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    France: André Glucksmann, l’homme révolté

    media Le philosophe français André Glucksmann en 1995. AFP / Pierre Boussel

    Dans le magazine Idées, dimanche 15 novembre, nous vous proposons une rediffusion d’une émission de 2009 avec, pour invité, le philosophe André Glucksmann qui nous a quittés cette semaine à l’âge de 78 ans.

    Normalien, agrégé de philosophie en 1961, ce fils d’une résistante qui cachait à leur domicile des réfugiés et des armes (ses parents, des Juifs venus de la Palestine sous mandat se sont réfugiés en France avant la guerre), a d’abord été communiste et maoïste avec le mouvement de la Gauche prolétarienne, un engagement personnel qu’il a ensuite critiqué (ils ne sont pas nombreux à reconnaître qu’ils se sont trompés) dans un de ses premiers livres, La cuisinière et le mangeur d’hommes.

    Etait-il de gauche ? Son soutien à Nicolas Sarkozy en 2007 a créé une polémique même si le philosophe a finalement pris ses distances avec le président lorsque celui-ci s’est rapproché du chef d'Etat russe Vladimir Poutine. Scandaleux pour André Glucksmann, qui a soutenu, avec son fils, la cause des Tchéchènes écrasés par les bombes du Kremlin.

    Dès des années étudiantes, il fut l’assistant du célèbre philosophe et sociologue Raymond Aron à la Sorbonne. Une proximité qui lui a permis de se familiariser avec les questions géopolitiques et nucléaires. Pas vraiment une influence gauchiste. Son premier livre, Le discours de la guerre, date de cette époque.

    Le « nouveau » philosophe

    Le grand public l’a véritablement découvert à l’époque où il appartenait à la bande des jeunes « nouveaux philosophes » et lors des ses apparitions à la télévision, dans les années 1970 pour pourfendre le communisme, le totalitarisme.

    Un numéro du magazine « Apostrophes » de Bernard Pivot, en 1977, reste dans les annales. Il marque la naissance de l’intellectuel médiatique pourfendeur des « maîtres penseurs » qui, selon lui, ont conduit aux camps de concentration. Rousseau, Nietzsche, Leibnitz… Son combat anti-totalitaire a vraiment commencé après sa lecture de L’Archipel du Goulag de Soljenitsyne.

    Les plus anciens se souviennent sans doute de son entretien à l’Elysée à l’époque de Valéry Giscard d’Estaing en faveur des réfugiés du sud-est asiatique, les « boat-people », en compagnie de Jean-Paul Sartre et de Raymond Aron. Un noble engament humanitaire en faveur de ceux qui fuyaient le Cambodge des Khmers rouges en particulier.

    Intervenir contre le mal

    A une époque où l’on s’interroge sur la place des intellectuels dans la vie publique, il faut aussi rappeler qu’André Glucksmann était l’archétype de l’intellectuel engagé ; pour une intervention contre la Serbie lors des guerres dans l’ex-Yougoslavie, par exemple.

    Il était un partisan des interventions militaires au nom des droits de l’homme ; Irak, Libye, Syrie car pour lui il fallait à tout prix combattre le mal, le démon, Méphisto. Une véritable obsession pour le penseur. Cette dernière décennie, André Glucksmann était devenu un penseur proche des Etats-Unis, un « atlantiste », ce qui, dans le milieu intellectuel parisien, ne pardonne pas. Certains lui reprochant même d’être proche des néoconservateurs.

    Avec la disparition de cet homme en colère contre les injustices du monde, c’est donc une époque qui disparaît.

    André Glucksman – qui fut soutenu par Michel Foucault dans sa dénonciation du goulag -  est l’auteur de livres fameux :  Les Maîtres penseurs en 1977, Cynisme et passion en 1981, La Fêlure du monde en 1993,  Le Bien et le Mal en 1997,
    ou bien encore Les deux chemins de la philosophie en 2009.
    Les deux chemins en question ? D’un côté, il y a celui de Platon. De l’autre, celui du philosophe allemand Heidegger. C’est un livre contre le mal, contre Méphisto, le diable. Il en parle dans la rediffusion de ce numéro d’Idées. Où l’on constate qu’André Glucksmann savait expliquer clairement la philosophie, sans forfanterie.

    Un an après les attentats du 11-Septembre 2001, le penseur avait écrit Dostoïevski à Manhattan, un essai dans lequel il considérait les islamistes comme des nouveaux nihilistes ne menaçant pas la Russie tsariste mais l’Occident du XXIe siècle.

    Le dernier ouvrage d’André Glucksmann date de 2014. Il s’intitule Voltaire contre attaque.  Il est édité, lui, chez Robert Laffont. Un livre sur l’actualité de Candide contre l’obscurantisme. André Glucksmann, le philosophe et le moraliste intransigeant. 

    Pour en savoir plus :

    Emission Idées, dimanche 15 novembre 2015 à 16h10 TU vers toutes cibles.

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