris, avec le cinéma, il pouvait gagner de l’argent, raconte Anne Gourdet Mares, la responsable de la collection des appareils et des ateliers pédagogiques à la Fondation. Donc il a participé à tous les métiers du cinéma : de la fabrication de la pellicule jusqu’à la production des films et l’exploitation des films en salle. En 1922, il avait développé le cinéma dans les salons chez les particuliers avec le projecteur Pathé-Baby. Il suffisait de tourner une manivelle pour projeter un film Pathé chez soi comme on regarde un DVD aujourd’hui. À partir de 1927, il avait installé le cinéma dans les campagnes avec le Pathé rural. Donc le génie de Pathé, c’était de développer un maximum le cinéma. »

    L'exposition d'appareils dans la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé. Siegfried Forster / RFI

    Les deux étages au-dessus sont consacrés aux gigantesques archives de Pathé qui a produit depuis sa création en 1896 plus que 10 000 films, dont 9 000 muets. La Fondation n’est pas une cinémathèque, mais la moitié sera consultable pour les chercheurs. « On a 4 000 affiches, 1 000 DVD et à peu près autant de vidéos, 400 Betacam et 500 000 photographies, affirme Anna Pickut, assistante-archiviste à la Fondation. Comme on fait aussi des acquisitions, j’ai la chance de pouvoir traiter des archives uniques qui sont absolument exceptionnelles puisqu’elles n’ont pas encore été étudiées ou traitées par qui que ce soit. » Dans des tubes bien rangés dans des « coffres-forts » se trouvent les affiches des plus grands succès de l’histoire de Pathé : des Enfants du Paradis en passant par Cyrano de Bergerac jusqu’aux Choristes.

    Et s’il fallait retenir cinq dates de l’histoire de Pathé ? « D’abord, c’est la création de Pathé en 1896 par Charles Pathé, explique Sophie Seydoux, la présidente de la Fondation qu’elle préside depuis sa création en 2006, mais qui vit aujourd’hui sa véritable ouverture au public. C’est elle qui a insisté d’ancrer symboliquement l’histoire de Pathé et de son mari Jérôme dans un bâtiment. L’histoire de Pathé se confond avec l’histoire du cinéma puisque c’est juste après le début du cinéma que Pathé est créé. La seconde date à laquelle je tiens énormément, c’est 1907 : Charles Pathé décide d’arrêter de vendre ses films pour les louer. C’est le début de la distribution telle qu’on la connaît aujourd’hui. La troisième date, c’est 1908. Charles Pathé donne un rendez-vous hebdomadaire à l’ensemble de son public dans ses cinémas pour présenter les actualités. C’est le début du Pathé-Journal et personne au monde n’avait jusque-là présenté les actualités dans un cinéma. Il y a encore plein d’autres dates importantes, mais je voulais évoquer l’arrivée, en 1990, de Chargeurs et Jérôme Seydoux à la tête de Pathé. Dans les années 1990, l’entrepreneur visionnaire crée les premiers multiplexes en France. La dernière date est 2015 avec la sortie du film de Djamel Debbouze : Pourquoi je n’ai pas mangé mon père. Cela sera le premier film en motion capture jamais réalisé en France. »

    La société qui fêtera le 28 septembre son 118e anniversaire semble alors résolument tournée vers l’avenir. L’histoire de Pathé qui avait démarré en tant que société de phonographes comment continuera-t-elle à l’ère du numérique, de Google, YouTube et Netflix ? Est-ce que Pathé se transformera en Pathéflix ? « Pathéflix ? Peut-être, répond Sophie Seydoux. Le nom est horrible, mais pourquoi pas. On va essayer de trouver un plus joli nom pour cette nouvelle aventure. Mais il est certain que l’aventure numérique est l’aventure de demain. » 

     

    Le centre de recherche et de documentation au dernier étage de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, conçu par l'architecte Renzo Piano. Michel Denancé - Coll. Fondation Jérôme Seydoux-Pathé
    Renzo Piano sur la relation entre le cinéma et l’architecture
    Les films, pour moi, c’est l’universel.
    Renzo Piano, l'architecte de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé à Paris. 10/09/2014 - par Siegfried Forster Écouter

    Fondation Jérôme-Seydoux-Pathé, 73 avenue des Gobelins 75013 Paris. Ouvert du mardi au vendredi, de 13h à 18h et le samedi, de 10h à 19h.

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