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    Culture

    «Fièvres» au Fespaco: l’Étalon d’or attribué au Marocain Hicham Ayouch

    media Hicham Ayouch avec son Etalon d’or de Yennenga pour son film « Fièvres » au Fespaco 2015. AFP PHOTO / AHMED OUOBA

    Ce n'est pas le grand favori Timbuktu, mais Fièvres du cinéaste franco-marocain Hicham Ayouch qui a remporté ce samedi 7 mars à Ouagadougou la Palme d'or africaine, l'Étalon d'or de Yennenga.

    « J'ai la peau blanche, mais mon sang qui coule dans les veines est noir. Mon père est Marocain, ma mère est Tunisienne. Je suis Africain et je suis fier de l'être », a déclaré sous les applaudissements des 5 000 spectateurs du Palais des Sports à Ouaga 2000 l'heureux lauréat Hicham Ayouch en dédiant son prix à l'Afrique. Le réalisateur, connu pour son caractère provocateur, raconte la rencontre entre un jeune de 13 ans, déraciné et violent, qui découvre son père lorsque sa mère est envoyée en prison. Au centre de Fièvres qui pose un nouveau regard sur la banlieue parisienne se retrouve la question  : comment devenir père et fils ? L’extravagance du film consiste dans la manière d’aborder l’identité culturelle entre les grands-parents immigrés et musulmans pratiquants, le fils « paralysé » et le jeune désorienté. Le tout sublimé par une caméra portée par la nervosité et la tension du jeune et la léthargie du père.

    Est-ce qu’il faut avoir de la « fièvre » pour changer les choses ? « Pour changer des choses, il faut du travail, il faut de l’amour et il faut éveiller les consciences » répond Hicham Ayouch en évoquant Thomas Sankara, le président révolutionnaire et héros de plusieurs films qui avaient créé l’événement lors de cette 24e édition du Fespaco

    « Même si j’ai grandi en France, je me sens profondément africain. » Né en 1976 à Paris, Hicham Ayouch est le petit frère de l'Etalon d'or de 2001 Nabil Ayouch (Les Chevaux de Dieu). Fièvres est son troisième long métrage, après Tizaoul (coécrit avec Hicham Lasri en 2006) et le très remarqué Fissures (2009). Sa distinction est aussi un hommage à l’ouverture du Fespaco à la diaspora africaine. Hicham a reçu l'Étalon d'or de Yennenga des mains de Michel Kafando, président de transition du Burkina Faso. Ce dernier n'a fait aucun discours.

    Une pensée aux victimes de l'attentat à Bamako

    « Nous ne cèderons pas un iota », avait déclaré au début de la cérémonie le chanteur reggae burkinabè Zêdess en allusion à l'attentat survenu à Mali, mais aussi en pensant à la transition politique au Burkina après une révolution dont il était l'un des acteurs.

    À part lui, personne n'a évoqué à la cérémonie de clôture l'attaque terroriste au Mali. Ce qui est d'autant plus étonnant, vu que le Fespaco avait longtemps réfléchi de retirer le film antijihadiste Timbuktu (reparti pratiquement bredouille avec deux petits prix pour le décor et la musique) de la compétition pour éviter justement de devenir une cible symbolique pour un attentat. Et c'était le président burkinabé qui avait appelé le festival à diffuser Timbuktu.

    Les films burkinabè créent la surprise

    Pendant huit jours, Ouagadougou s'est à nouveau transformée en capitale du cinéma africain. Et ce sont les films du pays hôte qui avaient créé la bonne surprise. L’Œil du cyclone de Sekou Traoré n'a pas seulement remporté l'Étalon de bronze, mais aussi d'autre prix spéciaux comme le prix Oumara Gana du Fipaci et le prix spécial de l'Entente du Cedeao. Sans oublier les deux prix de la meilleure interprétation féminine et masculine pour Fargass Assandé et Maïmouna N’Diaye, le rebelle et la belle. Jouer le rôle d’une avocate qui défend un rebelle, qu’est-ce que cela signifie dans un pays de transition comme le Burkina Faso ? « Le fait d’interpréter ce type de personnages, de jouer dans ce genre d’histoire, signifie qu’on a un engagement quelque part, explique la comédienne. Moi, je suis engagée, pour le combat des femmes et que les choses avancent. »

    Twaaga, de Cédric Ido a obtenu le prix spécial des courts métrages. Woyé Appoline Traoré à été félicite pour son histoire Eh les hommes! Eh les femmes! avec le prix spécial dans la catégorie séries. « Cela parle des conneries des hommes et aussi des femmes. C’est une série qui fait rire, du début jusqu’à la fin » explique la réalisatrice. Cellule 512 de Missa Hébié, le documentaire La Sirene de Faso Fani, de Michel K. Songo ont été également récompensés par plusieurs prix techniques et spéciaux.

    La « Jeanne d'Arc » de la Kabylie

    L'étalon d'argent a été décerné à la production algérienne Lalla Fadhma N'Soumer de Belkacem Hadjadj pour une fresque historique sur la « Jeanne d'Arc » de la Kabylie qui avait combattu les troupes coloniales françaises dans les années 1850. Avec le quatrième Etalon d'or pour le Maroc, ce prix confirme la bonne santé du cinéma magrébin.

    Quant aux documentaires, ils ont surtout traité soit la violence et les conflits soit les problèmes de l'identité culturelle. Le premier prix a été attribué au Sud-Africain Desai Rehad. Miners Shot Down » relate la lutte des mineurs contre les excès de l'exploitation capitaliste. « C’est un film sur un massacre perpétré contre des mineurs qui ont simplement demandé plus d’argent. Les veuves des mineurs tués seront très heureux de ce prix ici. »

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