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    Culture

    Hongrie: le festival Sziget fait de la résistance

    media Le festival Sziget a lieu sur une île au milieu du Danube, reliée à Budapest par un pont. (©Reuters)

    Depuis son arrivée au pouvoir il y a cinq ans, le Premier ministre populiste Viktor Orban a muselé les médias, la Cour constitutionnelle. Il a aussi ciblé le milieu artistique : le ministère de la Culture a été supprimé. Mais quelques îlots de liberté résistent encore. C’est le cas du festival Sziget qui a démarré mardi 11 août à Budapest et qui s’achève ce 16 août prochain. Il est l’un des rares espaces de liberté artistique et de création.

    De notre correspondante à Budapest,

    Alors que la Hongrie s’enfonce peu à peu dans un régime autoritaire et corrompu, le festival est un vrai ilot de liberté. Cela fait 22 ans que cet événement a lieu et son succès ne se dément pas. Cette année on attend 400 000 festivaliers venus de toute l’Europe. Le festival a lieu sur une île au milieu du Danube, reliée à Budapest par un pont. Et sur cette île, un vaste parc où les festivaliers plantent leur tente. Pendant la semaine, il y a plus de 500 concerts sur une vingtaine de scènes différentes.

    On y entend toutes les musiques : pop, rock, électro ou musiques ethniques… On peut aussi prendre un cours de yoga, jouer aux échecs ou faire de la céramique. Il y a également des ateliers pour enfants. La plupart de ces activités sont gratuites.

    La culture mise à mal

    C’est une sorte de Woodstock géant où se retrouve toute la jeunesse d’Europe et où l’on peut voir des artistes de 47 nationalités différentes. C’est un espace cosmopolite, ce qui commence à devenir rare en Hongrie. Car Viktor Orban n’a pas seulement supprimé le ministère de la Culture, il a aussi coupé les subventions de l’Etat aux compagnies indépendantes. Sans le soutien de l’Etat, ces compagnies ne peuvent pas demander de fonds européens. Parfois elles ne peuvent plus voyager et sont de plus en plus isolées. Le pouvoir préfère subventionner des artistes nationalistes.

    Dans cette ambiance un peu suffocante de repli identitaire, Sziget est un lieu où l’on respire. Le slogan du festival est d’ailleurs « L’île de la liberté ». Il accueille aussi des dizaines d’associations qui militent pour les droits des homosexuels, de la minorité rom, ou qui luttent contre la corruption. Pour ces ONG régulièrement harcelées par le gouvernement Orban, Sziget est un havre de paix, et c’est un moyen de promouvoir les droits de l’homme auprès des jeunes.

    Un festival indépendant

    C’est avant tout un festival de musique, et la musique n’intéresse pas le gouvernement Orban. Et puis c’est une grande entreprise commerciale, financée à 90 % par la vente des billets et la publicité. Même si le festival reçoit une petite subvention, il est indépendant de l’Etat. Et puis le directeur du festival, Karoly Gerenday a su bâtir de bonnes relations avec tous les politiciens, et notamment avec la droite au pouvoir. Ainsi, la fille du Premier ministre a fait un stage au Sziget, il y a quelques années. Le Sziget, aujourd’hui c’est une marque, un succès et en fait tout le monde a envie d’y participer, y compris ceux qui sont au pouvoir.

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